Amber Willson _ ME REBORN

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Amber Willson _ ME REBORN

Message par Rosanna Tennant le Sam 26 Nov - 23:43

Amber Willson
"Chani" / "Bloody Mary"

Juil. 1992. Hartford.

→ pas modeste ? un peu menteuse, par amusement. Sauf si ça touche son passé. Pas timide. méfiante. peu fière de ses erreurs. restée la même que durant son adolescence. immature. impulsive. sauvage. Joueuse. aime les défis. déteste perdre. pas rancunière. caractère de cochon. s'énerve vite. pas méchante... c'est rare...

Hémokinésiste : contrôle du sang.
→ fluidité, création de bouclier ou d'armes. Aiguilles. détecte un sang impur, contrôle le flux sanguin. dialyse.

Sait se battre. Se servir d'une arme.

HISTOIRE:
Je veux croire qu'ils se sont aimés ne serait-ce qu'un instant pour concevoir ensemble un éclat de vie mais tout semble tendre vers le contraire. J'ai appris que mon père était un homme au charme indéniable qu'il entretenait et qu'on le voyait souvent en compagnie de jeunes femmes qu'il charmait sans grand effort. Seule une femme lui résistait et c'était cette raison particulière qui l'avait incité à poursuivre ma mère. Elle était au courant qu'il passait son temps à draguer d'autres femmes mais il s'était tant calmé depuis qu'il lui faisait des avances qu'elle avait fini par succomber à sa beauté en le croyant sincère. Ils étaient sorti ensemble pendant … 3 semaines d'après ce qu'on m'a raconté. Quand il a obtenu ce qu'il désirait, il s'est enfui et ma mère a perdu confiance en l'amour. Elle aurait pu refaire d'autres essais mais elle n'était pas très solide d'esprit et n'avait pas coutume des défaites. Cela lui a suffit... Malgré tout elle a remonté la pente et s'est concentrée sur ses études. Oui elle était très jeune et elle n'était même pas conscience de sa grossesse. Elle faisait un déni, ne prenant pas un gramme de poids et elle fut vraiment désemparée quand elle compris qu'elle était en train d'accoucher. Elle n'était pas prête pour mon arrivée. Sa maturité n'était pas suffisante pour assumer l'éducation 'un bébé et si ma grand-mère n'avait pas été là, peut-être aurait-elle pu faire de graves erreurs. Je préfère me dire que j'ai eu de la chance. Quand il a fallu me choisir un prénom, il y eut un temps de réflexion avant que ne soit choisit Amber, en référence à la pierre d'Ambre qui était une fascination pour mon grand-père, décédé très jeune. Pour tout dire, je ne l'ai pas connu du tout. Mon enfance est plutôt inintéressante et je ne souhaite pas tout raconter de toute façon car qui se soucie de savoir les déboires d'un enfant de cinq ans, sept ans, ... Honnêtement, le point culminant de cette période est celui où j'ai appris à lire ! Une vraie révélation...

Je ne me souviens pas exactement à quel âge j'ai compris que j'étais différente des autres. Je crois que je m'étais coupée en voulant m'occuper de la cuisine. Une entaille bénigne à l'un des doigts mais cet endroit était tellement sensible que j'en avais lâcher mes ustensiles. J'étais colère de m'être fait si mal ... je l'ai vu alors ! Le sang bougeait hors de la plaie sans couler, comme en lévitation et sans se disperser non plus. Ce n'était pas normal et la peur fut si violente que je poussais un hurlement de terreur. Ma mère accourut mais à son arrivée, j'avais juste une coulée de sang sur le bout du doigt. J'avais sans doute rêvé et quand je me coupais par la suite, il ne se passa rien. J'abandonnais cette aberration en accusant la fatigue. Ma mère n'en sut jamais rien... Je ne lui révélait pas ce que je croyais avoir vu de peur de passer pour une folle et pourquoi l'inquiéter sans raison de toute façon. Elle se faisait déjà trop de souci à cause de ma scolarité et de mes fréquentations, me répétant sans cesse que je gâchais mon avenir. Je n'en avais cure : combien de fois avais-je voler dans des supermarchés sans jamais me faire prendre ? J'étais assez discrète pour ne pas craindre les foudres de la "justice". On s'amusait bien avec les potes... Moi, je ne pensais pas à des conséquences réelles et je me disais juste qu'on nous sermonnait juste afin de nous faire peur. Renvoyée du lycée pour violente altercation avec un camarade qui avait fini à l'hôpital et dégradation de biens publics. Et alors ? C'était pas grave non ? On était adolescent qu'une fois dans sa vie alors autant en profiter. Ma mère n'a pas pu supporter toutes mes stupidités et après avoir fait mauvaise route avec mon père, elle faisait également un chemin semblable avec moi. Sa vie était désespérément inutile et gâchée alors elle mit fin à ses jours. Je ne sais pas si c'est à ce moment là que j'ai réalisé mes erreurs. Ma première réaction fut de l'inculper de tous les maux possibles, de la maudire et la traiter de lâche. Tout était de sa faute !

Ce sont un de mes oncles et tantes qui prirent la relève mais je ne supportais pas les regards constants de reproches qu'ils me lançaient et je décidais de fuguer. Ils signalèrent sans doute ma disparition aux autorités mais je savais qu'ils étaient soulagés de me savoir loin de leur famille paisible. Ils ne m'avaient prit sous leurs ailes que pour faire preuve de charité. J'étais partie me réfugier chez des amis que je n'avais pas revu entre temps mais avec qui j'avais fait les quatre cent coups. Ils me protégeraient de la police et j'aurais une vie peinard... Enfin, je croyais ! Je suis tombée amoureuse d'un gars du groupe, il était jeune et n'avait pas de limite. Extravagant et mauvais garçon, le genre dont il faut naturellement se méfier mais j'étais un peu naïve, je le suis encore je suppose. J'ai fini par déménager dans son appartement et je passais mes journées à m'occuper des lieux plus qu'autre chose mais j'étais totalement aveugle. Un soir, nous avons franchi le cap qu'il attendait et que j'appréhendais. J'aurais été pleinement d'accord mais ça ne lui suffisait pas. Tout est plutôt flou, je me souviens que j'étais à demi-consciente, je ne sais même plus comment j'ai ressenti la soirée mais je me souviens d'une immense douleur dans le dos. J'ai senti un afflux de sang puissant sans savoir vraiment ce qu'il se passait. Mon don s'est manifesté sans aucun doute mais j'ai vite perdu connaissance. Heureusement pour moi, les voisins ont entendu mon hurlement. Je me suis réveillée à l'hôpital, on m'a dit que mon petit ami était dans le coma. J'ai subi un interrogatoire musclé sans savoir quoi répondre. Aucune preuve ne m'inculpait mais j'avais un casier judiciaire et restait suspecte. C'est à ce moment-ci que je compris combien je devais faire attention. Stupide comme j'étais, j'avais omis l'univers d'où je venais. Je faisais partie de ces mutants dont on craignait l'existence et je risquais ma vie si on découvrait mon don. Il existait tant de moyen de détecter ceux qui était "hors-normes" que je m'étonnais d'être encore en "liberté". Ce n'était pas totalement vrai vu que j'étais sanglée dans un lit d'hôpital. Oui parce que j'avais essayé de fuir. Une fois que je fus rétablie et ce fut long, je pus signer une décharge et m'en aller.

Je n'ai nul part où aller, j'ai peur et ma seule chance de survie réside en mon aptitude à la cleptomanie, mes déguisements multiples et mon aisance à me battre même si j'ai une force basique. Je connais la vie de quartier mais je ne me fixe plus nul part. J'ai peur d'avoir confiance en quelqu'un de nouveau. J'ai peur de mon don et je ne veux plus l'utiliser car je ne veux pas être comme tous ces gens que l'on condamne parce qu'ils sont différents. Mon dos me fait souvent souffrir car la blessure est récente. Je cherche un refuge mais j'ai trop peur qu'ILS me trouvent. J'ai entendu bien des rumeurs... et si elle sont fondées, je ne ferais pas long feu. Je ne sais pas exactement de quoi il s'agit parce que j'ai toujours tenu à me mettre à l'écart et m'éloigner de ces dangers ou plutôt à les ignorer. Je sais bien qu'une mutante disparue à refait son apparition mais je n'en sais pas plus. Que les gens la craignent d'accord, mais je ne vais pas me mêler de cet univers dont je fais partie mais dont je ne connais absolument rien. Même si New York est menacée, que je vis pas très loin, je n'y peux rien et je ne veux pas que ces "malades" s'intéresse à mon cas. De toute façon, je ne vis pas à New York même et ma maison est ... un égout. Je préfère me faire passer pour une simple humaine tant que cela fonctionne. Je les ai évité jusqu'à maintenant alors pourquoi ne pourrais-je pas continuer ? Je fais profil bas, très bas, je me fais passer pour plus ignare que je ne le suis. Je sors moins et je fais en sorte de disparaître si quelque chose tourne mal. Cette guerre finira bien par prendre fin non ? Je passerais peut-être entre les mailles du filet...
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Re: Amber Willson _ ME REBORN

Message par Rosanna Tennant le Sam 26 Nov - 23:56

IL N'Y A PAS QUE DES RATS DANS LES EGOUTS

john:
"SALE CHAT REVIENS ICI TOUT DE SUITE"

Comment résister à un tel appel ? C'est doux, tendre, affectueux, ça coule comme du miel dans les oreilles. En conséquence, le matou roux poursuivit par le poissonnier accélère encore le rythme. D'un côté : un poissonnier, de mauvaise humeur, courant aussi vite qu'il peut, armé d'un harchoir. De l'autre, un chat, un gros poisson encore frétillant entre les dents. On dirait une scène de BD ou de dessin animé, mais pour John, mieux connu dans le milieu des chats des rues sous le nom de Bandit, pour Bandit donc, ce n'est pas drôle du tout. La bonne odeur de poisson qui lui châtouille les narines ne suffit pas à lui faire oublier qu'il a des écailles entre les crocs et que ses coussinets n'aiment pas le macadam brûlant de New York. Et un humain allié de son poursuivant manque de le saisir par la peau du cou : tout ça n'est pas bon, pas bon du tout. Bandit fait un bond sur le côté, manque de tomber, tente de feuler la gueule pleine. Son petit coeur de chat bat la chamade.  Ca sent le roussi pour ses fesses.

" Sale chat ! Je vais te faire voir !"

Il n'a pas envie de se faire attraper par ce genre d'énergumènes; il empeste, il hurle, ça n'attire pas le félin. Tout ce boucan parce qu'il n'a pas su résister à ce bel étal de poissons luisants. Mais quelle idée aussi ! S'il ne voulait pas qu'on en profite, il n'avait qu'à pas les exposer comme ça, le sale égoïste ! John se promenait tranquillement, sous forme humaine, avec Victoire, quand son museau avait été irrésistiblement attiré. 3 secondes e demi plus tard, son amie avait été laissée en plan et, trois rues plus loin, un jeune homme se trouvait, debout sur un étal de poisson, les pieds nus au milieu des glaçons. 5 secondes après, c'était un chat qui se faisait la malle avec son butin, le poil hérissé et la queue fouettant l'air. Tout ça pour ça, et maintenant il a les pattes dans de l'humide - comprendre: un caniveau.

Le chat avise une bouche d'égoût, trou au ras du sol, trop petit pour qu'un humain s'y faufile, parfait pour un chat. John y fonce et son poursuivant n'a que le temps d'apercevori une queue disparaissant dans les égouts. Ses pattes glissent sur le sol mouillé, mais il est tout seul et dans l'obscurité il distingue nettement un nouveau terrain de jeu. D'émoi, Bandit en lâche son poisson.  Qu'est-ce que ça sent ! Pas sûr que ça sente bon, mais ça sent plein d'odeurs diverses et variées. Le paradis, version chat. Bandit court partout, et se perd dans le dédale des égouts, mais il ne s'en aperçoit même pas. C'est quoi ça ? Un rat ! Chic ! Il court il court, le matou. Mais John pile net lorsque, au détour d'un couloir, il tombe brutalement sur un humain. Tombe littéralement, d'ailleurs, puisqu'en freinant net dans sa chasse au rat, Bandit s'emmêle les pattes, dérape et manque de finir queue par dessus les oreilles. Un humain ? Ici ? Qu'est-ce qu'il fait là ? C'est pas encore un allié de l'autre plouc, hein ? De toute façon, le poisson, il l'a plus, d'abord. Le rat est oublié, le chat se dévisse la tête pour apercevoir l'humaine, l'humaine pardon, avec plus de curiosité que de méfiance, presque avec perplexité. Maw ?

amby:
Je regarde au-dessus de moi et je ne vois que ce plafond grisâtre, ce tunnel qui définit mon horizon quotidienne. C'est ce que j'ai choisi mais parfois je regrette un peu ma décision. Je sais que c'est ma seule sécurité face à ce monde étrange surplombant ma tête mais parfois je me sens curieuse de goûter à la vie. Je ne me permets de sortie que lorsque je dois refaire le plein, notamment de nourriture. Je ne m'égare pas souvent, si ce n'est pour aller au bar et écouter toutes les rumeurs du coin mais parfois rien de bien croustillant à se mettre sous les dents. Pas de quoi avoir des informations sur le monde concret. J'imagine que ma paranoïa me bousille la vie mais j'ai tellement peur. Comment savoir qui sont les ennemis des alliés dans tout ce peuple qui fréquente les rues des villes ? Je préfère ne pas me mêler à tous ces gens. Et puis... ces mutants me font horriblement stresser, on ne sait pas de quoi ils sont capables. Je sais bien que je ne suis pas une humaine basique mais je ne veux pas m'identifier à ces personnes. La nature à créer des monstres, des sur-humains et beaucoup n'auraient jamais du être doté de ce genre de pouvoir. Exactement comme moi. Je n'ai jamais souhaité être ce que je suis et je désire plus que tout protéger les autres de ma malédiction. Il y en a qui trouve ça drôle, voire même "cool" et qui ne se rende peut-être pas compte du potentiel dangereux qu'ils ont entre leurs mains. Je ne sais pas comment on peut se réjouir d'être différents et craints des autres. Comment s'intégrer ? La moindre blessure que je perçois me plonge dans une grande frayeur.

Je marche tranquillement. Non rectification, j'erre sans but dans mon dédale de couloirs sombres et puants. Un royaume où la vie est principalement animale et où les fleuves sont en réalité l'eau la plus sale possible. Je me suis habituée à ces odeurs incommodantes qui au début me rebutaient grandement. Aujourd'hui, je vis dans un royaume désastreux mais c'est mon refuge personnel. Calme. A l'abri de tout visiteur indésirable ou presque ! De temps en temps quelques ouvriers descendent dans le coin mais ce n'est pas si régulier et les secteurs ne sont pas utilisés en même temps en général donc ce n'est pas tant un souci. Les rats, malheureusement, je ne peux pas trop les chasser, ils sont trop nombreux et... bon, ils étaient là avant moi. C'est moi qui ne suis pas dans mon milieu naturel après tout ! En y réfléchissant c'est plutôt marrant comme situation. J'ai tellement peu d'occasion de m'amuser que cette simple image me fait sourire et me fait louper cette boule de poil qui m'atterrit dessus avec force. Qu'est-ce que c'est que ça ! Les rats ne sont pas aussi gros et sont rarement seuls. C'est ... un chat ?

- Bah ça alors, que fais-tu ici petite boule de poil ?

Je me demande s'il est pas tombé ici par erreur. Il n'a pas l'air d'être un chat de gouttière... Enfin je n'y connaît pas grand chose c'est sûr mais disons que mon intuition me souffle cette idée. Je croise très peu de chat malgré l'affluence des rats dans le coin et puis je n'aime pas spécialement les animaux. Enfin, je suppose qu'on ne peut pas être cruel avec ce genre de petits êtres. Au fond, ça à l'air plutôt adorable ce truc. Je m'approche doucement parce qu'on ne sait jamais et je lui tapote la tête. Un peu comme certains adultes le feraient avec des enfants. Je ne sais pas pourquoi, c'est assez instinctif en fait. Dommage que je n'ai absolument rien à lui donner à manger. Je ne pense pas que ça dévore des chips.  C'est trop chimique pour un animal, non ? Je peux tout de même pas l'empoisonner le pauvre. Hé, en y repensant, c'est ma seule compagnie depuis un petit moment. Mon dieu, c'est affligeant ou terriblement déprimant dans un sens. Je suis ridicule à m'extasier devant un animal. Tu parles d'une distraction !

- Je suis désolée, j'ai rien à t'offrir. J'ai rien pour les chats ici tu sais.

john:
John se rétablit sur ses quatre pattes griffues et poilues après le choc de sa rencontre imprévue avec un être humain vivant. Pas banal au milieu des égouts. Pas prévu du tout; il veut les éviter, lui, sinon il ne serait pas descendu dans un lieu si dépourvu de confort – même s'il y a des points bonus aventure & découvertes olfactives...  Alors quoi, ennemi, ami, steak haché ? Qui c'était et que lui voulait-elle ? « -Bah ça alors, que fais-tu ici petite boule de poil ? » Mais je vous retourne la question mademoiselle ! Un chat, ça a tout a fait le droit de vadrouiller dans les égouts, mettre le nez dans les poubelles, coucher dans des cartons...pas un humain, voilà, interdit. Il fallait bien qu'il y ait des avantages à avoir quatre pattes et une longue queue poilue. Il est chez lui, elle non, donc: que fait-elle là, la grande humaine ?

Quoique, elle a l'air sympathique, la preuve:  elle lui tapote gentiment le dessus du crâne. Cela ne vaut pas une bonne grattouille ou un câlin en bonne et due forme, mais cela démontrait de la bonne volonté. Bandit tend le cou, se grandissant pour profiter à son aise de la petite tête; il a les yeux clos et un sourire satisfait s'afficherait presque sur sa frimousse de chat. Il y a encore du dressage à effectuer sur cette humaine, mais c'est une bonne surprise, vu le lieu – ce n'est pas les gros rats qu'il sent du bout de ses moustaches et de son nez fin qui allaient lui faire une caresse ! Avec leurs vilaines pattes, erk, non merci, il allait les croquer oui.

Sagement, délicatement, le félin s'assoit, et tapote le sol humide et dégoutant de ses petites pattes de devant. Il lève et tourne son regard jaune vers l'humaine; ses yeux de chat voient parfaitement dans l'obscurité : la jeune femme, ses traits, ses jolis yeux bleus, ce qu'elle tient à la main, tout, il le perçoit dans ses moindres détails et il la regarde avec concentration, une de ses oreilles tournée vers elle pour l'écouter, l'autre concentrée sur un grattement de pattes de rats un peu plus à droite de leur position. « -Je suis désolée, j'ai rien à t'offrir. J'ai rien pour les chats ici tu sais. » Et ça, c'est quoi ? Du chewing-gum peut-être ? La vision nocturne de John ne le trompe pas, et pis son flair sent quelque chose qui n'a rien à voir avec l'odeur qui imprègne les lieux : il y a des chips !

Brusquement, le prédateur ( de salon ) est de sortie : son corps se tend, sa queue fouette l'air, il bondit sur sa cible : le paquet de chips encore fermé que tient à la main l'humaine. Un rouler bouler plus tard, Bandit atterrit avec le paquet de chips, quelques mètres plus loin dans l'ombre de l'égout. Les griffes glissent sur le papier métallique de l'emballage, qui refuse de céder, de laisser entre l'air dans le paquet et d'en faire sortir les chips. Il les veut, mais les pattes ça va pa du tout : machinalement, instinctivement, et comme toujours sans s'en rendre compte, John reprend un instant sa forme humaine : ses longs doigts fins et agiles, avec l'aide merveilleuse du pouce de l'humanité, ouvrent le sachet qui laisse échapper ses précieuses pétales de pommes de terre sur lesquelles le chat saute avidement.

La transformation, ouverture du sachet, re-transformation se sont passées en un tour de main et dans l'obscurité : est-ce que l'humaine s'en est rendue compte ? Pas sûr, en tous cas ce n'est pas le cas de John qui, sous sa forme féline dévore son larcin. Sens de la propriété et de la politesse ? Connait pas. Dans la pénombre on entend distinctement le ronronnement qui émane du petit animal, et le son que font les chips sous ses crocs alors qu'il les réduit en miette avec assiduité : ça croque sous la dent !

amby:
J'avais à peine approché le matou que je le regrettais presque déjà. J'aurais pu me faire mordre ou griffer, qui sait. Je m'étais avancée de façon totalement irréfléchie. D'ailleurs qu'est-ce qui me prouvait qu'il n'était pas atteint d'une maladie aisément transmissible : au milieu des égouts, c'était envisageable. Je l'avais touché : pourvu qu'il ne se mettait à me suivre maintenant. Quelle horreur ! Je me voyais déjà condamnée à devoir voler plus pour nourrir la bestiole. Qu'est-ce que ça mangeait ce petit animal d'ailleurs ? Les rats ça dévoraient tout, ça je l'avais bien compris à force de vivre ici. Combien de fois m'étais-je fais avoir par ces bestioles horribles !  Enfin bon, l'avantage avec les animaux, c'est qu'ils ne parlaient pas. Ils ne posaient donc pas de questions indiscrètes et n'en avaient rien à faire que vous passiez du temps dans les égouts. Peut-être était-ce plaisant d'être une boule de poils, surtout dans la situation actuelle. On avait pas autant d'ennuis qu'en tant qu'humain : je ne pouvais même pas vivre une vie normale. Ce chat semblait m'observer avec curiosité. Je ne savais pas quoi en penser. Je n'avais rien à faire de ma journée, comme souvent. Voilà comment j'en étais rendu à parler à un chat. Un animal qui semblait presque attentif à ce que je lui racontais. Même si cela n'était sans doute pas réellement le cas. Il avait peut-être un peu faim parce que dès lors que je lui avais annoncé n'avoir rien pour lui, j'avais vu son comportement changé. On aurait dit qu'il avait trouvé sa proie. C'était en fait le pauvre sachet encore non-ouvert de chips que j'avais emmené pour ma propre consommation. Décidément, je n'avais pas de chance aujourd'hui ! Mon repas venait de finir entre les pattes de ce petit ouragan orange. Quel chenapan. Tant pis, je mangerais plus tard. J'allais m'éloigner comme résignée mais le bruit que faisait l'animal me fit me retourner : il essayait sans y parvenir à ouvrir le paquet. C'était tellement marrant à voir que je me mis à rire doucement. L'égout me fit un écho. J'étais encore en train de rire et espérait aider la boule de poils quand je m'arrêtais net. J'aurais juré qu'en une fraction de secondes, le chaton était devenu beaucoup plus grand que prévu mais ça ne pouvait être que mon imagination. Encore un tour de ma paranoïa. Enfin il faut que j'en ai le cœur net : si ce n'est qu'un petit chat, il me sera facile de le maîtriser. Je m'avançais doucement et l'attrapais par la peau du cou. Il avait fait une bêtise : on ne vole pas ! Sauf qu'elle aussi était de la même académie. Pour se nourrir, on avait pas toujours le choix.

- Dis donc voyou, ça se fait pas de chaparder comme ça. Mais que fait la police des chats ?

Je m'ennuyais tellement ici que ce petit moment d'animation était un moyen de m'amuser. Il était mignon mais je ne devais pas oublier qu'il était également le destructeur de mon repas ! Son ronronnement ne devait pas résonner dans mon esprit tel qu'un son apaisant, je devais le regarder avec tous les reproches qu'il méritait. Je devais plutôt me remémorer le craquement sinistre des chips pleurant de douleurs sous les crocs pointus et irrespectueux de ce petit monstre vorace. Il n'avait pas l'air d'avoir très peur de moi, pourtant en l'attrapant, il ne toucherait plus terre. Mon avantage au fond c'était quoi,... ma taille ? Ce chat ne comprenait certainement pas ce qu'il venait de faire ni même tout ce que je pourrais bien lui dire et pourtant je me surpris encore à lui parler. Sans doute pour alléger ma complainte et me dire que cela n'avait pas d'importance finalement. Je soupirais en fixant le coupable avec un regard légèrement fâché.

- Et qui va me rembourser maintenant petite terreur ? Je vais devoir me mettre en danger et sortir d'ici pour me trouver à manger. Tu n'imagines pas le souci que tu me causes toi ! Et non, … comment pourrais-tu ? Manger, dormir, ce sont tes seules activités, c'est ça ?

Je fis demi-tour en posant le chat devant moi, il fallait que j'aille chercher un déguisement : histoire de sortir en toute sécurité. Ou presque. J'avais besoin de refaire mes provisions et cette bestiole m'avait donné envie de bouger et aussi de me nourrir. Surtout ce dernier point.

john:
Les chips, c'est délicieux, c'est succulent, un régal à tomber par terre. Au club de strip-tease où John travaillait, ils en mettaient souvent dans des petites coupelles, pour accompagner les consommations alcoolisées des clients. Il en fauchait quasiment tous les soirs, en passant, hop quelques chips. Techniquement, ce n'était pas pour lui, surtout durant ses heures de travail, mais ses transformations en chat adorable faisaient qu'on lui laissait passer ça ( et quasiment tout, en fait ). Il adorait les chips. Et ses chips là, dévorés dans un égout, mangés à la sauvette ils étaient encore meilleurs parce que volés au nez et à la barbe de leur propriétaire légitime. Merveilleux.

Sauf que leur propriétaire légitime ne semblait pas aussi soumise à son air mignon que la majorité de la gente féminine ; John fut brutalement interrompu dans son festin quand il se sentit tiré par la peau du coup. Son cou lui faisait un mal de chien – quelle ironie pour un chat -  et le sol disparaissait soudain sous ses pieds. Le chat prenait de la hauteur, et pas volontairement, quelqu'un le soulevait, mais pas doucement, tendrement, pour faire un câlin. Panique à bord, rien ne va plus : le chat poussa un miaulement perçant, terrifié. Il se passait quoi là ? Ca faisait maaaal ! John se débattit du mieux qu'il peut s'agitant dans les airs, battant des pattes dans le vide dans l'espoir d'attraper son agresseur... ou un endroit stable où poser ses pattes.

Plus il se débattait, plus ça faisait mal, et lorsque Amber entra dans son champ de vision, il s'immobilisa.  « Dis donc voyou, ça se fait pas de chaparder comme ça. Mais que fait la police des chats ? » La police des chats ? Il y a une police des chats ? Les yeux du félin s'écarquillèrent démesurément de surprise, puis de panique. Il n'était pas au courant de ça, mais dans sa naïveté animale, ne mettait pas une seconde l'affirmation en doute. Nooooon pas la police.  John avait connu la police des humains, et ne souhaitait pas du tout renouveler l'expérience, qui avait été brève ( il s'était échappé ) et très très désagréable. La police, non merci, il n'avait rien fait, en plus ! Terrifié, il s'agita sous le regard de la jeune femme, qui l'observait, sévère. Fâchée. Victoire ne lui en voulait jamais pour rien, même quand il mettait son appartement en pièces ; John avait perdu l'habitude de se faire gronder et ses manières s'en ressentaient. Dans ces cas-là, si la fuite ne fonctionne pas, une seule solution : apitoyer l'adversaire avec une tête mignonne. Les chats sont très doués pour ça, et Bandit s'appliqua du mieux qu'il put. On pouvait pas lui en vouloir, si ?

« - Et qui va me rembourser maintenant petite terreur ? Je vais devoir me mettre en danger et sortir d'ici pour me trouver à manger. Tu n'imagines pas le souci que tu me causes toi ! Et non, … comment pourrais-tu ? Manger, dormir, ce sont tes seules activités, c'est ça ? » … Oui, en gros. On pouvait ajouter jouer, danser et chaparder, trois activités très amusantes qu'il aimait beaucoup. C'était un mode vie très bien, très comme il faut, où il était très heureux, merci beaucoup. Cependant, John eut le bon goût de prendre l'air désolé. Autant que peut l'être un chat ; il baissa le museau et les oreilles d'un air penaud et coupable, qui indiquait en lettres géantes «-Je suis désolé, je recommencerais plus. »

Cela du fonctionner, puisqu'elle le reposa enfin par terre, à son grand soulagement. Le chat se secoua dans tous les sens pour enlever les plis de ses poils et surtout ôter la désagréable impression d'avoir toujours une main qui le tenait par la peau du cou. Après ça, il se mit à cavaler devant Amber. Elle devait sortir des égouts, pour aller chercher à manger. A cause de lui. Et elle n'avait pas l'air très contente. John tordit le museau avant de prendre sa décision ; à la première intersection, il la quitta, pour remonter en flèche à l'air libre, guidé par ses sens félins. Il allait se faire pardonner, foi de matou ! L'emplacement de la poissonnerie était gravé au fer rouge dans son esprit ; il fila comme une flèche orange vers celle-ci, puis sur l'étal, chopa un beau poisson au passage et retourna dans les égouts aussi vite qu'il les avait quitté. D'une glissade, le chat retomba dans les égouts, rétablit son équilibre sur ces quatre pattes, et retomba sur la jeune femme, mais cette fois très fier de lui et avec de quoi goûter. La jeune femme, mais pas vraiment la jeune femme puisqu'elle avait passé un déguisement pour sortir : De surprise, John en redevient humain - un humain bien comme il faut, bien que ébouriffé, avec un bleu sur la nuque et pieds nus- et essaya d'articuler :

« -T'ach chanché quelque choche, non ? »

... C'est dur de parler avec un poisson entier, avec tête, écailles et tout le bataclan dans la bouche, vous savez. Il voulait dire "T'as changé quelque chose, non ?" . Dieu qu'il était observateur.

amby:
À en croire , la vitesse où mes chips disparurent, ce petit bestiau devait mourir de faim. Je ne me souviens pas avoir déjà vu quelqu'un de si vorace. D'ailleurs comme un si petit truc pouvait-il manger autant ? Il venait de détruire en deux minutes un de mes repas. Non, je ne pouvais pas laisser passer cela. C'est pour cette raison que je l'avais choppé par le col mais on aurait dit qu'il paniquait complètement. À tel point que je me demandais si j'étais une tortionnaire, pourtant je ne souhaitais pas le malmener. Je n'étais pas un monstre, du moins pas volontairement. Je fixais la bestiole droit dans ses pupilles de chat et il se calma net. On aurait dit qu'il devenait soudainement attentif à la situation et qu'il m'écoutait. J'avoue que sur le moment je trouvais cela fort étrange mais bon on vit dans un monde étrange, non ? Un instant, alors que je me moquais de lui en menaçant de le mener à la police, je crus voir une ombre de peur dans son regard. Impossible, il comprenait ce que je lui disais ? Et surtout, si c'était le cas, il était vraiment très naïf ou alors j'étais très convaincante. Voilà qu'il recommençait à gigoter comme si sa vie en dépendait. Pour couronner le tout, il me regarda avec tant de force et de conviction que je me mis à soupirer. Il n'allait quand même pas m'amadouer avec une ruse vieille de mille ans. Malgré tous mes arguments, je ne pus me résoudre à lui en vouloir réellement. Maintenant, il prenait un air contrit. On aurait vraiment tout vu. Je me sentais comme une adulte qui punit un petit enfant d'une bêtise qu'il vient de faire. C'était saugrenu et ce chat me rendait dingue. C'est en le reposant par terre que je compris combien j'espérais que l'animal comprenne ce que je lui racontais. Je manquais cruellement d'amusement dans ma vie. Je me faisais des films à propos d'un simple petit détail changeant dans ma vie. Le voyou se mit à courir devant moi, me donnant l'impression très nette de me narguer. Ok tu as gagné boule de poil. Voilà que je laissais vaquer à ses occupations pour aller me chercher de quoi me nourrir. Toujours la même rengaine. Rapidement le chat s'éclipsa et je marchais dans les égouts, histoire de trouver une sortie protégée en ville et me mettre en chasse. Oui, c'était bien une chasse car soit je volerais ma nourriture, soit je déroberais de l'argent pour en acheter. J'étais devenue plutôt douée dans ce domaine. L'un des rares dans lequel j'avais peut-être un talent. Je ne pouvais pas dire que j'étais fière de mes coups mais cela me permettait de vivre et c'était l'essentiel. Pas d'éthique. J'avais vissé ma perruque sur ma tête quand je vis un éclair se pointer devant mes yeux ébahis.

- Ben ça alors...

Le matou était revenu ! Et il tenait dans sa gueule un magnifique poisson qu'il avait trouvé Dieu sait où. C'était tellement surprenant parce qu'on aurait dit qu'il était tout content de lui ramener de quoi manger pour se faire pardonner. Je devais m'être cogné très fort tout à l'heure pour croire que ce chat était incroyablement intelligent. Non pas que les animaux soient sots en temps normal mais celui-ci était particulier et pour cause... J'étais déjà effroyablement surprise quand ce fut pire. Je croyais avoir affaire à une simple petite bête et erreur, j'avais désormais un être humain pile sous le nez avec un poisson dans la bouche. Un homme normal quoi ! Comme on en croise à chaque coin de rue, je suppose. Le monde avait vachement changé. Ne pas s'évanouir, ne pas perdre son calme. Je devais agir comme si rien ne s'était passé. Tout était parfait dans le meilleur des mondes. Vite, il fallait que je m'assois. D'ailleurs, j'avais mal au coccyx et je me rendis compte que j'étais déjà assise. Tombée par terre sous le choc de la métamorphose et peut-être aussi parce que le … la chose venait de lui parler. La douleur de la chute me faisait trembler, ou peut-être était-ce la peur.

- Bon sang ! Qu'est-ce que tu es au juste ? Ce... mais c'est toi qui a changé imposteur !!! T'étais tout petit, tout poilu et avec des grands yeux innocents et tout et là... ben t'es un... homme !

Tant pis pour le calme, je paniquais totalement. Aucune personne ne m'avait approché de si près dans les égouts. C'était un mutant en plus apparemment. Je devais m'éloigner mais j'avais trop mal et mon corps refusait de se mouvoir. Je ne savais pas quoi faire et je ne voulais pas qu'il aille raconter qu'il avait vu une femme dans les égouts. C'était mon territoire, mon seul refuge : ma maison. J'avais besoin de ce repère pour ne pas céder au stress, à la peur. Si ce monde était envahi, que deviendrais-je. Cet homme pouvait être un fléau pour moi. Je ne pleurais pas mais ma gorge se nouait de panique et mon rythme cardiaque s'était accéléré.

- … je...veux... pas...

Je n'arrivais pas à terminer ma phrase tant ma respiration se faisait courte. Je n'avais jamais fat de crise d'angoisse mais en ce moment, je m'angoissais tellement que je ne savais plus où j'en étais. Le poisson me parut bien lointain et le chat encore plus. Je regardais mes mains qui tremblaient comme des feuilles. Les humains ne sont pas tous mauvais, je devais m'en persuader et vite. Tout en gardant un œil sur cet intrus suspect. Première étape : le retour au calme.

john:
John l'ignorait totalement, mais pour la plupart des humains, les animaux n'étaient pas doués de conscience, ni d'intelligence ; ils se contentaient d'exister sans comprendre ce qui se passait, ni ce qu'on leur disait. De son point de vue animal qui connaissait l'envers du décor, c'était tout à fait faux. Mais le comportement de Bandit étonnait les humains qu'il croisait. On dirait qu'il me répond ! Continue à me traiter comme un idiot et je vais me mettre à t'ignorer ont pris l'habitude les autres animaux. En général, cela n'entamait pas son enthousiasme, et Bandit était très satisfait de sa pêche, fantasmant déjà sur un futur repas partagé – les chips lui avaient ouvert l'appétit – lorsqu'il s'était rendu compte que son interlocutrice ne ressemblait plus à ce qu'elle était censée ressembler selon la mémoire du félin.

Les psys avaient dit que John était doté de réactions contradictoires et illogiques, voire schizophrènes dues à leur succession rapide et sans logique et sa distraction pathologique, mais dans l'ensemble, les humains réagissaient toujours bizarrement. Ils criaient, faisaient des bonds, vous arrosaient...se laissaient tomber au sol comme des enfants. Les yeux écarquillés de surprise, John regarda la jeune femme assise par terre. Dans un égout ! C'était froid, humide et dégoûtant, le sol d'un égout ! On ne s'asseyait pas là ! Une moue de dégoût passa sur le visage expressif du mutant : berk berk ! John s'asseyait souvent ( toujours ) n'importe où, que ce soit sur une étagère, un tas de papiers ou le sol, mais son siège était toujours, à sa façon, et à ses yeux de félin, confortable. Là, non, désolé, il achetait pas le fauteuil de la jeune femme.

Elle tremblait, et l'odeur qui parvenait jusqu'au nez aiguisé du mutant était celle de la peur. De l'effroi même, ça envahissait tout l'espace où ils étaient, ça empestait tellement ça sentait fort et finissait par se transmettre à John. S'il avait été chat, il aurait fait le dos rond, poil hérissé et queue fouettant l'air. Là il avait le poil et les cheveux hérissés, mais ça ne changeait pas grand chose : il était toujours coiffé comme l'as de pique.

« -Bon sang ! Qu'est-ce que tu es au juste ? Ce... mais c'est toi qui a changé imposteur !!! T'étais tout petit, tout poilu et avec des grands yeux innocents et tout et là... ben t'es un... homme ! » Ben oui, je suis pas une femme, ça se voit non ? C'est deux choses bien différentes, même John est capable de s'en rendre compte ( c'est dire !) ! John ouvrait en effet de grands yeux innocents, il ne comprenait plus rien mais sentait juste la panique de la jeune femme se transmettre à lui.

« - Moi ?! »

Le cri de l'homme ressemblait plus à un miaulement abasourdi qu'autre chose ; Il avait rien fait lui ! Il était innocent, tout gentil ! Ok, il avait mangé les chips, mais c'était tout, il s'était bien tenu et il n'avait rien cassé. Qu'est-ce qui se passait ? Qu'est-ce qui faisait peur comme ça ? Le sixième sens du félin était paniqué par les signaux de la jeune femme, et sa propre respiration se faisait courte. Il était censé être terrifiant, mais avait aussi peur qu'elle. Et si ce qui les entourait était moins angoissant, il se serait vite fait bien fait caché dans un coin sombre et n'en serait plus sortir avant la fin de l'alerte. « - … je...veux... pas... »

« -Moi non plus ! Faut pas pleurer ! Qu'est-ce qui fait peur ? Où ça ? Quoi ? »

Répliqua John dans un glapissement terrifié. Comment ç,a, ce n'est pas forcément utile ? Veux pas quoi, c'était une autre histoire, mais en tous cas, il ne voulait pas. Totalement contre. La scène devait être comique, vu d'un point de vue extérieur ; quelqu'un d'assis au sol, en pleine épisode de panique, et devant un homme debout comme statufié. Tous les deux tremblants comme des feuilles mortes. En plein milieu d'un tunnel d'égout. John avait peur, mais n'osait pas fuir ( tous les bruits suspects des égouts lui semblaient soudain plus inquiétants qu'intrigants ) ; il prit donc sans réfléchir la troisième solution.

En un clin d’œil, il se ré-transforma en chat et sauta dans les bras de l'humaine, et se mit à ronronner à qui mieux mieux. Il agrippa fermement le vêtement entre ses griffes, bien décidé à ne pas se faire décoller du corps chaud et rassurant de la jeune femme, même s'il entendait le battement précipité de son cœur. A l'unisson du sien, même si l'image perdait toute connotation romantique. Le grondement sourd qui sortait de la gorge féline était fort, et possédait un effet calmant démultiplié par sa mutation ; le ronronnement des chats avait des vertus apaisantes et calmantes, destressantes, et la mutation de John l'amplifiait un peu.  Bon, cela pouvait aussi empirer la situation et apporter l'apocalypse et la guerre au sein du tunnel. Il faut savoir prendre des risques dans la vie.

amby:
Je revois encore devant mes yeux curieux, ce félin attendrissant qui s'est littéralement jeté sur ma nourriture sans même crier gare. Comment pouvais-je savoir qu'il allait soudainement se métamorphoser en un être humain tout à fait inconscient de la frayeur qu'il venait de provoquer en moi ? Si j'avais décidé de vivre ici, ce n'était pas pour le charme des lieux, donc certainement pas par envie mais bien pour vivre en écart du reste de la population. Désormais je me retrouvais nez à nez avec l'un d'entre eux et de plus, doté de pouvoirs. De quoi réveiller la méfiance déjà présente concernant les autres humains. Rectification les hommes en fait. Je n'ai rien contre les femmes. Quant à ma peur des « mutants » et autres créatures, elle n'est pas du tout liée à la crainte de la douleur ou de la mort, ce qui aurait été beaucoup plus normal. Non, j'ai simplement l'angoisse d'être blessée, de saigner et que mon don se déclenche brutalement sans que je puisse le contrôler. Je pourrais blesser des gens, voire les tuer inconsciemment. Un vrai cauchemar. C'est pour cette raison principale que je me suis installée ici. Au moins, je ne fais de mal à personne et inversement. On ne vient pas m'en faire. Cependant, étant dotée d'un talent, je sais que je peux être recherchée alors je garde en moi cette paranoïa permanente quand mon quotidien me semble menacé. Cette transformation imprévue a brisé en deux secondes le mur de protection que je me suis forgé tant bien que mal. Je ne me suis pas méfier suffisamment de cette boule de poil alors que les apparences sont trompeuses, je le sais parfaitement. Combien de chances ai-je de rencontrer un chat par HASARD dans ce qui se révèle être un vrai labyrinthe. Est-il envoyé ici pour son odorat développé? La stratégie est plausible et je sens un nœud se former au creux de ma gorge. Je bouge légèrement par réflexe tant je suis mal à l'aise mais la douleur me rappelle à l'ordre et je grimace. Mes mains sont toujours secouées de spasmes et je me force à ralentir ma respiration. Je n'ai rien à craindre car je sais me battre. Même si je suis en position de faiblesse, j'ai la possibilité de m'en sortir. Avec un peu de chance, sous forme humaine et donc sans griffes et crocs, j'ai peut-être le dessus. Sa voix confirme  la circonstance mais je suis si étonnée que je le regarde avec des yeux ronds, mon cœur battant toujours à tout rompre. Je dois garder mon sang-froid, il a peur lui aussi. Son questionnement rapide me prouve qu'il n'a rien fait volontairement et qu'il ne comprend pas la situation actuelle. Je veux me ressaisir mais je n'y arrive pas et bien que l'envie me vienne de lui répondre, je ne peux sortir le moindre mot de ma bouche. Je ne vais pas pleurer mais j'ai peur de ne plus arriver à respirer. Comment devais-je faire ? Sans avoir le temps de trouver la solution, l'être humain redevint chat et se … jeta sur moi. Je veux crier car je ne comprends pas son idée mais rien et je n'ai pas le temps de reculer que ce petit truc est déjà dans mes bras. J'ai du le rattraper dans un réflexe de protection. J'essaie de l'éloigner mais ses pattes ont saisi mon t-shirt, déjà bien abîmé et refuse de s'éloigner. Bizarrement j'ai peur de lui faire mal et sans m'en rendre compte je commence à me détendre. Le ronronnement apaisant de l'animal me paraît être un écho dans l'égout mais le bruit n'a rien de stressant. Non-habituée aux chats, je ne me suis jamais approché d'eux alors quand celui-ci se trouve juste contre moi, je réalise pourquoi les gens aiment les animaux. Apaisée, je redeviens curieuse et je passe mes doigts sur les oreilles pointues du félins, ça me fascine. Et puis, je repense à son autre forme et je me redresse d'un bond, le chat scotché à mon top et pousse un cri de douleur. Je me suis redressé trop vite et mon coccyx n'a pas supporté le choc. Rien de cassé mais je vais avoir un beau bleu. Je prends le chat entre mes mains et cette fois, pleinement consciente de la situation, je le regarde fixement.

- Ne profite pas de l'occasion ! Tu n'es pas qu'un simple chat, je e me laisserais pas attendrir une seconde fois. Que... Qu'est-ce que tu veux aux juste?

J'ai terriblement envie de lui faire des caresses derrière ses petites oreilles mais c'est stupide. C'est un homme, c'est carrément malsain. Je suis debout, capable d'appréhender la suite. Je suis prête à me défendre.  Je crois encore au danger mais plus sereinement. Il aurait pu m'attaquer mais il était venu se caler contre moins comme pour apaiser nos craintes. Néanmoins, je me méfie d'une quelconque ruse de l'ennemi. Pourquoi nous sommes nous rencontrer si c'est un mutant. J'ai du mal à croire aux coïncidences quand il s'agit de gens de cette espèce. Je sais qu'ils sont exactement comme moi mais ils détiennent un don et la puissance rend les gens mauvais. Dangereux. J'espère que ce n'est pas le cas de la boule de poil et je me laisse à penser que ce n'est pas le cas. Doucement, j'essaie d'adoucir ma voix.

- Je ne veux pas … je ne souhaite pas te faire de mal, range tes griffes.

C'est vrai qu'une simple blessure et mon sang n'en fera qu'à sa tête. Je ne sais pas trop quoi faire et je sens  que ce petit être est tout aussi perdu que moi. Au fond, c'est peut-être en grande  partie de ma faute mais comment dire. Dès que j'ai envie de le considérer comme un chat adorable avec sa bouille d'ange, je vois cet homme et je réfrène mes gestes. Comment se comporter gentiment avec un animal qui n'en est pas réellement un ? Je me sens terriblement confuse et sotte. Je ne devrais sans doute pas. Je tiens encore le petit corps dans mes mains sans réussir à le poser par terre, j'hésite. Finalement, je m'accroupis et pose ses pattes sur le sol. Je me sens tellement soulagée, que je tente d'être aimable. Je souris. Un sourire gentil mais gêné. Je tends ma main, la retire et la passe finalement dans mes cheveux. Je constate que j'ai ma perruque, je ne l'ai même pas utilisée. D'ailleurs, cela me remémore le pauvre poisson : un met gâché. Je ne vais pas le manger alors qu'il est tombé dans la crasse du sol gluant des égouts. Quel déception, dire qu'il a du le prendre   en ville au risque de se faire prendre. Humain ou chat. Tant pis, je tente de rattraper le coup. J'ai encore un peu peur mais je contrôle mieux les événements.

- Désolée de t'avoir fait peur. Je... suis une trouillarde. Pour me faire pardonner pour le poisson, ça te dirait d'aller faire un tour en ville afin de jouer les pickpockets ? … Mais attention hein, je suis exceptionnellement gentille hein parce que bon, t'es quand même un homme. Te crois pas vainqueur !

Bon je ne suis pas vraiment une « trouillarde », c'est tout bonnement un petit mensonge parce que je ne comptais pas lui annoncer que j'étais différente. Tout comme il l'était. Ni lui dire que je sais me battre. Je préfère garder un atout en main et un peu de mystère. Peut-être que mon étrange camarade jugera préférable de partir de son côté. Je dois toutefois me nourrir et je sors qu'importe ce qu'il décide.

john:
Bandit lève son bout du nez et un regard suppliant pour des caresses: si elle le grattouille entre les oreilles, tout ira mieux, la crise sera passée et le danger éloigné. Il se blottit contre l'humaine, à la recherche de sa chaleur et de sa sécurité ; maintenant qu'elle s'est remise debout, sa situation est précaire, instable. Le danger fait encore battre leur cœur dans une même panique ; pas question de tomber ! "- Ne profite pas de l'occasion ! Tu n'es pas qu'un simple chat, je e me laisserais pas attendrir une seconde fois. Que... Qu'est-ce que tu veux aux juste?" Les chats ça veut pas grand chose, le plus souvent le matou se contente d'exister et c'est reposant. Simple, efficace, aucune déception. Bandit lève son bout du nez et un regard suppliant pour des caresses: si elle le grattouille entre les oreilles, tout ira mieux, la crise sera passée et le danger éloigné.

Il se blottit contre l'humaine, à la recherche de sa chaleur et de sa sécurité. Les cris ont cessés et la voix de l'humaine se fait plus douce, il se rassure lentement. "- Je ne veux pas … je ne souhaite pas te faire de mal, range tes griffes." ..mais je ne souhaite pas tomber, moi ! miaule désesperemment le petit chat qui s'agrippe à elle comme si sa vie en dépendait, et pour retirer de ces bras tout l'amour du monde. Quand elle essaye de le poser au sol, il lutte encore un peu, ses griffes s'accrochent dans le tissu. Il bataille, ses pattes pagayent dans le vide jusqu'à trouver le sol. Un peu pataud, Bandit retrouve son appui sur le sol et s'y installe, tapotant l'humidité du bout des pattes. Il était mieux dans les bras de la jeune femme, tiens. Il boude. Voilà. Ce ne sont pas des manières.

Il s'apprête à le faire comprendre à l'humaine d'un regard bien appuyé et boudeur lorsque ses yeux de chat se posent sur son sourire. Il dresse aussitôt les oreilles, enthousiasmé. Il préfère ça à la peur qu'elle lui transmettait un instant auparavant; cela change tout, et il veut bien rester sagement à l'écouter, le popotin dans la crasse de l'égout si elle sourit. "- Désolée de t'avoir fait peur. Je... suis une trouillarde. Pour me faire pardonner pour le poisson, ça te dirait d'aller faire un tour en ville afin de jouer les pickpockets ? … Mais attention hein, je suis exceptionnellement gentille hein parce que bon, t'es quand même un homme. Te crois pas vainqueur !" Ah parce qu'il y avait un jeu, quelque chose à gagner ? Non, l'attention de John est déjà partie bien loin, uniquement concentrée sur un seul des mots de la proposition: "pickpocket".

Comment a-t-elle deviné ? John adore jouer au pickpocket, voler les gens. Selon les psys, c'est même maladif chez lui. Cleptomanie, disent-ils, mais il n'aime guère cette appellation lui fait trop penser aux clebs, et donc à cette race honnie que sont les chiens. La proposition le fait ronronner avec enthousiasme, et même il se retransforme d'un bond en humain pour fixer Amber, les pupilles dilatées de joie.

"-D'accord, tu as gagné, tout ce que tu veux ! Je suis sûr que nous ferons une équipe formidable ! Allons-y !"

Enfin quelqu'un qui le comprends et qui ne le saisit pas par la peau du coup dès qu'il essaye de chiper quelque chose ! La vie est belle ! Gloire au dieu des chats ! Tous les soucis précédents sont oubliés en un éclair et il la saisit par le poignet pour l'entraîner dans une danse folle et vers la sortie. Une fois dans la lumière du monde extérieur, il le se retourne vers elle, un large sourire aux lèvres - qui dévoile des dents de chat d'ailleurs. Il penche la tête, la considère un instant perplexe avant de redresser sa perruque du bout des doigts.

"Ta nouvelle couleur de cheveux est de travers. Et ça ne te va pas."

Voilà, ils sont prêts,  c'est l'heure d'aller s'amuser !

amby:
Je n’ai plus la moindre idée de la personne à qui je m’adresse. C’est perturbant d’avoir affaire à la fois à un chat et à un homme, même si son comportement tient plus du premier. J’en viens même à oublier sa seconde facette quand il me jette ce regard suppliant. Oui car c’est bien un petit être qui est venu se lover dans mes bras comme par empathie comme les animaux savent si bien le faire. C’est bien aussi sous cette forme qu’il s’accroche désespérément à mon t-shirt. C’est un véritable déchirement et je ne dis pas cela pour mon haut qui gardera des séquelles. Des trous causés par des petites griffes bien pointues. Non, en réalité, cela me fait de la peine de le décrocher de moi : comme si le poser à terre relevait du pire des crimes possibles. Tellement à l’aise dans mes bras qu’on dirait un enfant que sa mère ne prend plus dans ses bras. Tant qu’il ne me fait pas un caprice, ça ira. Quoiqu’il a l’air d’être prêt à bouder. Sans doute une autre de mes brillantes impressions mais de très courtes durées car quelque chose semble lui plaire. Allez savoir quoi, il a vite changé d’expressions sans que je sache ce qui se passe dans cette petite caboche. Très attentif, je me demande s’il a vécu les choses de la même façon que moi. Je sais qu’il a compris et partagé ma peur mais sans en appréhender la raison. N’importe qui, en temps normal, comprends qu’une transformation juste sous le nez d’une personne effraie tout le monde. Enfin ce n’est pas naturel de faire des choses pareilles. Il ne semble même pas être conscient de tout ça. Il vit complètement dans un autre monde. Il est même plus à côté de la plaque que moi non ? En tout cas, ces petites oreilles triangulaires se sont dressées attentivement et je jure avoir vu une petite lueur dans ses pupilles rondes. Il avait l’air drôlement joyeux d’un coup. La peur totalement disparue de ses sentiments, autre chose a pris sa place. J’entends son ronronnement qui m’attendrit et me fait plaisir. J’ai réussi à rattraper ma crise et je suis d’ailleurs assez fière de moi. Je peux m’enorgueillir d’avoir fait un pas vers le progrès. Certes, à très petite échelle vu que je me planque toujours dans les bas-fonds de la ville. Ne brusquons pas les choses ! Aussi enthousiaste que le chat qui me tient compagnie, je ne m’attends pas du tout à la re-transformation en humain et le choc est violent. Je crois même que je viens de laisser échapper un juron. Je dois avoir des tendances cardiaques pour réagir d’une telle façon. Il faut que je fasse attention mais je n’ai même pas le temps de lui faire des remarques qu’il attrape mon poignet trop vite pour que je m’en dégage. Je n’aime pas le contact avec les autres. Je sais qu’il l’a fait spontanément et qu’il ne pense pas à mal un seul instant mais mon rythme cardiaque s’accélère soudainement. J’arrive à murmurer un vague « Attends ! » mais je me sens entraînée vers une sortie.

Comment ai-je pu oublier cette sensation qui me grisait il y a quelques années ? Je me revois encore en compagnie de tous les autres, courant dans les ruelles comme des dératés. Il me tenait par le poignait, me tirant derrière lui et moi… je rigolais. Oui, j’avais un immense sourire mais pas le même qu’aujourd’hui. Un sourire innocent et heureux, qui ne voulait pas entendre parler de la réalité. Je revois encore ce bras, ce dos rassurant, ce sourire qui pouvait m’emmener jusqu’au bout du monde. Je sens mon corps se raidir un peu. Celui qui est devant moi aujourd’hui se retourne et me sourit. Je me sens nostalgique, je me sens bizarre. Qu’est-ce qui m’arrive ? Je ne devrais pas penser à ce garçon du passé. Il ne m’a apporté que des ennuis et pourtant je repense à lui. C’est vrai, au début, ce n’était que du bonheur.
Les dents de chat de mon compagnon du jour me rappelle que je ne suis pas dans le passé mais bel et bien au présent. Alors je constate que nous sommes vite sortis des égouts et inquiète, j’observe les alentours. Histoire de bien me rassurée : personne ne nous a vu heureusement. Je n’arrive pas à lui rendre de suite son sourire si naïvement gentil. Je me sens bien bête.

- Une bonne équipe, ok ! Évites juste de te métamorphoser sans prévenir. Je ne sais pas moi… fais-moi un signe de la patte. Quelque chose !

Pour m’éviter les surprises inattendues et me prémunir contre l’arrêt cardiaque. Je respire l’air frais. Bizarrement, je me sens plus à l’aise en présence de cet homme-chat que seule même si je doute qu’il soit capable de nous protéger en cas de besoin. Peut-être est-ce parce qu’il y aura moins de soupçons de cette façon. Qui sait ? Je le vois passer sa main devant mes yeux. C’est ma perruque qui le dérange ? Voilà qu’il me dit que ça n’est pas joli comme couleur… Ce n’est pas très aimable mais ça a le mérite d’être honnête. Je décide de ne pas le prendre mal mais j’avoue que c’est un peu vexant. Je décide de commencer à me diriger vers le centre-ville et j’en profite pour me dévisager dans une vitrine. Je me rends compte que je suis petite et … c’est vrai, c’est moche cette couleur. Je rougis et je me défends, par réflexe, d’un ton légèrement boudeur.

- C’est juste un déguisement, pas besoin que ce soit joli. Au fait, comment dois-je t’appeler ? Pas minou quand même.

Réflexion stupide, il devait avoir un prénom. Ne connaissant pas la politesse, je ne prends pas la peine de me présenter au préalable. Ce n’est pas un réflexe chez moi, je n’ai pas l’habitude de fréquenter tant de monde que ça. La plupart sont des ivrognes ou des passants demandant où se trouvent telles ou telles rues. Je regarde le mutant amicalement et soudain, je remarque un détail qui cloche. Les gens nous contemplent avec attention et mépris parfois. Suivant leurs regards, je découvre le hic : lui, n’a pas de chaussures. Je rigole, comment ai-je pu ne pas m’en rendre compte avant. Je vais devoir faire quelque chose. Il n’y a pas de marchés donc je ne peux pas en prendre rapidement sur un stand mais les passants sont vraiment très pressés et la plupart garde le porte monnaie à proximité. Je profite qu’un homme téléphone pour discrètement vider ses poches. Rien d’extraordinaire cette fois. Ce n’est qu’un porte-carte. Je tente le coup dans le sac légèrement entrouvert d’une adolescente, les yeux plongés dans le regard de son copain. Bingo ! J’avance un peu et donne les sous à l’homme-chat.

- Tu t’achètes des chaussures et après on passe au sérieux ! Les gens nous dévisagent comme des extraterrestres là. Dans un bar, on aura plus de chances… je suppose.
Cette fois, c'est moi qui l'entraîne vers un magasin pas très cher que j'avais repéré. Bien entendu, hors de question de le prendre par le poignet, j'ai attrapé son haut. Je suis contente d'avoir de la compagnie mais voilà, c'est pas un vieux pote. Je n'en ai plus et c'est tant mieux sans doute. Cela évite les ennuis et les douleurs. Bon, les boutiques de chaussures, c'est pas ma tasse de thé, je le laisse trouver une paire tout seul en espérant que ça lui arrive d'en mettre... Faites qu'il se dépêche, je veux manger moi et puis boire aussi, si possible... mais ça c'est autre chose. Est-ce qu'un chat boit ? Si ça influence l'humain, ce serait une catastrophe. Trop de questions sur cette mutation, c'est stressant. C'est vrai, c'est peut-être ça aussi qui me déplaît dans toutes ces créatures comme moi. On ne sait jamais à quoi s'attendre. Bon un chat... je peux accepter ce genre de"monstres". Mon don par contre, non. Bon, qu'il se hâte.
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Re: Amber Willson _ ME REBORN

Message par Rosanna Tennant le Dim 27 Nov - 0:00

john:
Vous avez déjà vu un chat devant une olive ? Je vous jure, c'est du joli, du grand spectacle. Grandiose. Ca les rends complètement fous, ils ne comprennent plus rien, sautent partout et sont hystériques . Ben l'annonce d'un vol à l'étalage ( ou dans les poches, il n'est pas raciste , ça fait a peu près le même effet que les olives pour les autres chats – et il réagit aussi aux olives, notons le. Et Amber n'a pas l'air en reste non plus : cela suffit pour que quelques neurones supplémentaires grillent, et que John soit fou de joie. Juron et ordre lui passaient bien au-dessus de la tête ; il voulait bien être gentil, mais le plus souvent sa nature féline ne s'abaissait pas à réfléchir au bien et au mal plus avant.

Ils sont dehors, l'air frais tourne autour de la tête de John après ce séjour dans l'obscurité et les profondeurs. Il y a plus d'odeurs ici, mais elles sont moins concentrées, demande plus de travail. John pose ses grands yeux sur Amber, qui regarde autour d'elle, inquiète. Il n'y a pas de raison de s'inquiéter : aux yeux de John, New York est comme un gigantesque arbre à chat, un espace de jeu...jusqu'à ce qu'il prenne peur et coure se cacher en hauteur et en sécurité, bien évidemment. Mais pour l'instant, c'est un homme pas si jeune que ça qui regarde sa nouvelle camarade, et qui attends plus ou moins patiemment qu'elle sorte de sa réserve, le plus grand et angélique de la création sur ses lèvres.

« - Une bonne équipe, ok ! Évites juste de te métamorphoser sans prévenir. Je ne sais pas moi… fais-moi un signe de la patte. Quelque chose ! » ohn acquiesce machinalement il veut bien y mettre de la bonne volonté, lui, avec plaisir. Même si ce que dit Amber n'a pas beaucoup de sens...et lui évoque ce que Victoire lui dit souvent : raison de plus pour essayer ! Il se frotte la nuque de la paume : un signe de patte. John ne sait toujours pas quand il est chat, quand il est homme, ni même qu'il y a une différence entre les deux. Mais, lentement ( mais sûrement, enfin espérons ) une petite étincelle de lumière commence à se faire entre ses deux oreilles poilues : il semblerait qu'il se métamorphise, sans prévenir et même sans rendre compte. Ce qui est impoli. Alors pour le bien de leur fine équipe, il ferait un effort.

En commençant par ne pas se laisser distancer. John rattrape précipitamment Amber, mais ouf, elle ne s'est pas sauvée trop loin. Les rues de New York sont comme souvent encombrées de passants pressés et occupés – parfait pour leur vider les poches...tiens un paquet de mouchoir, il passe de la poche du monsieur à la poche de John sans que celui s'en rende compte – et il aurait pu facilement la perdre. Il la rejoint devant une vitrine ; « - C’est juste un déguisement, pas besoin que ce soit joli. Au fait, comment dois-je t’appeler ? Pas minou quand même. » Mouais, c'est quand même mieux quand c'est joli.

« -C'est surtout que tu étais plus jolie sans, » John hausse les épaules avant de réagir à la dernière question : « Hey ! »

Elle bougonne parce qu'il lui a dit que sa couleur lui allait mal, et lui est outré dans son honneur de matou : il a 35 ans quand même ! Il n'est plus un petit chaton qui s'emmêle les ...okay, il s'emmêle souvent les pattes quand il marche, mais ce n'est plus un bébé chat, plus un minou, voilà l'important. Il est grand, avec du poil au menton ! Il triture machinalement le collier d'homme dans lequel se transforme son collier de chat : mettons les choses au clair et présentons nous tels des gens civilisés avant qu'elle se mette à l'appeler mistrigi ou minette.

« -John. Et toi ? »

Suit un retournement de situation inopiné : elle lui tends de l'argent, sans doute volé à quelqu'un. Sans réfléchir particulièrement, John empoche l'argent ; il n'a jamais volé avec quelqu'un, peut-être que ça se fait ? Echange de bons procédés, marque de bon volonté et d'efficacité, to ut ça tout ça ?En échange, il lui tends le baume à lèvres prélevé dans la poche d'une femme en passant...jusqu'à ce que le petit bonheur sans tache du chat s'écroule brusquement : « - Tu t’achètes des chaussures et après on passe au sérieux ! Les gens nous dévisagent comme des extraterrestres là. Dans un bar, on aura plus de chances… je suppose » Côté positif, elle a enfin rompu la distance de sécurité qu'elle essaye ( parce qu'en compagnie de John, bon courage pour ça ) et le saisit par le pull. Côté négatif, elle le propulse dans un magasin de chaussures.

« -... Non ! »

John se débat, tente de lui échapper : hors de question qu'il mette ces horreurs ! Et sous ce terme, il n'y a aucune distinction entre les différentes paires. Il déteste ça. Des engins de torture. Dur de grimper aux arbres avec ça, il court moins vite aussi. En outre, les lointains souvenirs qu'il a de chaussures remontent à l'orphelinat : pas étonnant qu'ils lui laissent un arrière-goût amer, ce n'est pas une période de son existence dans laquelle il a envie de se transporter. John saisit une paire au hasard, l'approche de son nez... et l'envoie valser par-dessus son épaule. Erk ça pue. Il vagabonde tout de même entre les boîtes, essaye une paire de mules, se hausse sur la pointe des pieds pour jeter un coup d'oeil au-dessus de l'empilement fragile et lancer à Amber d'un ton informatif :

« - Ca sert à rien, hein. Je les perds à chaque fois. »

A chaque métamorphose, pouf, la paire de chaussures reste en place. C'est idiot une paire de souliers en plan sur la chaussée. Et comme le temps entre deux apparitions des deux oreilles pointues n'est jamais très long.. Alors qu'il livre l'information – la pauvre, comment le saurait-elle ? - à sa compagne, John s'appuie sans y penser sur les cartons. La pile s'écroule, John avec, la vendeuse hurle, par réflexe John déguerpit – sans perdre ses chaussures pour l'instant – et entraîne Amber.

amby:
New York aurait pu être une ville fort intéressante si elle n'avait pas été peuplée de tant de gens si inhumains. Avec ce qu'il s'est passé ces dernières années, il est évident que des tas de clans se sont formés et je doute fortement de la bonne volonté d'une bonne partie d'entre eux. L'avantage, c'est que chaque bouche d'égout est un moyen de s'éclipser rapidement et les ruelles sont de vrais labyrinthes pouvant semer n'importe qui. Je sais parfaitement qu'il n'est pas rationnel de se plonger dans les profondeurs dans la ville pour échapper au monde réel et j'apprécie de sortir quand j'en ai besoin. Mon angoisse reste tout de même plus puissante. En compagnie de quelqu'un, c'est vrai que je ne ressens pas la même chose. Non pas que je sois confiante, je pense juste qu'on fera moins attention à ma présence. Je regarde mon camarade éphémère et constate à quel point il a l'air d'être à l'aise à l'air libre. Je le trouve assez insouciant au fond, comme si rien ne semblait l'inquiéter tant qu'il ne se passe rien. Comment peut-il être aussi innocent dans un monde si complexe et si dur ? Mes paroles semblent l'avoir questionné et je me demande juste s'il en a saisi le sens. Il effectue la main contre la nuque : est-ce que c'est ça le signe ? Je hausse les sourcils en espérant qu'il est capable de reproduire le geste sous forme animal. Ça ne paraît pas très naturel vu ainsi mais pas question de s’appesantir sur le sujet alors je me contente d'acquiescer gentiment avant de tracer.

Je ne marche pas très vite, je ne compte pas perdre mon compagnon en cours de route mais je ne traîne pas la patte non plus. Cela permet de se fondre plus rapidement dans la masse. Chacun de ces gens dont les bras nous frôlent, dont les épaules s'entrechoquent parfois contre les nôtres, sont tous en train de se hâter. Pour aller travailler sans nul doute mais pourquoi y aller au pas de course ? Est-ce si bien que cela, au point de ne plus se soucier de ce qui les entoure et de marcher tels des automates. Je ne comprends pas tout cela mais c'est vrai que je ne fais pas partie d'eux et je n'ai jamais eu de travail. J'ai étudié un peu mais... je n'ai pas pris la peine de continuer. Je ne me suis pas orientée vers un quelconque domaine, j'ai abandonné les cours. J'ai tout abandonné... Je devrais être un peu triste mais c'est dommage de poser des regrets maintenant : j'ai fait des choix et je ne pourrais pas revenir sur mes décisions. Je n'ai plus d'autres choix que d'assumer et continuer ma route. Passant devant les boutiques, j'entends la voix de l'homme-chat qui surligne le fait que cette perruque ne m'aille pas. Il n'a pas l'air de comprendre la nécessité pour moi de la porter. Je soupire. Il a raison mais comment lui expliquer que je suis vulnérable sans elle. Peu importe. Si cela m'ennuie un peu, lui est embêté par ma petite pique d'après. Ce n'est pas méchant mais il le prend peut-être de travers. Qui sait ? Toujours est-il que j'apprends enfin qu'il se prénomme John. Plutôt basique mais très facile à retenir, ça ne devrait pas me poser de souci. Voilà qui m'évite de l'interpeler, je souris en dévoilant à mon tour mon prénom.

- C'est Amber !

Je n'ai plus l'habitude de l'entendre et le prononcer me paraît tellement étrange. Rien que sa sonorité m’apparaît comme étrangère, comme si je n'étais plus cette fille-ci ou comme si je n'existais plus. Mon prénom me semble tellement absurde. Pourquoi m'avait-on donner ce patronyme ? Je n'ai rien de l'ambre dont je le tire. C'est ridicule et cela ne me va pas. Je continue de marcher. Mon épaule heurte violemment celle d'un homme de stature impressionnante et je sens une douleur se diffuser dans mon bras. Je grimace. Les gens ne font pas du tout attention les uns aux autres, cela me débecte mais il y a une bonne chose en cela. Ils ne remarquent pas les pickpockets. John me fait passer un tube « baume à lèvres ». à quoi va me servir ce truc ? Je n'en ai jamais mis et je le regarde un peu perplexe. Dans ma demeure actuelle, quel intérêt de s'arrêter sur les soins et la beauté ? C'est sans doute passionnant comme activité mais je n'en ai pas le besoin. Néanmoins, je range le tube dans mes affaires. Cela lui fera sans doute plaisir que j'accepte son larcin en lui glissant un « merci » que j'espère convaincant. Je ne sais pas comment il fonctionne et je n'ai pas envie de le froisser.

Le magasin de chaussure que javais repérer était assez grand au final et je regardais avec curiosité les produits disposés. Certaines formes étaient particulièrement originales et certaines avaient des couleurs... mal assorties à mon goût mais quelle importance. Le but était de rendre mon collègue un peu plus présentable, histoire de ne pas être l'objet de toutes les conversations.Lui n'avait pas l'air ravi d'être traîné dans un lieu pareil. Je l'entendis dire non et je le vois essayer de se faire la malle mais il ne se rend pas compte qu'il est bizarre de voir un homme se promener pied nu. Un humain ne le ferait pas et cette attitude le rendait trop suspect. Il devait trouver de quoi se chausser, qu'importe ce qu'il décidait de mettre. Je lui indique sans pitié le rayon pour les hommes et le laisse se débrouiller. Il se comporte tellement étrangement que je sens le regard terriblement outrée de la vendeuse se poser sur lui, s'apprêtant à lui donner une bonne leçon de savoir-vivre. Il n'a l'air d'avoir rien remarqué mais je sens le bouillonnement croissant de la commerçante qui s'approche d'un pas vif et avant qu'elle n'ai le temps d'attraper l'incorrigible maladroit, le voilà par terre entouré de boîte de chaussures éparpillées. Excédée, la gérante se met à lui hurler dessus et j'essaie de m'excuser, prétextant que mon grand frère a un retard psychiatrique mais j'ai à peine le temps de finir mes foireuses explications que je me sens de nouveau tirée par le bras. Je pousse un petit cri de surprise et je sens mon souffle se couper tandis que nous franchissons le seuil. J'entends la femme scander des « aux voleurs », « bandes de vandales » et d'autres phrases beaucoup moins jolies et je me mets à courir avec John pour semer nos traces. Quand nous sommes suffisamment loin, je demande une pause. J'ai besoin de reprendre mon souffle, je ne suis pas une coureuse de compétition. Loin de là. Je respire fort, pliée en deux par l'effort et j'aperçois les mules de ce voleur de chat. C'est plus fort que moi et je me mets à rire. Un vrai rire comme je n'en avais pas connu depuis tellement longtemps. Oui depuis des années à vrai dire. Je ne me suis plus autorisée à rire il y a quelques temps : tout n'a été que de faux-semblants. Des mascarades, des façades. Les rares personnes que j'ai croisées n'ont vu qu'une fillette faisant de pitoyables sourires. Le terme fillette... oui, cela me correspond bien aussi : je n'ai rien d'une femme car je n'ai pas évoluée depuis ma fuite. Une gamine effarouchée dans un corps de jeune femme.

- Bien joué ! Tu as semé la pagaille et pas sûr que ce soit volontaire. Ça ira pour les chaussures, tu peux les supporter un peu ?

Je souris avec douceur et ma respiration se fait peu à peu normale. Je regarde autour de moi, je pense qu'il n'est pas compliqué de rejoindre les grandes rues. Je tâte ma perruque, en espérant qu'elle soit toujours bien droite sur ma tête mais difficile de savoir sans surface où refléter son visage. Tant pis, je vais compter sur la chance. Jusqu'à maintenant, on s'en sort plutôt bien. Le but, c'est d'éviter la police donc ne pas retourner du côté du magasin. J'aurais de sacré ennuis si je devais me retrouver dans un commissariat alors autant faire retomber cette folle échappée. Un moment de calme. Je regarde les sous que j'ai pu récolté. Il y a suffisamment pour acheter de la nourriture et également aller boire un verre mais j'ai un doute sur le fait qu'il boive. De l'alcool pour un chat ? Un soda ? Dites-moi pas qu'il ne boit que du lait... Non, il mange bien des chips. Bon sang, c'est aussi un humain mais il paraît tellement chat. Finalement, je décide qu'il est chat. Sinon je ne pourrais pas me comporter actuellement comme je le fais. Les hommes me font trop peur pour que je leur donne suffisamment de confiance. Alors que lui, il n'a pas la même conception des choses. Il ne se comporte pas comme un humain. C'en est presque apaisant. Je lui prends la main, comme à un ami, et je l'emmène derrière moi, en direction d'un bar. Oui je le force à me suivre là-bas. J'ai vraiment besoin d'un verre et puis il y a toujours des tas d'hommes ivres dont le porte-monnaie vomit des sous en continu. Je franchis la route en marmonnant des airs imaginés et j'avoue avoir temporairement oublié ma peur. On arrive devant une sorte de pub et je regarde mon camarade d'un air soucieux. Je me décide à lui demander.

- Heu, John... ça ne te dérange pas si je vais boire un verre.On reste pas longtemps, promis après on se trouve un poisson ou un truc à manger. Tu bois quoi toi ?

J'entre en le tirant toujours à ma suite. Je commande un verre de whisky, recevant un regard mauvais du barman qui me serre à contrecœur. Il n'y a aucune femme dans ce bar apparemment et je ne suis pas la bienvenue mais cela ne me pose aucunement problème. Je ne leur prête pas la moindre attention et je demande à John ce qu'il souhaite. Finalement, j'en viens à penser : pourvu qu'il se comporte normalement. Une réponse pas trop animal quoi. Quoique les animaux ici, ce sont surtout les autres hommes. L'un d'eux vient tout juste d'estimer qu'il était mon meilleur pote et pouvait se permettre de poser son bras autour de mon épaule. Je me raidis, haïssant ce contact qui ne me rappelle que de trop mauvais souvenir. Je me sens pâlir. Je préfère ignorer sa présence et regarder en direction de John. Le barman me jette un œil et lève les yeux au ciel, puis s'attarde sur mon ami, le dévisageant avec impolitesse presque exaspérante. Il lui tonne avec rudesse un « tu commandes quoi mon gars, faut te décider ! » et je sens une pointe d'agacement non dissimulée dans sa voix. Il ne peut pas être directement méchant mais toute sa colère est interne. Quel type odieux, je ne reviendrais jamais ici. Je compte me lever mais le poids du type à côté m'en empêche et il n'arrête pas de me susurrer à l'oreille, des choses auxquelles je ne porte pas la moindre importance jusqu'à ce qu'il ose me toucher les cheveux. Je me tourne vers lui et son haleine fétide me heurte de plein fouet. Il s'accroche à moi et je tiens mon verre de whisky si fort que je vais finir par lui éclater sur la tête. Je ne dois pas mais ce contact me fait peur et si il me tient encore d'ici cinq minutes, je ne réponds de rien.

- Partons... Toi, lâche-moi gentiment si tu ne veux pas d'ennuis. Désolée, John, je t'ai entraînée dans un lieu vraiment trop bizarre. Je ne pensais pas...

Je ne pensais pas... Je ne pensais pas que le barman s'en mêlerait et agripperait John par le bras avec une poigne impressionnante.

john:
Une fuite éperdue après avoir chapardé quelque chose. Un scénario connu et répété dans la vie de John. Toute sa vie a été une longue série de fuites et de courses-poursuites de toute façon : fuite de l'orphelinat, fuite de l'asile, fuite de prison, fuite de la réalité. Alors il court. Il pousse des ailes à John dans ces cas là, et surtout un grand sourire. Son sourire de Cheshire, un sourire qui va d'une oreille à l'autre. Il peut-être fou à lier ( sûrement ) mais il adore ses moments là. Chaque foulée le rapproche de la liberté à laquelle il tient tant, l'éloigne du sens des réalités et des responsabilités. Il adore ça.

Pourtant, à un moment ou à un autre, il faut bien ralentir la foulée, même les chats ayant besoin de respirer de temps à autre ( avoir neuf vies et la capacité de (presque) toujours retomber sur ses pattes ne veut pas dire qu'on est super-fort, super-résistant, super-rapide et qu'on respirer sous l'eau. Plutôt le contraire, en vérité. Essoufflé, John finit par s'arrêter aux côtés d'Amber. Courir avec des mules aux pieds est un sport à part entière, et puisque marcher avec des mules représente déjà un miracle et un sacrifice majeurs dans le cas du mutant, il faut noter qu'un miracle a donc eu lieu car non seulement il ne s'est pas ramassé sur le bitume, mais en plus, il a toujours les mules aux pieds. Halleluya, écrivez donc une lettre de remerciement à votre dieu préféré.

En tous cas, John est fier de lui. Il adresse un sourire resplendissant à la fille à la perruque... jusqu'à ce que celle-ci éclate de rire. Oui, oui l'adrénaline, les endorphines, tout ça, ça peut faire cet effet là. Paraît-il. Pas trop le domaine de compétences du chat, voyez-vous. Il ne pige donc pas grand chose à la situation, mais il est d'humeur joyeuse et aurait plutôt envie de rire lui aussi, alors aucun problème ; si son regard est perplexe, son sourire lui ne s'embarrasse d'aucun détails et s'agrandit encore un peu. Elle est marrante cette fille, il l'aime bien. « - Bien joué ! Tu as semé la pagaille et pas sûr que ce soit volontaire. Ça ira pour les chaussures, tu peux les supporter un peu ? » John passe une main dans ses cheveux en broussaille, et hausse les épaules, l'air de rien. Même s'il est content.

« -C'est un don naturel. » Le pire, c'est que c'est vrai. La pagaille le suit où qu'il aille alors que l'homme a toujours les meilleures intentions du monde. Quant aux chaussures...John fait la grimace, se dandine d'un pieds sur l'autre. Ca gratte déjà. Mais il a aucune pire, ce n'est rien à côté des chaussures de cuir qui couinent que Victoire lui avait fait enfilé pour l'enterrement de sa tante. Le tout sera juste de ne pas les perdre. «- Je peux essayer. »

En attendant, ils sont en plein milieu d'une rue, à discuter contre deux individus parfaitement normaux, comme deux amis. Normaux, ils ne le sont carrément pas ( surtout que pour une raison inexplicable, les gens normaux ont tendance à ne pas apprécier le chat ), mais amis... Bon, on va pas s'avancer, mais c'est déjà mieux que les cris de terreur en plein milieu des égouts. Amber lui prends la main et John se laisse entraîner tout en l'observant du coin de l'oeil : fini la jeune femme tremblante des égouts, laissez place à une Amber joyeuse qui chantonne ! John fredonne en coeur avec elle, sans vraiment se soucier de leur destination jusqu'à ce qu'ils entrent dans un bar. La puanteur du lieu lui heurte aussi les narines et il fronce le nez avec scepticisme. Que foutent-ils là ?« - Heu, John... ça ne te dérange pas si je vais boire un verre. On reste pas longtemps, promis après on se trouve un poisson ou un truc à manger. Tu bois quoi toi ? »

«- … D'accord. »

En soi, cela ne le dérange pas. Aller boire un verre... Il lui est déjà arrivé de le faire avec quelques uns de ses collègues, et jusqu'au moment où ils roulent sous la table complètement ivres, c'est plutôt sympa. John travaille dans un bar de strip-tease, il a déjà vu passer devant ses moustaches tous les alcools et cocktails inimaginables. Et leurs effets aussi. Une puanteur exécrable, une haleine fétide, des rires trop faux, des clients gentils qui deviennent violents ou désagréables. Il n'aime pas ça.

Même au club, où les autres employés se servent allègrement dans les réserves d'alcool, on a pris l'habitude de lui donner du lait. Parfois les clients sont surpris de voir du lait dans leur frigo, mais ils sont entre mutants, et personne ne cherche des noises à personne sur ses petites particularités.
John oublie cependant de répondre à la seconde question – mal lui en prends comme le futur va le montrer – trop distrait par son nouvel environnement et par le sale type qui mets son bras autour des épaules d'Amber. Rien qu'à voir ça, John trouve son propre espace personnel agressé. Oh, il adore le contact physique, les câlins, les papouilles etc..mais pas par ce genre de personnes. Il serait plutôt du genre à fuir en courant, toutes griffes dehors. Du coup, John n'est pas concentré sur la situation présente, et sursaute violemment lorsque le barman reprends la parole : « tu commandes quoi mon gars, faut te décider ! » C'est pour lui ? On lui parle ? Les yeux de John s'écarquillent, surpris. On l'appelle rarement mon gars. Sa réaction n'aide pas, surtout pas face à une brute comme le barman. Dans quel traquenard Amber l'a-t-elle emmené ? « - Partons... Toi, lâche-moi gentiment si tu ne veux pas d'ennuis. Désolée, John, je t'ai entraînée dans un lieu vraiment trop bizarre. Je ne pensais pas... » Tout à fait d'accord. Foutons le camp et plus vite que ça. Pourquoi John tombait-il toujours sur des lieux louches comme ça ? C'était son minois de chat qui attirait les ennuis où quoi ?

John hochait déjà la tête, ouvrant la bouche pour répondre et encourager le départ soudain, rapide et hautement nécessaire, quand soudain le barman agrippa son bras par-dessus le comptoir. Pourquoi ? En quoi malmener les gens les faisait choisir plus vite, hein ? Non, cherche pas John, tu ne pourras jamais comprendre ce genre d'individus. Juste les subir. Sans même réfléchir, il poussa un miaulement perçant. Lâche-moi grosse brute puante. John n'est pas un type violent, pas du tout. La fuite, les cachettes, c'est son truc . Se foutre sous un lit quand on passe l'aspi, ça lui convient très bien.

Mais ce n'est pas parce qu'on a pas l'intention de faire mal qu'on ne fait pas mal de temps en temps : instinctivement John attrape le poignet du barman de son autre main et, ce faisant, planta profondément ses griffes dans la chair fraîche. Simultanément, John crache au visage de puant avec toute l'adresse d'un chat attaqué. Causes, conséquence : le barman pousse un cri de fillette et lâche John précipitamment. Celui-ci pense à ôter sa main et ses griffes qu'avec un temps de retard: un instant, il reste accrocher au poignet, comme s'il essayait de le retenir, marquant toute la longueur de la main de griffures profondes.

«-... Amber... »

Souffle John. Pas besoin d'un sixième sens de chat pour sentir que ce n'est pas bon, que les autres hommes ne vont pas aimer de voir le barman se faire ainsi malmener par le gringalet bizarre. Il rapatrie précipitamment sa patte vers lui et la plaque contre son buste. A part leur balancer ses mules au visage, il n'a pas d'autres idées de secours. A part se transformer en chat et se cacher sous le haut d'Amber peut-être ? Ou courir . Courir c'est bien aussi, non ? Il se tourne vers la jeune femme pour lui proposer ce plan, qui lui semble merveilleux, quand se rappelle à son bon souvenir l'homme qui avait décidé d'enlacer Amber d'une manière dégoutante. Oops. Comment on fait ? Il ne va quand même lui balancer pour de bon sa mule à la tête ? Déjà, il risquerait de frapper Amber. Espérons qu'elle sait se débrouiller ?

«- Partons, s'il te plaît ! »

amby:
La pression accumulée durant toutes ces années durant lesquelles je m'étais cachée, s'évanouit soudainement d'un bloc sous la forme d'un rire spontané. Au début un peu toussotant, plus clair en suite, après avoir repris une respiration normale. Je ris parce que je ne suis qu'une idiote qui se planque pitoyablement dans les égouts, trop peureuse pour assumer au grand jour qui je suis vraiment. Je ris parce que je n'aurais pas cru que cela puisse être si amusant, parce que cela me rappelle mon adolescence dans ses bons et mauvais côtés. Je ris parce qu'au fond de lui, John est un chat et qu'il se comporte vraiment comme tel. Je ris parce que je suis heureuse et que je ne l'ai pas été depuis bien longtemps. Lui, à mes côtés,ça le fait sourire et je le soupçonne même d'être relativement content de ses frasques. Sa façon de se tenir, de commenter ce qu'il vient de se passer ne fait qu'accentuer cette sensation. Il a l'air d'être vraiment sincère dans ce qu'il dit et e préfère prendre cela à la légère. Je balaye l'espace devant moi du plat de la main et, avec une mimique à demi-amusée, je me décide à lui répondre. Peut-être ne saisira-t-il pas que ce n'est qu'une boutade mais tant peu importe. Mon sourire devrait lui faire comprendre que je ne suis pas sérieuse et donc que ce n'est pas méchant. Du moins, je l'espère.

- Ne t'en vantes pas pour autant !

Pour les chaussures, je compatis. Je comprends qu'il fait un énorme effort en les portant mais il faut bien qu'il comprenne qu'un adulte sans chaussures, ça ne passe pas inaperçu mais bon... ce souci est désormais réglé et j'essaie de lui faire gentiment passer un sentiment d'empathie avant de finalement le traîner vers le bar. Le pauvre n'a sans doute pas osé me dire non et je n'en fais qu'à ma tête. Il me suit docilement mais à peine assise, je constate son malaise. Il est tellement dépassé par les lieux et surtout l'ambiance, qu'il ne réagit même pas quand je lui demande ce qu'il compte commander. Il réfléchit peut-être et je préfère le laisser se poser tranquillement. Il commandera quand il le voudra alors que j'ai déjà choisi un whisky. Comme je ne connaissais pas cet endroit, je ne m'étais pas méfiée mais il était clair que je devais des excuses à mon camarade qui semble tout à fait partant pour partir sans demander son reste mais il n'a pas le temps de me dire un mot qu'il est saisit par le barman, très mécontent d'avoir été ignoré. Mais comment ose-t-il se comporter de la sorte avec ses clients ? Je suis sidérée et je me surprends à gronder un juron étouffé au même instant par le miaulement surpris de John. Pas très normal comme réaction mais quel intérêt désormais. Si j'avais voulu éviter les dégâts ou les ennuis... tout était fichu. Je compte me précipiter pour aider mon ami mais j'avais oublié l'homme qui me collait avec une insistance terrible. Je sens mon épaule souffrir sous le poids de cet homme, il faut que je m'en débarrasse pour aider l'homme-chat. S'il lui arrive un malheur, ce sera de ma faute uniquement. Soudain j'entends un hurlement, mon cœur s'arrête deux secondes avant de réaliser qu'il s'agit de celui du barman. J'aperçois ses poignets gravés de traces rouges dans la longueur. Aussitôt, je réalise que nous devons vite fuir avant que cet homme n'appelle la police et sans réfléchir plus avant ma main vient frapper le haut du crâne du pot de colle. Mon verre s'éclate violemment et je sens son affaiblissement comme le signe de mon départ et cours vers la sortie avec John. Je m'éloigne le plus possible, fais en sorte d'abandonner ma perruque dans une poubelle et me tourne John. Je lui hurle :

- C'est le moment de te changer en chat ! La police cherchera une jeune femme aux cheveux courts et clairs ainsi qu'un homme assez grand. Ils ne s'arrêteront pas devant nous au premier regard.

Je passe près d'un étal, nous sommes entourés de petits commerces mais il n'y a pas énormément de mondes, contrairement à toute à l'heure. Il suffit de rejoindre la rue principale, on s'éloigne du carnage et j'irais prendre des fruits et du poisson avec les sous que j'ai dérobé précédemment. Ce sera ma façon de m'excuser et ensuite, nos chemins se sépareront. Je retournerais dans mes ténèbres anonymes et il ira courir après d'autres rats, je suppose. La journée aura été intense et au fond, pleines de bonnes surprises. Je me tourne vers John, espérant le voir sous forme de chat.

john:
Les humains sont tous fous. John connaît bien les milieux des bars et assimilés : c'est là dedans qu'il travaille. Mais alors qu'on lui rabâche à longueur de soirée de faire attention à ce qu'il fait, que le client est roi et qu'il ne faut surtout pas le fâcher...maintenant qu'il est, pour une fois, dans la posture du client, voilà qu'on l'agresse ! Oh, elle est bien belle la règle d'obéir pourvu qu'on paye et de pas griffer, ni mordre, ni rien de rigolo ( en tous cas, tant que le client ne le demande pas expressement ) mais elle n'est que pour lui ou quoi ? C'est le monde à l'envers : le barman attrape le bras de John et le malmène. Action-réaction : Le chat contre-attaque et se défends, il y a des limites à la gentillesse naturelle de son caractère.

Ooops. Il voulait pas faire ça. Enfin, si il a totalement voulu faire ça et ne le regrette pas le moins du monde, mais oops tout de même : lorsqu'on plante ses griffes dans un avant-bras, la réaction qui ne manque jamais d'avoir lieu c'est une tape sur la tête : John rentre la tête dans les épaules, tout en fusillant l'homme du regard, prêt à lui cracher tout ce qu'il faudra à la figure, le poil hérissé. Mais rien ne vient, en dehors du hurlement de douleur de l'homme – je suis la cause de ça, moi ?découvre John perplexe au possible - et par un bruit de verre qui se brise. Qui s'éclate sur un crâne très exactement. Le mutant observe avec des grands yeux Amber briser avec sang froid son verre sur le crâne de l'homme qui la tenait. Bravo, joli, il l'applaudirait s'il n'était pas en train de suivre le plan de base , c'est à dire courir.

« - C'est le moment de te changer en chat ! La police cherchera une jeune femme aux cheveux courts et clairs ainsi qu'un homme assez grand. Ils ne s'arrêteront pas devant nous au premier regard. » Tout ces changements d'apparence donnent mal au crâne à John et lui embrouillent un esprit déjà naturellement confus. Amber brune, Amber blonde, Amber ou pas Amber, combien d'Amber, qui est Amber ? Le hurlement de la jeune femme l'empêche de dérailler complètement, et il la suit en courant à la place d'ouvrir la bouche bêtement. La police. Non, pas la police ! Le rythme cardiaque du chat grimpe en flèche, rien qu'à l'idée, rien qu'au souvenir de leurs cellules crasseuses et puantes et à la faune qui y loge le plus souvent : entre John et certains humains, le plus animal et bestial n'est pas toujours celui qu'on croit à première vue.

Plus facile à dire qu'à faire : John ne se contrôle pas, c'est à peine s'il perçoit une différence. Mais des situations comme ça, il en a connu des dizaines ( si on veut être honnête : une dizaine par semaine ou alentours ) et son organisme a bien compris quelle était la meilleure solution pour éviter d'utiliser inutilement vies et auto-guérison : à quatre pattes et que ça saute ! On dit que les chats ont un sixième sens, mais il faudrait dans le cas de John en ajouter un septième, particulièrement développé d'instinct de survie. Sauve qui peut, filons la queue entre les pattes.

John ne contrôle peut-être pas ses métamorphoses, mais l'adrénaline et la peur qui circulent soudain dans ses veines le propulsent automatiquement sous sa peau de chat. Le grand jeune homme brun et déglingué court à toutes jambes et lorsque ses pieds nus – les mules sont restées seules au bar à boire un verre – touchent le sol c'est soudain quatre pattes de velours qui foulent le pavé. Il court tout aussi vite sous cette forme et poursuit Amber jusque dans une rue adjacente, puis une autre. Il la suit avec confiance, sans trop se poser de question : elle sait où elle va, il a déjà eu l'occasion de le constater, et elle est du genre à miser sur la sécurité avant tout. Cela va parfaitement au mutant.

Lorsqu'elle commence à ralentir le rythme, il saute agilement sur l'épaule de sa compagne. Le mutant n'est pas doté du don de la parole, mais il ronronne cependant : un ronronnement qui calme la peur après tant d'émotions – dans le même temps, il entreprends une toilette en équilibre instable histoire d'ôter le sang du barman de ses coussinets – et un ronronnement de joie – c'était rigolo tout cela, c'était une bonne journée, riche en émotions. Et puis, il s'est fait une nouvelle amie, non ? Une sirène de police lui font dresser les oreilles, mais ce n'est que parce que son ouïe est sur-développée : les flics sont bien là, mais au bar, loin d'eux. De toute façon, rien que pour faire une inspection sanitaire là dedans, ça va leur prendre trois jours.

amby:
Je sais bien que ma façon de me comporter n'a rien de raisonnable et qu'il est cruel d'y impliquer quelqu'un dont la conscience semble souvent dévié par des instincts d'animaux mais j'avais complètement oublié combien j'aimais l'adrénaline que pouvait me procurer les vols que je commettais avec ma bandes dans ma jeunesse. En fait, je n'étais pas du tout la « Amber » que j'étais auparavant. Désormais, j'avais des limites et ma sociabilité était inférieure à la plupart des êtres humains. John courrait derrière moi et je commençais à me dire que c'était peu être un peu trop pour un chat qui m'avait juste piqué un paquet de chips. Il fallait qu'il tienne la cadence et en plus, je lui demandais de se métamorphose. Pourvu qu'il n'est pas besoin d'une concentration extrême où cela risquait de devenir complexe. J'envisageais de m'arrêter, de freiner un peu mais un animal est plus rapide qu'un humain en général. Voilà que mes inquiétudes s'amoindrissent quand je me rends compte que c'est désormais une boule de poil qui talonne mes pas. Je suis soulagée même si je ne sais pas si nous sommes tirés d'affaires. Quoiqu'il en soit, je commence à assagir ma course et à peine, ai-je repris une marche rapide que John se permet de sauter sur mon épaule. Sur le moment, ne m'y attendant pas, je sursaute légèrement mais son ronronnement compense la surprise et je me prends à caresser sa tête gentiment. C'est fou comme il faut que ce type est confiance pour oser faire sa toilette alors qu'il est en position précaire. Et puis, il doit aussi avoir un minimum d'assurance en ma personne pour cela. Je ne sais pas comment il fait mais je suppose que c'est plutôt de l'insouciance. Je le sens tendre sa vigilance un instant – aurait-il repéré un danger?- puis plus rien. Je relâche la pression. Nous sommes arrivés : là où je le souhaitais et marchant tranquillement il est facile de se mêler à la foule de gens. Je me déplace paisiblement, forçant mon souffle à redevenir le plus régulier possible. Tout est fini, nous sommes en sécurité. Je souris paisiblement, pleine d'une allégresse rare.

Au coin de la rue se tient une petite échoppe et c'est là que je désire me rendre. J'ai l'intention de réparer mes erreurs mais surtout de tenir ma promesse. Je m'apprête à entrer dans le magasin d'un pas décider quand je fais demi-tour. Je ne peux pas pénétrer dans une poissonnerie avec un chat sr mon épaule et en même temps, il est inenvisageable que je le laisse seul dehors. Même s'il vivait sans doute comme un vagabond, on ne sait jamais. J'ouvris mon sac, pris les sous que j'avais allégrement récupéré et fis signe à John de se cacher là dedans, en espérant qu'il n'y soit pas réticent. De toutes les manières, soit il obtempérait, soit pas de poissons. Je l'avais décidé ainsi, disons que j'avais même envisager de l'attraper par la peau du cou pour le déposer dans le sac moi-même.

L'odeur de fruits de mer, d'iode et de divers produits de la mer me sembla une torture soudaine mais fronçant le nez, je m'avançais vers l'étal. Les prix n'était pas donnés mais bon, j'avais bien récolté ce jour-ci alors je commandais du saumon. Ça devait être très bon, enfin sans doute. Je n'avais que rarement mangé de la poiscaille et j'en gardais pas le meilleur des souvenirs. Disons que la cuisine, c'était souvent steak haché et pommes de terres. Des repas pas très variés et de nos jours, ça ne s'était pas amélioré pour moi. Je ressortis avec mon achat et ouvrit précipitamment le sac pour vérifier que le chat aille bien. Je lui tendis le poisson avec un grand sourire.

- Tiens tu l'as bien mérité ! Je suis désolée si tu as eu la frousse de ta vie tout à l'heure, je ne pensais pas te créer tant d'ennuis. En tout cas, je suis contente de t'avoir croiser John ! Je te laisse vaquer à tes occupations maintenant, je dois retourner dans mes égouts. T'es le bienvenu bien sur.

Je posais ma main sur son dos que je grattais. Il allait me manquer finalement cet homme-chat.

john:
John est content. Contre toute attente et tout sens logique – voire tout instinct de conservation – John est content. Dans les faits, cette journée a été une horreur à pattes : courses-poursuites, vols, agression, fuite, et il a toujours un petit creux. Terrible, vraiment terrible. Mais en réalité, alors qu'il est juché en équilibre instable sur l'épaule d'Amber, il est content et s'astique les pattes avec un enthousiasme débordant. Pas d'inquiétude, un chat ça retombe toujours ( souvent ) - parfois – sur ses pattes, et Amber le câline. La vie est belle, et ses pattes sont sales du sang de l'humain puant : au boulot.

Bandit venait de reposer ses deux pattes propres comme des sous neufs sur l'épaule de la jeune femme quand elle ouvre son sac... en le regardant d'un air significatif. .. Elle veut quoi là ? John dresse les oreilles, la regarde elle, puis le sac...Oh. Nooooon, pas le sac. C'est nul le sac, ça sert à étouffer ou à noyer les petits chatons Mais pas la peine d'être télépathe pour lire dans le regard d'Amber : il a intérêt à rentrer là dedans vissa s'il veut pas y être mis de force. Et être saisi par la peau du cou, ça fait un mal de chien, surtout quand on est un matou assez lourd, alors il se glisse dans le sac où il se roule en boule. Pas sans lui lancer un regard qui sous-entend clairement mais de manière féline qu'il n'est pas du tout en faveur de ce plan.

Le noir. Il est dans le noir, assis sur des trucs qui lui piquent les fesses, ça sent le renfermé, et... ah tiens, ça sent le poisson, le saumon même. John s'agite dans le sac, parfaitement enthousiaste et de bonne humeur quand cette odeur lui vient aux narines. Pourquoi est-il enfermé dans ce fichu sac, séparé de ce merveilleux poisson qu'il sent si près ? Aaaaah lumière, poisson, Amber !

Il sort d'un bond sac pour saisir le poisson entre ses pattes. Du saumon. Du saumooooooon c'est délicieux le saumon et ses moustaches frétillent par anticipation. « - Tiens tu l'as bien mérité ! Je suis désolée si tu as eu la frousse de ta vie tout à l'heure, je ne pensais pas te créer tant d'ennuis. En tout cas, je suis contente de t'avoir croiser John ! Je te laisse vaquer à tes occupations maintenant, je dois retourner dans mes égouts. T'es le bienvenu bien sur. » Parler à un chat qui a un saumon sous le nez, c'est comme parler à un sourd. Cause toujours, tu m'intéresses, même si habituellement, je t'aime bien. Il ronronne à qui mieux mieux, ravi de l'aubaine. Bandit fait le dos rond pour mieux profiter des caresses quand la jeune femme lui gratte le dos. Paradis sur terre, mettez le temps en pause, s'il vous plaiiiit.

Par contre, lorsqu'elle s'en va pour regagner son monde souterrain, il ne bouge pas d'un pouce, trop occupé par son repas. Les égouts, c'est chouette pour jouer, mais pas plus, et John se sent plutôt d'humeur à aller faire un somme sur un canapé confortable. Bien sûr, quand il va lever le crâne et voir que l'humaine a disparu, il sera triste, mais il ne reste rarement fixé très longtemps sur le même sentiment. Et puis, il sait où la trouver, n'est-ce pas ?
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Re: Amber Willson _ ME REBORN

Message par Rosanna Tennant le Dim 27 Nov - 0:06

LET BYGONES BE BYGONES

Spoiler:
Flashback

Je m'étais assise entre Peter et James, une bière à la main, pelotonnée dans la veste de Jeff. J'étais la seule fille de la bande, la seule qu'ils acceptaient comme une petite sœur. Ma mère m'avait plusieurs fois mise en garde contre le fait de traîner uniquement avec des garçons mais ils étaient les seules personnes avec qui je me sentais libre. Libre de faire les 400 coups, de courir les rues. Nos pas rythmés par ceux des autres, nos souffles coordonnés et notre peur exaltante à son maximum. Le monde semblait nous appartenir, comme si nous étions de mini-rois, obtenant tout ce que nous voulions sans jamais demander à personne. La justice ne nous faisait pas peur, au contraire, nous jouions avec elle, considérant qu'elle ne pourrait pas nous poser de limite. Je ne me suis jamais dit qu'un jour, nos larcins ne nous apporteraient plus rien de bon et qu'il faudrait vivre tel une adulte. Non, le futur ne me parlait pas : je ne percevais que le présent. Posée sur le sable, j'observais mes camarades et la lueur des flammes d'un feu de camp danser fébrilement dans leurs yeux, nous venions de lier nos destins et le célébrions comme il se devait. Peter avait amené sa guitare, du moins celle qu'il s'était accaparé et commença à jouer quelques morceaux connus qui nous firent sourire en ce vendredi soir. Je posais ma tête contre James et il posa son bras sur mes épaules. Je ne sortais pas avec lui mais nous étions assez proche pour que je me comporte ainsi. Ils étaient des grands frères pour moi. Seul Matthias était différent : sans doute parce qu'il était le chef de notre petite bande de délinquants et qu'il possédait un charisme auquel il était difficile de résister. Je ne pouvais pas prétendre être insensible à son charme et nous flirtions ensemble, juste pour rire au début. Quoique nous nous étions beaucoup rapproché dernièrement. Je pouvais presque considérer que nous sortions ensemble. Cette idée me faisait sourire et je bus une gorgée pour le cacher, je devais garder cela pour moi. Tandis que je me réchauffais peu peu, je commençais à chantonner. Le feu crépitait comme pour accompagner le grattement des cordes de la guitare et le son délicat de ma voix encore enfantine. Des claquements de mains s'ajoutèrent bien et je finis par me lever et danser autour des flammes avec joie. Des soirées comme cela me faisaient oublier ma maison et ma mère. Je l'aimais mais je ne la comprenais pas et elle ne me comprenait pas non plus. Nous étions deux étrangères l'une pour l'autre. Bientôt une main m’agrippa par le poignet assez brusquement, j’atterris sur les genoux de Matt' qui ébouriffa sans vergogne ma chevelure brune en m'appelant « petit feu follet ». Il rit et je souris.

- Et si on allait faire un tour en discothèque ce soir, ça nous changerait un peu, ça vous dit les gars ?
- Mais Matt, personne  ne nous laissera entrer avec la dégaine qu'on se coltine !

Il tapota mon crâne comme pour me faire comprendre à quel point je n'étais qu'une gamine naïve et me fit signe de me lever. Je me redressais un peu interloquée, convaincue que nous ne parviendrions pas à entrer en boîte quand bien même ce serait par infraction et puis, minuit allait bientôt sonner et ma mère devait être morte d'inquiétude. Elle allait encore me faire la morale demain et cela m'énervait. Je soupirais mais décidais de passer la soirée avec mes amis. Pas question de gâcher notre soirée pour elle. Elle me pourrissait vraiment la vie. Je faisais ce que je voulais et qu'importe ses jérémiades, ses pleurnicheries. J'attendis de voir ce que notre leader allait nous proposer comme solution, cette fois-ci et la réponse ne tarda pas et fut une réelle surprise pour moi. Après tout, je ne savais pas tant de choses que cela de la vie de mes camarades. On partageait nos exploits avec une grande fierté, on discutait de la société et de ses défauts mais nous ne parlions que rarement de nos familles. Même moi, je n'évoquais pas souvent mon ressenti avec ma mère, ça ne servait à rien de se plaindre de nos conditions de vie, il y avait déjà suffisamment de sujets différents à aborder. Parfois par contre, nous nous amusions à évoquer des rêves, tous plus irréalisables que les autres. Voilà pourquoi, je ne m'attendais pas à ce qu'il nous dit à l'instant.

- Mon grand-frère travaille dans une discothèque en fait, je pensais en profiter pour qu'on aille s'éclater un peu. Je suis sûr qu'on nous laissera rentrer.

Fin du Flashback
______________________________________________________________

Je me souviens encore parfaitement de cette nuit où j'ai mis, pour la toute première fois, les pieds dans une discothèque, accompagnée de mes quatre « grands-frères ». Cela me faisait frissonner de repenser ainsi à mon passé. À l'époque, je les avais suivi avec une assurance qui ne m'est plus autant familière, je m'étais agrippée au bras de Matt comme si ma vie en dépendait et nous avions dansé comme de petits diables déchaînés. Aujourd'hui si j'étais dans un lieu semblable, j'aurais passé ma soirée à boire un peu plus et la danse m'aurait vite rendue paranoïaque à l'idée qu'un homme puisse m'approcher de trop près même si je mourais d'envie de me lâcher comme avant. Je ne me serais pas soucier qu'on m'accoste et de toute façon, les garçons n'auraient laissés personne m'embêter quitte à déclencher une bagarre. Je ne peux pas dire que ces soirs-ci nous ayons rencontré le frère de Matthias car il semblait garder ses distances. Je l'ai juste aperçu de loin et de là, j'en avais déduit qu'il ressemblait assez à son petit frère sans en être vraiment sûre. Je pense que notre « chef » l'appréciait beaucoup mais j'avais bien compris qu'il ne vivait plus avec eux, sans qu'il ne nous dise qu'elle en était la raison. Plus tard, 'quand je me suis vraiment acoquiné de Matt, que j'ai commencé à squatter chez mes compagnons, je me suis dit que sa famille devait être assez spéciale. Lui l'était. Parfois, il s'emportait sans raison et gare à quiconque osait essayer d'apaiser sa colère. Je me souviens avoir reçu une gifle si forte que j'en avais gardé la trace pendant deux jours. Jeff lui avait passé un sacré savon ce jour là mais stupidement, j'avais pardonné. Pourquoi ? Parce que je l'aimais et que l'amour est cruellement aveugle et naïf. C'était de ma faute s'il s'était énervé et je méritais cette remontrance. Voilà les remarques débiles que je m’exhortais à penser. Jeff avait insisté pour qu'on s'en aille, il avait voulu apaiser ma joue et faire tout ce qu'il pouvait pour soulager mes larmes. Je crois qu'il était le plus mâture d'entre nous et je me demande ce qui a fait qu'il est resté parmi nous, ces gamins insouciants qu'ils côtoyaient. Je ne lui ai jamais posé la question mais il avait été mon meilleur atout dans notre troupe : chaque fois que nous partions effectuer un vol pour quelqu'un, il faisait de son mieux pour que je ne sois pas lésée. Il m'avait appris à me défendre contre les attaques de bases et alors que la police avait réussi à arrêter mes camarades une fois, il m'avait fait sortir avant. J'aurais tout de même du être stoppé cette fois, car un policier m'avait vu partir. Je ne sais pas ce qui s'est passé à ce moment là et comment cela est possible. Il existe parfois des mystères.

Aujourd'hui, j'avais du sortir comme quotidiennement mais sans avoir autant de chances que d'habitudes. La pêche n'avait pas été bonne et je commençais à avoir faim. J'avais repéré un homme de loin et contrairement à mes habitudes, je n'avais pas pris le temps d'étudier la situation. Alors que ma main plongeait dans sa poche, je sentis mon corps s'immobiliser. Je vis ma cible de près. À la simple vue de cet homme les bribes de mon passé m'était revenues. Il était assez grand, brun et son style vestimentaire était un brun douteux pour un adulte mais ce qui me choquait le plus c'était cet air malicieux qu'il avait. On aurait dit les mêmes expressions que Matt avait avant qu'il ne soit plongé dans le coma. Cet événement était de ma faute, bien entendu mais je ne regrettais pas mon geste, qui m'avait sans doute épargné bien des souffrances. Je ne savais pas si mon ex était finalement sorti de sa torpeur et si tel était le cas, ma vie serait en danger. Actuellement ça ne pouvait être lui car il aurait fallu qu'il ai le même âge que moi. Ce qui ne semblait pas être le cas mais alors... Mon souffle se coupa : Impossible ! Une frayeur brutale m'envahit et je crus m'étouffer de crainte. Je devais me faire des films, ce n'était qu'une coïncidence. De toute façon même s'il s'agissait du frère de mon ex, il ne devait pas me connaître. Comment l'aurait-il pu ? Il n'est jamais venu nous saluer quand nous passions en boîte et en dehors de cela, nous ne nous sommes pas croisés. Si c'était lui... s'il savait … ce serait un véritable drame : son frère est dans le coma par MA faute. Pas de doute, je me ferais tuer ! Je dois miser sur le fait qu'il ne me connaisse pas. Le pire dans tout cela, c'est que mes muscles ne me répondent pas et que je ne peux que me sentir embêtée d'avoir une main dans sa poche. Est-ce que c'est lui qui fait ça ? Pourquoi faut-il que je tombe sur des personnes si exceptionnelles ? Mon visage doit être pâle, je ferais mieux de trouver une explication.

- ... J'ai cru voir une bestiole rentrer dans votre poche !
ez:
Lorsque le monde n’était pas encore sous la domination imposante, sans doute trop imposante à mon goût, j’allais souvent voir un match de Base-Ball dans le stade du Bronx, le Yankee Stadium.

Je me souviens très bien de ce jour de vent, on aurait dit qu’une tempête allait se jeter contre les immenses murs du stade. Les joueurs avaient tous du mal avec le vent qui jouer avec la balle comme si c’était un yoyo. J’étais dans la place V.I.P. du stade, j’avais utilisé mon don afin de pouvoir me placer dans les plus belles loges. Enfin sans faire de mal à qui que soit voyons ! Ce n’est pas mon genre… Oups j’avais oublié ce gardien mort derrière moi contre la porte, il commençait déjà à empester. Mais j’observais le match et bien sur je m’amusais tout autant que le vent en influençant les résultats du jeu, fallait bien gagner sa croute. Surtout qu’à cette période là de ma vie je ne pouvais plus compter sur ce misérable non mutant qu’était mon frère. Il avait eu la merveilleuse idée de tomber dans le coma cet abrutit, pas mieux loger que notre père en matière grise apparemment. En revanche je cherchais la personne que la police tenait pour coupable de l’agression de mon jeune frère sa petite copine, Amber si je me souviens bien. Je voulais la remercier de m’avoir coupé de ce qui arrondissait mes fins de mois. Mais je ne voulais pas de mal, enfin après la torture que je pouvais lui infliger.

Cette jeune fille avait quelque chose de peu commun, elle me plaisait dans son attitude. Elle était très intéressante et j’avais de gros soupçon sur le fait qu’elle aussi portait le même gêne qui m’unit avec la Confrérie, ma nouvelle famille. Je ne voulais pas la détruire, juste la briser. Si elle avait vraiment le gêne X il fallait que je brise son esprit afin de pouvoir user de son don pour notre cause. Il fallait qu’elle rejoigne la Confrérie quoi qu’il arrive.

Jusqu’à ce jour je n’avais plus vraiment mit les pieds dans cette partie là de la ville. J’avais mieux à faire. Mais depuis cette foutue purge je n’avais plus vraiment le choix. Cherchant sans cesse des mutants démunis afin de les rallier à notre cause je parcourais les moindres recoins de désolation et de ruine de cette ville à la recherche de perles rares. J’avais trouvé deux trois mutants, par ci par là, mais ils étaient morts avant que je puisse finir de tester leur résistance. De toute façon ils avaient des dons inutiles. Cherchant encore et sans relâche je tombai finalement et directement dans le Bronx de New York. Cette partie là de la ville était devenue encore plus horrible que dans mes souvenirs. La racaille était toujours présente et ils me regardèrent comme si ils avaient une chance de pouvoir m’atteindre, pathétique. Bien évidemment durant cette journée il y en a bien un qui voulu s’approcher de moi, mais il n’en avait pas la force, enfin je lui bloquer ses mouvements surtout. Et je fis en sorte qu’il frappa ses amis afin de déclencher une véritable guerre au sein de leur petit groupe d’humains ratés. Traduction d’humain raté, être qui n’est pas né sous le gêne X et qui n’est encore qu’au stade primaire de l’évolution de l’Homme. Plus bas que terre en somme. Mais dans tous ces gravats je fis une agréable découverte, une jolie petite paire de miche qui s’était égaré dans la savane des Hommes Bestiaux. Qu’elle agréable et douce surprise de découvrir Amber dans le Bronx, elle n’avait pas changé, enfin en plus… sale à présent. La vie doit être dure pour une fugitive. Faisant mine de ne pas l’avoir remarqué je sentis qu’elle me suivait, m’avait elle reconnu ?

Stoppant mon chemin quelques secondes afin de faire semblant d’observer la route que j’allais entreprendre je laissai la petite Amber s’approchait de moi. Lorsqu’elle arriva au plus près je sentis une main s’aventurer vers ma poche. La stoppant directement d’un signe de main en bloquant son ombre je me retournais doucement en prenant mon air le plus grave.

Bien sur je perdis vite mon sérieux lorsque je vis son visage se décomposer. Je pouffai littéralement de rire devant son nez et ne parlons même pas de son histoire de bestiole. Elle avait de la chance, j’étais d’humeur taquine aujourd’hui.

- Voyons Amber, tu sais très bien que ce genre de chose et plus en avant chez un homme non … ? Lui dis-je avec un sourire pervers.

Prenant doucement sa main je ne lâchai pas mon emprise sur elle avec l’autre main pour autant. Je l’observais doucement de bas en haut et sentit même une odeur étrange, ressemblant de loin l’odeur du Crapaud, un autre membre de la Confrérie dont je n’avais plus de nouvelle.

- Mais qu’est ce qui t’es arrivé ?! Tu a un souci avec son Mascara ? Ou connaitrait tu pas par hasard un certain Crapaud … ?

Relâchant sa main je lui rendis le contrôle de son corps, enfin elle pouvait bouger mais pas se déplacer ! Maintenant que je la tiens, je ne comptais pas la lâcher.

Spoiler:
Je ne sais pas vraiment pourquoi j'avais mis les pieds dans le quartier du Bronx, sachant que ce n'était pas le lieu le mieux fréquenté, ni le plus florissant pour mes petites affaires. Sans doute, en désespoir de cause, je n'avais pas récolté grand chose ses derniers jours sur New York, j'avais volé ma nourriture à divers endroits et il était hors de question que je retourne dans ce coin où ils devaient encore avoir mon image en tête. J'avais donc atterri ici, Je n'avais pas encore mangé à ma faim et cela me rendait moins prudente, au point de me retrouver à voler quelqu'un dont l’allure aurait du me mettre en alerte. N'ayant pas fais plus attention et ne l'ayant vu que de dos, je n'ai pas pris plus de précaution. Comment aurais-je pu deviner que mon passé me rattraperait. Je ne me suis jamais douté que le monde est si petit. Pourtant New York et ces environs sont si vastes que lorsqu'on cherche une personne, on ne la retrouve pas. Comment puis-je donc à ce point hériter de malchance pour rencontrer un homme qui peut me causer des tas d'ennuis.

Qui ne se sent pas sot quand il est prit à son propre jeu ? Je me mords la langue parce que ça ne est jamais arrivé d'être prise en flagrant délit. J'échappe tout le temps à mes proies sans jamais aucunes conséquences. La situation peux être drôle d'un point de vue externe mais je sens mon cœur accélérer et ce n'est pas bon signe. Je maîtrise tellement mal m'a peur qu'il est difficile de se montrer autrement que comme une jeune fille démunie. Me sentir immobilisé me panique encore plus que tout car je suis pleinement consciente de ne pouvoir me défendre. Il m'est impossible de bouger, de fuir et de lui donner un coup par la même occasion. Voilà pourquoi je crains les gens détenteurs de dons, on ne sait jamais à quoi s'attendre et ils peuvent être extrêmement dangereux s'ils le décident, comme je le pourrais si je gérais mes émotions. Je n'en ai pas l'envie., je ne veux pas ressembler à un monstre et je ne veux pas me vider de mon sang par une erreur stupide. Je me répète que la situation pourrait être bien plus catastrophique que maintenant quand voilà que l'autre énergumène se met à rire. Je sens la colère remuer mes entrailles : quelle honte de se tenir là sans pouvoir lui en coller une. Je fronce brièvement les sourcils et quand il me parle, j'ai d'abord envie de l'agresser verbalement mais ma gorge se noue. Il m'a appelé Amber et je suis certaine de ne pas l'avoir rêvé. S'il est possible de devenir plus blanche que blanche, c’est exactement la teinte que je dois avoir actuellement. Mon cœur fait un bond si violent que j'ai l'impression que je vais vomir. Je reste muette de stupeur, c'est un véritable cauchemar. J'ai peur, bon sang que j'ai peur. Je ne dois pas pleurer, je n'ai pas pleurer depuis des années. Je me suis contrainte à garder un visage calme. Je regarde l'homme avec de grands yeux mais tout ce que je vois de lui n'est qu'un sourire déroutant. Beurk, qu'est-ce qu'il a ce type et de quoi il parle. Je n'ai pas compris un traître mot de ce qu'il raconte. Une bestiole... je faisais référence à un insecte et il me raconte autre chose. Bah, peu importe, mon excuse ne tenait pas la route mais que puis-je dire désormais ? Je ne peux nier qui je suis, il l'a su au premier regard. Je ne trouve pas grand chose à dire et ma voix s'étrangle d'elle-même.

- Je... Comment savez-vous ? Qui êtes vous ?

Je sais pertinemment qui il est, il n'y a plus de doute possible mais poser la question c'est comme quand on nie l'évidence jusqu'à ce qu'on nous donne un preuve bien concrète de sa véracité. Je retrouve des caractéristiques communes entre ce type et le comportement de Matt'. Le souci, c'est que je n'ai pas fui un frère pour me retrouver coincée par un autre. Les histoires de famille ne m'intéresse pas. Je ne veux pas revivre ce que j'ai subi dans le passé. C'est mon plus grand cauchemar et de voir ce visage me fait énormément de mal. Je ne peux même pas esquiver sa main qui prend la mienne et ce contact me débecte. Je ne veux pas accepter qu'on se permette un contact qui est contre mon gré et je serre les dents pour ne pas lui hurler dessus. Mon sang-froid est bien la seule fierté et force qu'il me reste pour le moment. Je ne veux pas montrer plus de faiblesses que celles qui sont déjà visibles. C'est plus fort que moi, malgré mon immobilité, je sens mes muscles se raidir fermement. Je déteste la façon insouciante et totalement désobligeant qu'il a de m'observer. J'ai l'impression d'être un sandwich dans un boulangerie qu'un client regarde pour savoir s'il est frais. Question de fraîcheur, ça fait quelques jours que je n'ai pas trouvé de point d'eau « propre » pour faire un brin de toilettes. Je me sens démunie au plus haut point et voilà qu'il me demande ce qu'il se passe comme s'il était une vieille connaissance amicale que je n'avais pas vu depuis longtemps et qu'il était surpris de voir ce que j'étais alors devenue. Mascara ? Bon sang pourquoi est-ce qu'il me parlait de truc de maquillage ? Ce type a un grave souci psychologique, à l'aide ! Matthias était peut-être plus sain d'esprit que cela en fait. Et après il évoque un crapaud. Dans quel monde vit ce cinglé. Ses phrases m'effrayent encore plus que d'être coincé avec lui. Je n'arrive pas à me concentrer sur ce que je dois faire.

- Comment ça, ce qui m'est arrivé ? J'ai pas de mascara... Mais vous êtes fou ! Je traîne pas avec des crapauds, faut être complètement taré. Laissez-moi tranquille, psychopathe !

Sa main lâcha la mienne et soudain mon corps se débloqua... en partie. J'avais l'impression de continuer un mouvement arrêté. Malheureusement, mes jambes était toujours clouées au sol et je ne pouvais donc pas prendre de distance. L'envie me démangeait de lui mettre mon poing dans la tronche et il ne me fallut qu'une seconde pour lui balancer une droite. À savoir si je l'avais fait parce que je me sentais agressée, parce que Matt m'avait pourri la vie et que je le reportais sur la seule personne qui me le rappelle ou bien parce que je me détestais d'être si faible et que la colère en était la réponse ? Peu importe, sur le moment cela fait du bien et c'est tout ce qui compte même si je crains les représailles. Ma réaction n'est sans doute pas maligne mais elle est celle qui est la plus spontanée et je ne peux retenir un "c'est un réflexe, pardon...". En fait, je ne suis pas du tout désolée. D'ailleurs, j'ai l'impression d'avoir évacuée une partie de ma peur et de reprendre ma respiration. Je dois contenir tout le reste et comprendre ce que l'individu attends comme réparation mais je ne veux pas poser la question parce que j'appréhende la réponse. J'espère juste pouvoir être libre et retourner dans mes égouts. Cependant, je crains que ce soit plus compliqué que cela. Mes poings sont encore serré et je me maudis d'avoir mis les pieds dans ce bourbier. J'essaie de me convaincre qu'il doit y avoir moyen de bouger les jambes...

ez:
Qui je suis ? Elle est comique celle la ! Je suis membre du groupe terroriste qui en est la cause de cette soit disante purge. Mais je ne comptais pas le crier sur tous les toits, même si cela me démanger au plus haut point. J'en avait tellement envie, de voir encore plus de peur sur son visage qu'à présent.

La peur ! Voila un sens à la vie humaine. C'est avec la peur qu'on dévoile le vrai visage des gens. Les faibles restent debout sans rien faire, les lachent eux cours se trouver un lieu sur jusqu'a ce que la tempete se calma pour le moment. Et les hommes forts eux... Combatent le danger ! Et surtout leurs peurs. Bon après il y a les pseudos héros qui se jètent comme des abrutis sur la grenade afin d'étouffer le souffle. Comme si cela pouvait marcher. Personnellement je donnerais un grand coup de pied dedans afin de la faire voler loin de mes compatriotes, après ca dépend qui sont ces compères hein.

Je me délectais de l'expression du visage de cette jeune naïve. Elle n'avait même ps compris ce qui lui arrivait. Elle était totalement horrifier de me voir là devant elle. J'explosa a nouveau de rire lorsqu'elle le demanda qui j'étais je ne pouvais me retenir de lancer une petite blague bien à moi.

- Mais voyons, je suis ton Ombre Amber !

Bien sur je doutais qu'elle ne puisse comprendre un traite mot de ce je lui balancais. Mais c'etait le but, ça je pense que vous l'aviez compris. En revanche ça je m'y attendais pas. Lorsque je lacha mon emprise sur elle, elle me donna un puissant coup de poing à la figure. Elle toucha ma machoire, mais dans une certaine mesure assez théatrale je fus pris de panique en me tenant le nez.

- Au secour on m'agresse ! Elle viens de me casser le nez !!!

Observant mon reflet dans une vitrine de magasin en lambeau je repris mon serieux d'un air assez soulager.

- Ah non j'ai rien en fait.

Je me retourna alors vers la demoiselle avec un large sourire qui en disait long sur mes pensées les plus... Sadiques, sombres et cruelles. M'approchant doucement d'elle je ne pu retenir ma petite vengense personnel en frappant d'un coup de poing son estomac me moquant, sur le moment, si elle allait vomir son petit déjeuner sur mes chaussures. C'est en l'attrapant par les cheveux que je lui répondis d'un ton plus menaçant, commençant a en avoir marre que la discution s'éternisait ainsi.

- Les Dieux sont plus bas que nous. Et on accorde pas facilement le pardon aux pêcheurs.

L'attrapant alors par la gorge je ressera mon emprise sur elle.

- Je te cherchais Amber. Depuis longtemps je voulais te parler de mon frère...

Mais mes mots furent couper par un son d'hélices au dessus de notre tête. Le symbole emblématique de la pruce graver sur les flans. Pris de paniques je savais qu'autant elle que moi nous risquions gros si ils nous voyaient. C'est alors qu'en manipulant son ombre je la fis venir dos a moi et l'empoigna par les hanches ayant une main sur sa bouche. Nous plaquant contre le mur dans l'ombre du soleil j'attendis que le véhicules disparut de l'horizon.

Spoiler:
«FUTILES ADOLESCENTS, TOUT NOUS ETAIT PERMIS.»

« Tu sais très bien que son geste n'était pas justifié, tu ne mérites pas qu'il te traite ainsi. Tu devrais arrêter de de persuader du contraire, c'est malsain. Il n'a pas à te frapper quoiqu'il arrive. C'est insensé, Amber, tu ne peux pas défendre quelqu'un qui laisse sa colère prendre le pas sur sa raison. Non, être sur  les nerfs n'est pas une excuse valable. Tu n'as pas à te sentir coupable, c'est ridicule ! Non, désolé, ne pleures pas, je t'en prie. Je vais te passer de la glace pour ta joue, calme toi ! Ça va aller... S'il a des comptes à régler désormais, il aura affaire à moi. »

Bien entendu, Jeff avait raison, la coupable dans tout cela, ce n'était pas moi mais Matthias. Il s'emportait très vite et il aurait pu frapper quiconque osait lui adresser la parole s'il était en colère à ce moment là. Si j'avais écouté mon camarade à cet époque, je me serais évité des tas d'ennuis. Premièrement, j'aurais compris qu'il était stupide de sortir avec Matthias. Je n'aurais jamais eu cette horrible cicatrice qui me marquera à vie. Je ne serais peut-être pas en train de me planquer dans des égouts. Et surtout, je ne serais pas forcément aussi terrorisée à l'idée que son frère soit en face de moi. Cet imbécile était encore en train de s'esclaffer avec ses accents psychédéliques.  Il me vrille les tympans comme un serpent sifflerait à mon oreille. Il semble énormément s'amuser à mes dépends et je ne supporte pas de n'avoir aucune maîtrise de la situation. Il se trouve drôle mais je ne vois qu'un bouffon fier de ses pitreries qui se joue de sa proie comme d'une poupée. « Je suis ton ombre »... Qu'est-ce qu'il entend par là, je ne comprends pas ce qu'il essaie de dire. Pourquoi cet homme s'acharnet-t-il à me parler par énigmes. Sait-il au moins ce qu'il dit lui-même ? On dirait une personne droguée mais il n'a pas l'odeur caractéristique de l'alcool et ses pupilles ne sont pas suffisamment dilatée pour deviner une consommation de drogues. Je sais à quoi cela ressemble, j'ai vu pas mal de choses quand je traînais avec ma bande de potes. Des histoires plutôt moches... Donc non, cet homme n'a pas l'air victime de tout ça, c'est juste un grand malade qui devrait être dans un asile. Je ne sais pas comment je me débrouille, à croire que j'attire les types bizarres et que j'adore me coltiner des situations étranges et périlleuses. Cela faisait longtemps que ça ne m'était plus arrivé mais sortir m'est rarement favorable. Ma peur d'être obligée de rester si proche d'un homme pouvant me blesser, me fait réagir au quart de tour et mon coup de poing l'atteint sans effort. Je sais que ça ne lui a pas fait bien mal, pas besoin qu'il me fasse tout un cinéma, mais le geste soulage ma crainte. Malheureusement, je sais que ma mini-rébellion a un coup à payer, je le lis sur son visage. Un sourire mauvais, comme j'aurais pu le voir chez son cadet. Comme je ne peux bouger mes jambes, je ne peux qu'accuser brusquement un coup de poing à l'estomac. Le choc est fort mais je peux facilement l'encaisser. Ce genre de blessures n'activent pas mon pouvoir, je ne les crains donc pas autant. Je ne dis pas que je ne perçois pas la douleur mais je l'assume. Je sens mon corps se plier en deux et croise les bras au niveau du coup. Un léger bruit s'échappe de mes lèvres. J'ai à peine le temps de subir le choc, que je me sens tirée par les cheveux. Je pense alors que j'aurais du mettre une perruque comme d'habitude, mais je suis déjà sortie blonde il y a quelques jours et rose encore avant. Il faut bien varier les apparences. Alors je le regarde, je revois Matthias et je me dis qu'il ne sont pas tant différents semble-t-il. Je ne sais pas pourquoi mais la situation me fait soudainement sourire. Oui, j'ai mal mais je ne le montre pas, ça lui ferait trop plaisir. Je me contente de sourire, parce que je suis tellement en mauvaise position, que c'en est pitoyable et cela me ferait presque rire, de désespoir.  Je sens sa voix se durcir pendant qu'il baragouine une sentence dont je ne capte pas le moindre mot. Je respire lentement, je le regarde droit dans les yeux. J'ai toujours peur mais comme je n'ai pas moyen de fuir son emprise, je dois affronter la situation. Ses paroles doivent être inquiétantes mais je n'en perçois pas le sens. Une fois de plus !

- Bon sang, je ne comprends rien à votre délire... ça veut rien dire !

Rapidement, je le sens enserrer ma gorge et mon réflexe est presque immédiat, je saisis vivement sa main. Il me suffit de trouver le point de pression qui devrait lui faire lâcher prise mais ses paroles me glacent le sang et se gravent irrémédiablement dans mon esprit. Malgré l'étouffement qui me guette, je tarde trop à réagir. Je n'ai jamais pensé être recherché par quelqu'un d'autre que la police. Comment ai-je pu omettre ce genre de détail ? Je me demande encore comment j'ai fais pour éviter tant de temps de tomber sur lui. Évidemment qu'il compte me parler de son frangin, le venger très certainement, me faire subir la souffrance infligée ? On ne touche pas le cercle sacré de la famille, c'est ce que j'ai déjà entendu. Mon souffle est court et je n'arrive pas  à lui cracher combien son frère n'était qu'un imbécile, un individu masochiste. Toutes mes pensées se bousculent, je sens la haine me tordre les tripes. Un bruit interromps   le « marionnettiste » et tout défile trop vite pour que je comprenne ce qu'il se passe. Mon corps se déplace de lui-même et je me retrouve coincée dos contre lui, sa main sur ma bouche. Pourquoi se cache-t-il comme ça, est-il recherché. Il sort vraiment d'un asile ? J'étouffe un grognement rageur. Je déteste cet homme, je déteste le contact physique avec les gens et je déteste cette journée. La « menace » des hélicoptères est peut-être une opportunité pour moi à saisir. J'en profite pour lui décocher un bon coup de coude dans l'estomac car cela lui fera lâcher prise et me permettra de m'éloigner. Je hurle :

- Et je refuse de parler de cet enfoiré !


Je fais deux pas avant de perdre équilibre. Le lieu est jonché de débris de ferrailles, de morceaux de tessons de bouteilles, de paquets de gâteaux et autres papiers divers que les gens ont lamentablement laissé tomber sans s'en  soucier. Je me relève, prise de panique, je dois éviter de chuter, je me mets à courir, en espérant me mêler à des groupes dissimulant ma présence afin de m'esquiver. Malheureusement, il n'y a personne. Je ne dois compter que sur mes jambes.

ez:
J’observais le ciel, guettant les moindres mouvements de l’engin. Oubliant totalement que j’avais dans les bras la jeune demoiselle je perdis alors mon attention et je fus mon erreur. Je ressentis une grande douleur dans l’abdomen, le coup fut assez violent et surtout rempli de haine. Elle m’avait donné un coup de coude dans l’estomac, elle avait de la force cette petite ! Surtout une sacré force de caractère, ceci c’était certainement parce que la vie ne devait pas lui faire de cadeau à elle non plus.

C’est dans la violence et la haine qu’on en apprend plus sur le passer des gens. Je pouvais lire en elle. La violence qu’elle a du subir avec mon frère je la connaissais que trop bien. Je revoyais les yeux de ma Mère en elle lorsque celle-ci se faisait battre. Resserrant les dents je regrettais presque mon coup précédent, mais je me repris assez vite, après tout c’est elle qui avait attaqué la première ! Qu’elle ne voulait ou pas de parler de cet ‘’enfoiré’’ cela m’était égal. Elle n’avait pas le choix et selon moi le terme qu’elle avait utilisé n’était pas assez fort pour les personnes de la même espèce que mon père et mon frère. Tout deux des humains qui pensent avoir le contrôle sur une femme de par la violence. Typique des ratés ! Ils ne savent pas se faire aimer autrement que dans la violence et ceci je comptais y remédier.

Relevant péniblement la tête vers ma cible, je vis la jeune fille courir dans la rue principale. Partant à sa poursuite je n’avais pas remarqué le fait qu’elle c’était ouverte dans une chute, dont je m’en étais même pas aperçu. La rue était déserte, normal l’hélicoptère en avait du en faire fuir plus d’un. Rattrapant mon léger retard je cherchais du regard une quelconque aide, je ne savais vraiment pas ce que je pourrais trouver d’ailleurs. Je faisais ça un peu à l’aveuglette et je ne m’attendais certainement pas à une telle rencontre et encore moins à ce qu’elle tournerait ainsi. Mais ma peine ne dura pas car une nouvelle mauvaise surprise arriva. Me stoppant net dans ma course je vis quelques grosses brutes qui stoppèrent la jeune fille. Ils ne lui voulaient pas que du bien et ils avaient un regard pervers. Là ce fus la blase total ! Il ne manquait plus que ça. Des orangs-outans qui étaient en manque de chaleur féminine.

Je ne laissai pas vraiment le temps à la jeune fille de faire quoi que ce soit que je la pris par l’épaule et la mise derrière moi. Sans même lui lancer un regard je répliquai de manière assez gêné…

- Laisse moi faire ce que mon frangin aurait du te faire découvrir.

Sans vraiment me cacher du regard de qui que ce soit je pris directement le contrôle du corps du plus costaud de l’un d’eux. Sans leurs laisser le temps de dire quoi que ce soit, je les fis entrer dans un certain chaos dans une mêlée général l’un contre l’autre. Mais j’en avais raté un. Il attrapa alors Amber par le bras et pointa une arme blanche sous sa gorge. Me retournant suite à l’appel du loubard je serra une nouvelle fois les dents.

- Hé le Mutant ! Si tu bouge je la bute.

Obéissant à l’homme je ne voulais surtout pas blesser la jeune fille avant d’avoir pu régler mes comptes avec elle. J’avais une certaine dette envers elle. Elle m’avait fait découvrir le vrai visage de mon frère malgré elle et elle m’en avait aussi débarrasser.


Spoiler:
« Ce sont des petits morceaux de peur un peu partout disséminé. Des petits fragments de terreur qui finissent par s'assembler. Rien que des petits morceaux de peur […] des limailles, des copeaux de terreur, qui paralysent la pensée.[...] Des éclats, des débris de frayeur, qui effacent un identité. […] Des petits fragments de terreur, qui t'obligent à ne plus bouger ... »

C'est l'adrénaline qui court dans mes veines, qui me donne la force d'avancer, de m'enfuir en direction des « rues » que je ne connais pas mais qui sont le seul moyen d'éloigner ce dangereux compagnon que je me suis fait aujourd'hui. J'espère réussir à le semer afin de regagner sans crainte les égouts qui soudainement me semble très attrayant comme lieu. Quand j'y suis cachée, au moins, mon cœur ne bat pas autant la chamade. Je ne peux avoir crainte que de tomber sur des rats à la limite et pas tellement plus de surprises. C'est rare.
Je cours et prend un tournant sans me soucier du sens, ni de la destination. Mon chemin s'arrête quand je me retrouve nez à nez avec trois types aux carrures impressionnantes qui sont particulièrement ravis de voir une petite souris se jeter dans leur gueules.  J'entends leurs rires et leurs « coucou ma jolie, viens par ici ». Ils me dégoûtent, j'en ai envie de vomir. Je n'en peux plus... Je recule d'un pas avant de me souvenir de la raison qui m'a poussée à courir par là et renonce à faire demi-tour. Je préfère me préparer à me défendre face à ces individus même si mes nerfs sont à bout et qu'il en faudrait peu pour que je craque. Je sais que je ne peux pas me le permettre mais la journée est un vrai cauchemar et j'ai terriblement faim. Mon ventre me fait souffrir, à moins que ce ne soit le coup de tout à l'heure. Je me sens tristement fatiguée et c'est un vrai défi de ne pas lâcher la bride de mes sentiments. Je respire le plus lentement possible pour ne pas risquer la crise d'angoisse mais je sens que mon précédent « souci » vient de me rattraper et je suis encerclée. Prisonnière entre deux destins misérables, je ne sais plus où donner de la tête. Contre toute attente, le grand frère de Matthias m'écarte de la partie mais il est impensable qu'il cherche à me protéger. Pourquoi ce revirement de situation ? Il cherche sans doute à se débarrasser de ces importuns dans le but de pouvoir finir sa vengeance tranquillement. Je n'envisage que cette possibilité, le reste ne semble pas coller suffisamment. Je suis persuadée que ce doit être le cas, néanmoins je croise son regard et reste troublée. Il n'y a plus autant de folie mais à la place une impression confuse qui me laisse pantoise. Je cherche à comprendre ce qu'il tente de me dire mais je peine à comprendre le sens de sa phrase encore une fois. Qu'est ce que Matthias aurait du me faire découvrir ? Cela m'intrigue autant que cela m'inquiète et alors que les types sont en train de se battre entre eux désormais, je me secoue énergiquement. Il essaie de me perturber, de me rendre vulnérable. Je dois partir tant que mes gestes sont encore libres. Je veux tirer ma révérence mais une main s'attarde à mon poignet et bientôt me voilà de nouveau victime, une lame de métal froid à un centimètre de ma gorge. L'homme s'exclame, fier de lui, qu'il n'hésitera pas à me tuer et je doute que cela soucie réellement le mutant qui nous regarde. Pourtant, il ne  fait plus un geste, à son tour d'être immobilisé. Il a donc réellement l'intention de se venger par lui-même. J'ai peur, je sens l'haleine fétide de ce gars venir me chatouiller, intrusive. Il serre si fort mon bras que je ressens comme un déchirement qui m'arrache un couinement mais la douleur n'est pas normale. Elle n'a rien à voir avec celle qu'on ressent quand on nous tord la peau. Je connais cette sensation et ma respiration se bloque sous l'affolement. Je me suis coupée, certainement lors de ma chute tout à l'heure, sans m'en rendre compte. Il ne s'est rien passé et peut-être qu'il ne se passera plus rien maintenant mais la plaie vient de se rouvrir. Je ne parviens pas à me calmer, je n'y arrive pas, je ne veux plus qu'on me prenne pour cible.  Je murmure un pitoyable « lâchez-moi » qui n'obtiens qu'un « tu rêves chérie » pour réponse. Mon cœur s'accélère et mes veines battent si fort que je sais ce qu'il va se passer. Mon sang se modélise, il prend la forme d'une lame qui transperce la main de mon bourreau. Il hurle mais me repousse en répétant combien il maudit les mutants et qu'il nous tuera tous. Je le fais tomber au sol en frappant ses jambes , le dépouille de son arme et la garde tandis qu'il s'éloigne en courant. Je souffle. Je tiens la lame en direction de l'autre mutant existant :

- Ne m'approchez plus ! ...

J'ai du mal à reprendre ma respiration, je m'appuie contre le mur le plus proche. Ma blessure, l'énergie dépensée et mon estomac vide m'affaiblissent encore plus. Je n'arrive même pas à clore ma phrase. Je voulais dire que je suis dangereuse, mais pas tant que lui finalement et je comptais ajouter que je ne laisserais plus me toucher. Ce qui serait faux car dans l'état où je suis, je ne peux pas objecter une grande force. Je regarde discrètement ma blessure, le sang y est "sage". C'est un soulagement. Je regarde le manipulateur avec attention, je le menace toujours de la lame mais mon seul espoir est qu'il déguerpisse mais s'il veut savoir pour Matt...

- Dégagez avant que je ...

... Décide de vous crever un oeil ? Je me lève, m'éloigne un peu et me retrouve penchée en avant : j'ai envie de vomir. Comment est-ce possible alors que je n'ai rien dans l'estomac ? Pourquoi je n'y arrive pas ? J'ai l'impression de m'étouffer.

ez:
Et merde la demoiselle n’avait pas l’air en forme. Son visage devenait blanc et son ventre semblait la faire souffrir, la faim ? Vu son état cela ne m’étonnerait pas en réalité. Mais je ne savais pas quoi faire de plus. Elle était dans une mauvaise passe et si je faisais un mouvement de travers il la tua sur le champ. Je ne voulais certainement pas ça. En réalité je ne voulais que son bien. Je voulais la remercier d’avoir mit hors service mon jeune frère. Je voulais aussi qu’elle fasse partir de ma nouvelle famille, si elle en avait les capacités, la Confrérie.

Mais c’est alors que mes doutes se confirmèrent. L’entaille de la jambe d’Amber fit une réaction étrange. Le sang semblait avoir son propre libre arbitre. C’était donc ça son don ? Waow. Le seul mot qui me vint à l’esprit à ce moment là. Ce fus magnifique comment elle retourna la situation à son avantage. Restant la bouche grande ouverte je ne pouvais qu’admirait. Elle semblait ne pas contrôler du tout ce qui lui arrivait. Elle en avait surtout peur jusqu'à avoir une certaine phobie de se blesser. Tout devint beaucoup plus clair dans mon esprit à présent. Je compris pourquoi durant tout ce temps elle faisait tout pour ne jamais se couper. Elle avait un don hors du commun, si précieux. Je compris à présent comment elle avait du mettre K.O. mon frère. Cet imbécile ne s’attendait certainement pas à ça. Normal après tout, même moi qui connait le principe je fus surpris d’une telle puissance. Mais il fallait qu’elle apprenne à contrôler son don. Sinon elle risquait de finir comme Jean Grey… En revanche si elle contrôle son don elle serait de la même trempe que notre Maître. Elle serait un atout majeur dans la lutte pour le pouvoir contre les humains. Et j’aurais trop hâte de voir ce que son pouvoir aurait comme effet face à Wolverine. Je me demandai alors si elle pouvait contrôler aussi le sang des autres, sans doute plus tard ? Qui sait.

En revanche sur le coup elle fit fort, la situation s’inversa à son avantage et je ne pouvais que m’incliner. Lui laissant le dessus de la situation je levai les mains en l’air. Elle semblait très affaibli alors je devais réagir avant de la perdre. Je devais tenter un truc.

- Écoute, je sais qu’il y a eu un mauvais départ mais j’ai du mal avec les voleurs. Sache que je m’en excuse et je souhaite surtout te remercier pour mon frère. C’était soit ça soit je devrais le tuer tôt ou tard, il devenait gênant et surtout il ressemblait trop à notre Père.

Oubliant totalement les derniers survivants ennemis qui tentèrent de s’enfuir je me retournai subitement et les bloquant de mes deux bras tendus vers eux je tirai d’un coup sec vers moi afin que leurs ombres soient attirés par mon pouvoir. Cela les fis tomber au sol comme si on avait lancé un lasso au niveau de leurs chevilles puis on les avait trainés au sol jusqu’à mes pieds. Je me tenais alors là, debout devant eux, les observant comme de vulgaires insectes avec un certain dégout. Puis tourna le regard vers Amber d’un air plus amical.

- Tu vois ce qu’on peut faire lorsqu’on contrôle son don ? Tu peux faire pareil. J’ai des amis qui pourront  t’apprendre. Tu pourras vivre normalement et nous on à pas peur de la Purge.

Je m’arrêtai là car je ne voulais pas encore divulgué le fait que j’étais dans la Confrérie. Sait on jamais si elle était déjà du coté de l’ennemi. Je me devais d’être prudent et de la tester avant.

Spoiler:

"On croit au sang qui coule, et l'on doute des pleurs."

Ma main libre se crispe et j'appuie sur mon estomac, la douleur me pousse à régurgiter. Je me sens vraiment mal mais tout de même soulagée. Me redressant, blanche comme un linge, je constate à quel point, je suis dans un piètre état. Ne parlons pas de l'odeur. Un de mes bras est blessé, mes habits sont couverts de poussières, de terre et autres joies de la nature. Je ne vois pas mon visage mais j'imagine bien ce à quoi il peut ressembler. Mes pieds me font horriblement souffrir. Je doute de pouvoir passer par les rues les plus fréquentées pour rentrer « chez moi ». Passer inaperçue est désormais exclu. Je ne sais pas par où je vais y retourner, je ne sais même pas si j’ai la force d’y retourner.  Je marche un peu, m’adosse au mur, la main sur le canif, respirant lentement. Je dois partir loin de cet homme. Il me parle… c’est bizarre, on dirait que ses intentions sont moins agressives. Je le vois lever les mains, c’est normalement un signe de reddition et pourtant, s’il veut me tuer, il a tout l’avantage. Mon petit couteau ne va pas m’être utile et j’ai trop peur que ma plaie déclenche encore une catastrophe.  Ce qu’il dit, c’est… enfin, cela n’a aucun sens. C’est totalement l’opposé de ce qu’il peut m’avoir fait passer comme message auparavant. Je l’observe en restant sur ma défensive, cherchant chez lui, quelque chose qui trahisse ses paroles mais je ne trouve rien. Je dois être trop épuisée pour distinguer les détails. J’ai tant envie d’arrêter de courir que je suis peut-être en train de délirer. Discrètement, je me pince fort le bras, à en devenir rouge. La douleur est là, je suis encore consciente alors mes nerfs me lâchent, j’ai envie de pleurer mais à la place, je me mets à rire. Ce n’est pas un rire naturel, il est désespéré, sombre. Parce que tout cela n’est qu’une terrible mascarade à mes yeux et malheureusement, elle est tristement réelle. Je serre fermement le couteau, j’ai tellement envie de le balancer sur ce type, le faire disparaître. Malgré mon désir de faire s’évanouir mon passé, je n’en fais rien. Je me calme et je réponds, en vérifiant qu’il garde ses distances. J’ai la tête lourde mais je ne peux pas me laisser aller tant qu’il est là.

- Ce n’est pas une raison valable à mon goût. Je ne comprends pas, je croyais que vous appréciez votre frère… une gêne ? Votre père ? Bon sang, vos histoires de famille, c’est votre souci, pas les miens. Ça sert à rien de me remercier, … ce n’était pas volontaire du tout. Et je ne sais même pas s’il en est mort…

Ce soir là, les autres membres de la bande étaient occupés. Il n’y avait que Matthias et moi. J’ai cru que ce serait une soirée calme, sympathique. Le début l’était. J’avais longtemps repoussé ce moment, j’aurais du continuer. Cette nuit est devenu mon pire cauchemar… Ma cicatrice me semble soudain de nouveau douloureuse mais je sais combien c’est faux. C’est psychologique, tout simplement. Je me souviens que de cette douleur déchirante, intolérable qui me lacérait le dos et cette colère nourrie par la trahison qui montait en moi comme une flèche. J’ai perdu le contrôle, je suis autant un monstre qu’il peut l’être. Quand la police m’a posée ses questions, je leur ai menti avec toute l’innocence et la naïveté d’une adolescente perdue, qui ne comprends pas ce qu’il s’est passé. Je savais…. Bien sûr que je savais, en partie, ce que j’avais fait mais je ne comptais pas faire de la prison. Je ne comptais pas non plus qu’on découvre le monstre que j’étais. C’est pour cela que j’avais disparu sous-terre.
Mes yeux me brûlent, je me mords la langue. Autour de nous, ils restent les deux imbéciles de tout à l’heure. Ils ont raison de vouloir fuir, moi aussi à leurs places je n’en mènerais pas large mais c’est eux qui ont cherchés les ennuis. Pas de chance pour eux, le mutant les fait s’écraser contre le sol. Je les regarde sans vraiment me soucier de leur peur. Je croise un de leur regard et je n’y vois que de la crainte et tout cela parce que nous sommes différents. Oui, je suis une monstrueuse mutante moi aussi mais je n’ai pas choisi de l’être.

- Mon DON ? C’est un danger en permanence. Je ne veux pas être un monstre comme vous !  En m’immobilisant tout à l’heure… c’était lâche ! C’est amusant de jouer à la poupée c’est ça ? Vos amis … s’ils sont aussi violents que vous je m’en passerais. Et qu’est-ce qui vous fait dire que je ne vis pas normalement ? Je…

Je ne suis pas crédible. Bien sûr, que je n’ai pas une vie normale. Encore moins que la plupart d’entre nous. Ce gars, je ne sais même pas son nom. Je ne me souviens pas d’avoir entendu Matthias le prononcer et lui, voilà il se ramène, il m’appelle par mon prénom et me tutoie. Il veut faire ami-ami avec moi parce que j’ai plongé son frangin dans un état comateux et parce que mon sang fait de moi une mutant, tout ça après m’avoir bien foutu la trouille. Logique, j’adore les rencontres de ce genre. C’est terriblement enrichissant. Quant à la purge, je ne vois absolument pas de quoi il parle et j’en ai rien à cirer d’ailleurs.
Mon corps me fait souffrir. Je vais rester coincée ici. Il ne faut pas que je délire, ni que je perde conscience !

- … comprends rien… vous êtes un ennemi, non ? J'peux au moins savoir votre p'tit nom, vous savez le mien. ... on joue pas hein...

ez:
Elle était vraiment mal en point. Le temps commençait à presser. Elle disait ne pas comprendre ma réaction, c’était le comble ! Si vers elle discrètement afin de lui voler son porte monnaie elle dirait quoi ? Enfin à supposer qu’elle quelque chose de valeur à voler, j’en doute. Elle ne comprenait pas vraiment aussi ce à quoi je faisais allusion, normal je ne voulais pas vraiment qu’elle comprenne. Enfin pas pour le moment en tout cas.

M’avançant sagement vers elle en trainant derrière moi les deux boulets enchainés par mon pouvoir je ne comptais pas la laisser s’échapper.

- Je te remercie d’avoir mit hors course mon frère car je supportais de moins en moins son attitude trop violente. C’était soit ça soit je le tuer de mes propres mains, enfin façon de parler.

Voyant qu’elle ne comptait pas vraiment achever ces hommes je leurs brisèrent la nuque en les obligeant à le faire eux-mêmes. Discrètement je fis en sorte qu’elle lâcha son arme. Je ne voulais pas qu’elle remarque que c’était moi qui lui obligeais. Je voulais juste qu’elle pensait qu’elle n’avait plus assez de force pour tenir une arme. Continuant mes pas vers elle je lui tendis la main sans vraiment crainte une attaque. Après tout j’aimais jouer au poker et tenter l’impossible et surtout passer de justesse proche du danger.

- Ezekiel, enfin je pense que tu connais certainement déjà mon nom de famille.

C’est alors que je me posai sur le dos d’un de mes cadavres sans aucune gêne, il était mort de toute façon.

-  Si tu n’étais pas une mutante je serais ton ennemi. Mais au vu de ton gêne, le gêne X c’est son nom, je me dois de t’aider entre confrères.

Par la suite je sortis alors mon porte monnaie de la poche intérieur de ma veste, lui faisant comprendre avec un léger sourire qu’elle visait la mauvaise poche, puis je comptais mes billets. J’en avais assez à mon avis. C’est à ce moment-là que je me levai d’un bond et lui proposa de prendre un petit truc à manger, personnellement j’avais un peu faim pour ma part. Enfin c’était surtout une ruse car je pensais que c’était elle qui devait avoir faim. Ne pas savoir contrôler son don fait gaspiller toute son énergie et fait de nous des loques affamées. Alors je savais ce qu’elle ressentait dans un certain sens j’ai envie de dire.  
Elle était vraiment mal en point. Le temps commençait à presser. Elle disait ne pas comprendre ma réaction, c’était le comble ! Si vers elle discrètement afin de lui voler son porte monnaie elle dirait quoi ? Enfin à supposer qu’elle quelque chose de valeur à voler, j’en doute. Elle ne comprenait pas vraiment aussi ce à quoi je faisais allusion, normal je ne voulais pas vraiment qu’elle comprenne. Enfin pas pour le moment en tout cas.

M’avançant sagement vers elle en trainant derrière moi les deux boulets enchainés par mon pouvoir je ne comptais pas la laisser s’échapper.

- Je te remercie d’avoir mit hors course mon frère car je supportais de moins en moins son attitude trop violente. C’était soit ça soit je le tuer de mes propres mains, enfin façon de parler.

Voyant qu’elle ne comptait pas vraiment achever ces hommes je leurs brisèrent la nuque en les obligeant à le faire eux-mêmes. Discrètement je fis en sorte qu’elle lâcha son arme. Je ne voulais pas qu’elle remarque que c’était moi qui lui obligeais. Je voulais juste qu’elle pensait qu’elle n’avait plus assez de force pour tenir une arme. Continuant mes pas vers elle je lui tendis la main sans vraiment crainte une attaque. Après tout j’aimais jouer au poker et tenter l’impossible et surtout passer de justesse proche du danger.

- Ezekiel, enfin je pense que tu connais certainement déjà mon nom de famille.

C’est alors que je me posai sur le dos d’un de mes cadavres sans aucune gêne, il était mort de toute façon.

-  Si tu n’étais pas une mutante je serais ton ennemi. Mais au vu de ton gêne, le gêne X c’est son nom, je me dois de t’aider entre confrères.

Par la suite je sortis alors mon porte monnaie de la poche intérieur de ma veste, lui faisant comprendre avec un léger sourire qu’elle visait la mauvaise poche, puis je comptais mes billets. J’en avais assez à mon avis. C’est à ce moment-là que je me levai d’un bond et lui proposa de prendre un petit truc à manger, personnellement j’avais un peu faim pour ma part. Enfin c’était surtout une ruse car je pensais que c’était elle qui devait avoir faim. Ne pas savoir contrôler son don fait gaspiller toute son énergie et fait de nous des loques affamées. Alors je savais ce qu’elle ressentait dans un certain sens j’ai envie de dire.  

+ un post disparu :'(
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Rosanna Tennant
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Re: Amber Willson _ ME REBORN

Message par Rosanna Tennant le Dim 27 Nov - 0:16

ez:
Elle n’avait pas oublié mon nom, c’était déjà ça ! Acquiesçant sa réponse je remuai légèrement mon popotin afin de rendre mon ‘’fauteuil’’ plus agréable. J’ais toujours les fesses fragiles. Elle avait l’air très fatiguée, essoufflée, comme si elle venait de courir le marathon du siècle. Et je fus surpris de son humour dans une telle situation ! Elle était heureuse d’être mutante ? Bien évidemment ! Il fallait être fou pour ne pas apprécier que nos dons nous rapprochent un peu plus des dieux que des simples humains. Mais je lui devais une réponse si je voulais gagner un peu plus sa confiance et me rattraper de notre rencontre peu sympathique aux premiers abords. Je lui montrais alors son ombre en lui expliquant.

- C’est en manipulant l’ombre de toute chose, comme toi avec ton sang, que je peux manipuler les mouvements humains. Un exemple simple, je demande a ton ombre de s’asseoir et tu le fera. Une preuve ? Là voici.

D’un simple petit mouvement assez délicat afin de ne pas la brusquer que je lui fis poser les fesses au sol. C’est alors qu’elle s’aida de moi pour se lever. Je tentais de l’aider sans trop oser, après tout elle avait une arme. Malgré que je pouvais la mettre hors d’état très vite vu son était pas vraiment joyeux. Mais je ria à sa remarque sans pouvoir m’en empêcher je repensais aux soirs ou du haut de ma cabine V.I.P. j’observais les jeunes adolescents boire comme des troues à l’œil avec mon frère. Je remarquait toujours qu’elle tenait bien mieux que certains de la bande, cela me faisait toujours doucement rire.

- Si je me souviens bien dans ma boite c’était toi qui tenais mieux l’alcool que tes amis !

Je la vis marchait avec beaucoup de peine et de difficulté. Je n’osais pas vraiment lui proposer mais je pouvais faire en sorte que ses muscles se détendent en la faisant marcher par son ombre de façon plus discrète. Mais je doute qu’elle pouvait apprécier que je la manipule à nouveau ! Mais elle s’inquiétait plus pour le dernier rebus de la société qui pouvait appeler les flics que pour son état physique. Je trouvais ça d’une manière assez touchante à faire dire. Et cela me fis doucement rire.

- Il doit être plus recherche par la police que nous ! Puis c’est moi qui les aie tués non ? Donc tu n’a pas a t’en faire. Je suis habitué à ce genre de situation.

Puis mon idée de l’aider à marcher me resta dans la tête. Mais je devais être plus subtil que ça. Il fallait que je fasse une approche beaucoup moins directe.

- Tu semble ne pas avoir assez de force pour te déplacer. Souhaites-tu utiliser une chambre d’hôtel afin de te débarbouiller ? Je commande ce que tu a envie en nourriture si tu veux.

La mon visage se figea. Comme si je compris que mes mots étaient… Bizarres, trop ambigüe. Alors je me repris bien vite en ayant légèrement chaud au visage.

- Ne crois tout de même pas que tu puisse avoir une chance avec moi hein ! C’est juste de la camaraderie entres mutants !

Spoiler:
Le passé est un boulet que je traîne à ma cheville, je ne sais comment en couper la chaîne mais je me suis habituée à son poids et parfois j'arrive à y faire abstraction pendant juste un temps avant que je sente de nouveau toute la lourdeur de mes erreurs me heurter de plein fouet. Je suis constamment dans cette prison cérébrale qui fait de ma vie ce qu’elle est actuellement.

Dupe, moi ? Peut-être pas au point de comprendre combien Ezekiel essaie de changer d’attitude jusqu’à ce que cela en devienne presque risible. Il m'explique même comment il parvient à prendre le contrôle des choses, des personnes. Je me montre juste curieuse, ce qui me permet de juger et de tâter le terrain comme il l'a fait, à sa façon, avec moi. Il me parle d'ombres et je comprends alors qu'il n'est pas un marionnettiste classique. Je crois que je ne verrais plus jamais mon ombre de la même façon qu'avant. Sa démonstration n'a plus rien à voir avec la manière dont je l'ai vu commander ses victimes précédemment ou avec le début de notre rencontre. Je comprends qu'il me ménage, comme on le ferait avec une enfant et même si c'est assez frustrant dans un sens, c'est préférable. De toute façon, n'ayant pas la force de me défendre pour le moment, je préfère me montrer soit naïve, soit docile. Ma remarque concernant la boisson le fait rire et je me demande ce qu'il y a de si drôle. Cela se voit que ce n'est pas lui qui a envie de régurgiter à chaque mouvement ou qui a l'impression que sa tête l'entraîne vers le sol. Heureusement pour lui, sa phrase me fait comprendre ce qui le fait réagir ainsi. Je ne me suis pas doutée un seul instant qu'il surveillait autant son frère pendant cette période et je ne pensais pas qu'il ferait attention aux autres membres de la bande. Cela me fit écarquiller les yeux de surprise et je revis alors ces soirées d'adolescente insouciante que j'étais. Il est vrai que je buvais beaucoup et Jeff me le reprochait souvent mais les gars eux ne se posaient aucune limite. Sans doute considéraient-ils qu'en tant qu'élément féminin du groupe, je devais être plus fragile. Il n'empêche que je tenais mieux l'alcool qu'eux et qu'on a souvent joué à parier avec des inconnus sur "qui bois le plus de verres". Histoire de se faire quelques sous, directement dans les poches. J'ai gagné la plupart du temps. L'alcool ne me faisait pas effet vite. Je n'ai eu de souci qu'une seule fois et bien que cela ai pu mal tourner, tout a bien fini. Revenant au présent, je réponds en souriant légèrement :

- Vous êtes pire qu'un flic, ma parole ! J'ai l'impression d'avoir été espionnée... c'est horrible !

Je change alors de sujet en évoquant les victimes de tout à l'heure qui ont eu le malheur de croiser sa route. Il a raison cet homme qui a eu la chance de s'enfuir n'ira sans doute pas voir la police puisqu'il est certainement recherché mais la peur des mutants pourrait être plus forte... Certes, il s'agit de SA faute mais ça l'autre n'en sait rien et il sait que nous étions deux. Je parie d'ailleurs que ma petite manifestation de mes capacités lui restera bien en mémoire. Gênée, je me passe une main sur la nuque, ma tête me fait mal. Je ne suis qu'à moitié rassurée et ne peux réprimer un marmonnement :

- Je suis complice de meurtre et ça fait longtemps que j’essaie d’éviter la police alors je n’ai pas trop envie de réapparaître dans leur collimateur.

Alors que je fatigue de plus en plus, Ezekiel se remet à parler. Je m'arrête net à la suite de ses paroles. Est-ce qu'il se rend compte de ce qu'il vient tout juste de me dire cet idiot. Vu sa réaction immédiate, je suppose que oui et il perd carrément de son assurance, s'obligeant à rajouter des précisions. Au cas où j’interpréterais mal les choses. Je le regarde d'un ai blasé. Décidément, j'ai le chic pour me coller des mecs étranges. Encore heureuse qu'il ne soit pas de mon âge, au moins y a de la distance. Enfin je pense car je sais juste que c'est le "grand frère" et je suis plutôt nulle aux devinettes. Avec un grand sourire et en espérant qu'il le prenne à la légère, je rétorque :

-Arrêtez vos fantasmes ! J'ai déjà fait l'erreur avec un Warxston, je ne vais pas recommencer…

Je crois même que je ne recommencerais jamais ce genre de choses. Je préfère donc choisir un fast-food ou ce qu'il peut y avoir dans un Bronx, encore un peu sinistré à cause des attaques d'il y a quelques temps. Je m'apprête à répondre quand l'odeur de mes affaires manque de me faire vomir. Comment supporte-t-il de se tenir aussi près alors que je dégage une telle puanteur. Dégoûtée, je constate qu'aller dans un endroit pour manger sera délicat avec mon apparence pitoyable. Je grimace.

- Ok pour me "débarbouiller" et manger, ça me semble raisonnable.

J'ai du mal à reprendre ma marche et mon équilibre défie actuellement les lois de la gravité. Arrivés près d'un bâtiment dont la peinture s'écaille, je me stoppe. Qui de normal oserait rentrer dans un endroit pareil en compagnie d'un type n'inspirant pas confiance ? Personne. Cependant, je suis exténuée et si ce mutant me suit, peu importe où j'irais, il aura de toute façon le dessus. Je ne sais pas pourquoi il est encore là d'ailleurs donc advienne que pourra.
Le lieu fait peur mais pour quelqu'un qui vit dans des égouts, je peux assurer que c'est presque "agréable". Je ne m'attarde pas trop sur ce qu'il se passe alentour, sur les formalités ni même sur les regards franchement déplaisants qui nous suivent. Je manque de rater une marche en montant les escaliers et soupire de fatigue. Avisant la pièce, je reste un instant muette et immobile, je n'ai plus l'habitude. Je me tourne vers Ezekiel et le pointe du doigt :

- Bon le principe c'est l'entraide entre mutants c'est ça ? Un cheeseburger, vous devriez réussir à trouver non ? Ou quelque chose de comestible ? Après, je vous devrais un service... enfin dans la limite du possible, bien entendu. J'écouterais peut-être un peu plus. Filez le temps que je fasse quelque chose pour cette crasse.

Debout, les bras croisés, je garde mon sac sur le dos et attends. Jetant un œil à ce qui fait office de salle d'eau, j'avise le lavabo un peu jaune. ça doit pas être tout jeune... et la porte m'a l'air un peu abîmée également.

ez:
Ca va, jusque là elle avait l’air de pas prendre trop mal mes paroles quelques peu maladroite par moment. Je fis donc l’effort de rester courtois. Après tout son gêne était sans doute de niveau 4 et je me devais de faire en sorte de la rallier à notre cause avant que cette bande de maudits X-mens se mettent en travers de notre chemin. Puis je monterais un peu plus dans l’estime de Magneto avec ça. Mais bon je fis semblant d’être des plus gentleman sauf que j’avais quelques fois mes envies de la mettre au plie. Elle me donnait un peu trop d’ordre à mon goût… Mais je me tus et montra un certain semblant de sourire. La suivant sans dire un grand mot je tombais dans un hôtel assez miteux. Il était franchement dégueulasse et j’en avais envie de gerber rien qu’en observant la devanture du magasin. C’était assez pitoyable et pour s’en sortir ils arboraient des prix vraiment exubérant. J’ai bien cru que j’allais tuer le patron si je n’étai pas responsable de la survie de cette demoiselle. Mais je repris mon sang froid et me dirigea vers la chambre. Elle manqua à plusieurs reprisent de tomber dans les escaliers mais je fis en sorte qu’elle tienne bon de manière très discrète. Il ne fallait pas qu’elle découvrir mes petites manigances. Enfin je ne voulais certainement pas créer de nouveaux conflits avec elle. Imaginez si elle rejoint les X-Mens ?! Ca serait vraiment la merde ! Je ne pense pas que je puisse stopper l’ombre de son sang, je ne pensais pas non plus que je pourrais la vaincre si ce Monsieur X arrivait à lui apprendre à manipuler son don… Mais il fallait que ce soit Magneto son professeur. Il avait de bien meilleurs résultats que cet handicapé notoire. Quand je pense qu’on y était presque à Alcatraz… Ca me fait rager.

Lorsqu’elle me donna son dernier ordre je fus soulager, je ne n’avais pas vraiment la patience nécessaire pour attendre que Madame ai fini sa toilette mensuelle.

- Je comptais passer une nuit paisible, je te rassure !

C’est en claquant la porte que je sortis aller chercher de la mauvaise bouffe pour mademoiselle. Il fallait le remplir le petit ventre et avec beaucoup de calorie. C’est alors que je trouvai bien vite un restaurant de ce genre, c’est assez bon marcher et dans ce genre de quartier ça ne pouvais que marcher je dirais. Mais je pris donc presque tout ce qui avait sur la carte, sauf les trucs glacer, je ne voulais pas que ça fonde avant même qu’elle puisse finir son repas. Et vu que je ne savais pas vraiment ce qu’elle voulait…

C’est en revenant dans la chambre que j’eu cette mauvaise surprise… Cette tête de linotte avait oublié de fermer la porte de la salle de bain ! Pris de panique je donnai un grand coup d’ombre vers la salle de bain et fit virevolter le rideau de bain tout autour de la jeune fille ce qui l’entoura tel un petit saucisson. C’était drôle à voir ce petit bout enrouler ainsi. Ne pouvant retenir mon rire assez tyrannique je sortis son cheeseburger tant voulu. Ouvrant l’emballage je le fis faire une petite danse sous le nez de la demoiselle en m’accroupissant à son niveau.

- Voyons voir si tu à faim… T’en veux ?

Ne voulait pas vraiment paraitre trop mauvais et l’empêchant de dire quoi que ce soit de mauvais je lui mit un bon morceau dans la bouche lui laissant le burger dans sa bouche.

Spoiler:
J’ai fait un choix, qu’importe si ce n’est pas le bon. Je peux toujours changer d’avis.

J’attends qu’il s’en aille, qu’il fasse demi-tour. Je sais que mon comportement doit l’avoir agacer mais aucune réaction de sa part, si ce n’est un maigre sourire. Pas de refus, rien. À vrai dire ça me surprend un peu de voir qu’il n’a pas un minimum de réactions. Il écoute docilement et je suis presque certaine qu’il n’en a pourtant pas envie. Sa seule réplique est une moquerie qui me fait sourire. S’il a peur de faire des cauchemars de ce qu’il pourrait voir, c’est qu’il est fragile ce pauvre petit. Je lui adresse un clin d’œil avant de le voir partir. Sitôt fait, la porte claquée, je me dirige vers la salle de bains. Je pousse la porte, abaisse la poignée et croit la fermer. Je me débarrasse de ce qui me sert de vêtements et commence part faire couler l’eau. Après m’être brûlée puis gelée, je trouve enfin la bonne température. Mes gestes sont lents mais je prends soin de faire au mieux. Je démêle mes cheveux avec mes doigts et les nettoie en frottant le cuir chevelu. Puis je me saisis du savon pour le reste. Cela fait tellement longtemps que je n’ai pas prit de vraies douches que je savoure celle-ci comme un moment unique. Assise dans la baignoire, je reste un instant immobile. J’observe mes mains et constate que je tremble. Je me frotte les paupières et m’allongent un instant. Mes yeux se ferment, je m’endors…
Ce n’est qu’une micro-sieste de laquelle je me relève avec angoisse. De peur, qu’il ne se passe quelque chose. Je me dis qu’il est temps de sortir de mon bain et rinçant les résidus, je descends de la baignoire. Je regarde mes habits avec désespoir, constatant de leur état de saleté repoussante mais je n’ai pas le choix. Je n’ai que ça pour me vêtir alors je tends mon bras vers mon haut quand j’entends un bruit, je me tourne vers la porte, constate qu’elle est ouverte et reste figée. Je me rappelle pourtant l’avoir poussée mais elle est tellement abîmée qu’elle a du se rouvrir d’elle-même. Je compte aller la refermer mais je n’ai pas le temps de bouger un orteil que le rideau se décroche de sa barre et m’attaque… Le choc est si violent que j’en tombe par terre, le rideau sur moi avant de pousser un grognement. C’est à ce moment là que j’entends ce rire mesquin et que je comprends qu’il est arrivé pile au mauvais moment. Je n’ai même pas entendu la porte de la chambre s’ouvrir. Je dégage mes bras sur lesquels je suis lourdement tombée et m’enroule dans le rideau de sorte qu’il ne puisse pas glisser et que je n’ai pas à m’en soucier. Je sens que je vais avoir d’énormes bleus en plus des douleurs un peu partout mais je ne dis rien, comme à mon habitude. Ezekiel se tient devant moi et je lui ferais volontiers son sourire détestable mais je me ferais plus mal qu’autre chose en essayant de bouger brusquement. Il se mit à jouer avec un hamburger et je lève les yeux au ciel, exaspérée par son comportement puéril. « Voyons voir si tu as faim ? ». S’il continue comme ça je vais finir par devenir cannibale, ç a fera moins de monde sur cette planète pour me courir sur le haricot. Il commence à m’énerver et je m’apprête à le lui dire mais je n’en ai pas l’occasion. Me voilà avec le burger dans la bouche. Je râle doucement et prends le cheese entre mes mains. J’avale ma bouchée et continue de manger avec grand appétit. Depuis que je suis descendu dans les égouts, je mange surtout des chips… c’est facile à transporter ! En revanche, ce n’est pas très nourrissant, je l’avoue. Je soupire agréablement et finit par marmonner à contrecœur :

- … merci…

Il m’arrive d’avoir de bonnes manières mais en général, je les oublies assez vite. Je veux me redresser et il faut que je m’habille aussi mais… la porte ne ferme pas. Quelle misère ! Finalement, je me lève et marche jusqu’au lit, toujours enveloppée dans ma tenue de fortune, avant de m’asseoir dessus comme je peux, après plusieurs essais risqués. Il faut que je me repose encore un peu, je ne suis pas encore remise de mes chocs et émotions. Je ne peux pas partir tout de suite et ça m’oblige à attendre un peu en sa compagnie. De plus, je lui ai dis que je lui devais un service et ce serait mal de ne pas tenir promesse, même si je n’ai pas trop envie. J’étends mes jambes sur la longueur et observe le bras qui avait subi une coupure. Je m’assure délicatement que le sang ne coule plus et rassurée, regarde en direction du mutant. Je le fixe avec attention. Je vérifie la distance qui nous sépare, la considère comme correcte. Un peu mieux en point qu’avant, je reprends la parole.

- Bon vous… non ! Tu me cherchais pour me dire « merci, j’en avais marre de mon frangin » et puis comme je suis mutante, tu deviens d’un coup, aimable ? C’est trop extrême pour être honnête, tu sais…

Je ne vois pas de raison de continuer à le vouvoyer. C’est une marque de respect que je ne lui dois pas forcément. Je suis peut-être plus jeune mais je peux me considérer comme égale à lui. Après tout, c’est un « monstre » comme moi. Je regarde distraitement mon sac, songe qu’il y a la lame dedans. Pour le moment, je n’ai plus peur. Je suis trop lasse pour cela.

ez:
Je ne savais pas vraiment ce qu'elle ressentait sur le moment. Parfois elle avait un visage froid mais ses mots était plus réconfortant que froids. Enfin j'avais vraiment du mal a la comprendre, j'étais totalement perdu et démunit face à elle. L'observant se faufiler hors de la salle de bain je posa mes fesses au sol.

- Hé gamine ! Tu n'as pas fini de manger la !

Me levant tel un vieux ayant les os dont l'état laisser vraiment a désirer, je me dirigeais vers la table, lieu ou il y avait le saint graal, la bouche. Jetant le papier d'embalage du cheeseburger a côté sur sac en papier je profitais du chemin pour en récupérer un pour moi ainsi qu'un second pour la demoiselle. Me retournant j'eu une vision qui me semblait très... Érotique... Enfin surtout digne d'un film pour adulte rater avec un début très burlesque. Je resta quelques secondes bouche bé lorsque je repris mes esprits.

- Ta ... "robe" est un peu courte tu sait !

Soupirant d'exaspération je lui balanca son sandwich à la figure et repris mes taquineries de plus bel.

- Tu voudrait pas une nouvelle tenue tout de même ? Enfin là c'est un peu de ma faute si tu a des bouts de tissus en lambeau en guise d'habits...

Observant ses habits par terre dans la salle de bain je les fis venir à moi par leurs ombres. Me baissant pour les ramasser je les posèrent sur la table et les tendirent devant moi en observants leurs états. Prenant les sous vêtements j'eu vraiment un coup de chaud et mon visage devint rouge tout à coup lorsque je jetais ces derniers vers Amber.

- Range moi ces machins là ! C'est dégueulasse de laisser trainer tout ça.

Bien sur durant tout ce temps je fis tout pour héviter le sujet de mon frère mais bon elle devait avoir une réponse.

- Pour ce qui est de Matthias j'étais curieux de savoir comme tu y était pris pour le mettre K.O. . Et selon ce que tu m'aurait répondu je t'aurais laisser vivre ou non. Conclusion, test réussi ! Alors, elle est contente la petite Amber ?!

Je fis un large sourire à la fois ironique, pourquoi ? Il fallait bien l'embêter cette petite...

Spoiler:
Bad memories ever came back to mind...

Gamine ? Je le regarde d’un air mauvais. Tout les gens que j’ai rencontrés me considèrent comme une adolescente et pourtant, je ne le suis plus. Mon comportement les induit sans doute en erreur et même si je suis consciente de ne pas agir comme une personne mûre, la remarque reste vexante. Je ne peux pas trop lui en vouloir donc. Je lève un sourcil interrogateur, indiquant que je n’ai pas compris pourquoi il me dit ça. J’ai terminé mon sandwich… En fait, il n’en a pas ramené qu’un et je suis surprise. À vrai dire, je mange tellement peu tous les jours qu’un seul hamburger me semble déjà très nourrissant. Je m’installe comme je peux sur le lit tandis qu’il se tourne dans ma direction, reste un instant interloqué avant de me balancer la nourriture. Sa phrase me fait l’effet d’une douche glacée et je sens mes muscles se contracter. Je dois avoir perdu un peu de couleur et je baisse les yeux vers le rideau, confirmant ce qu’il vient de dire. Oui, en effet, c’est assez court. Je soulève le drap, du lit et glisse mes jambes dessous, bougonnant. Je mords avec force dans le cheese tandis qu’il continue de palabrer sur ma tenue. Je mange comme si de rien n’était, ne répondant même pas à sa question. Bien sûr qu’une nouvelle tenue serait l’idéal mais dernièrement mettre la main sur des habits devenaient relativement compliqué. En général, mes affaires ne finissent d’ailleurs pas dans un état pareil alors c’est de sa faute si je suis recouverte d’un rideau. Il ne va quand même pas jouer les traumatisés ! Insensible à ces paroles, je me concentre sur mon repas avant de manque m’étrangler quand je le vois amener mes affaires à lui. Je déglutis avec peine et m’exclame un « hé » de mécontentement, clair et fort. De quoi se mêle-t-il ? Ce genre de comportement, ça ne se fait pas. Je manque de bondir du lit avant de me rappeler que ce n’est pas du tout une bonne idée.

- Laisse mes habits ! Sérieux t’as vraiment aucune gêne, je…

Je m’arrête en voyant ce qu’il tient entre ses mains avant de piquer un fard. Ça, c’est mon soutien-gorge. Il ne devrait même pas avoir à le voir, ça fait partie de mon intimité. Il y a même pas une heure, il était en train de m’étrangler et maintenant, il fouille dans mes affaires. D’où il sort ce type. Ce ne sont pas des manières. Il me balance mes sous-vêtements comme s’il était dégoûté et je le fusille du regard attrapant mes affaires pour les glisser dans mon sac en rageant. Je hurle, sans doute un peu trop fort d’ailleurs. En fait, sur le moment, je me fiche pas mal du fait que les gérants pourrait nous entendre. J’ai totalement zappé l’endroit où nous sommes, tout ce que je vois c’est la façon dont ce gars s’immisce dans ma vie sans se soucier de ce que cela peut causer comme dégât. Même si je me suis détachée brutalement de son frère, mes cicatrices ne sont pas encore complètement refermées et le fait qu’il lui ressemble dans ses expressions parfois, me donnent des frissons. Le voir toucher à mes habits, non, c’est trop personnel et ça ne peut que réveiller les pires souvenirs que j’ai.

- Hé ! Tu fouilles dans mes fringues et tu te permets de dire ça ! La faute à qui si je me trimballe en rideau ! Je vais quand même pas me changer devant toi, t’es vraiment dérangé du bocal.

Ma voix s’étrangle un peu sur la fin, je regarde mon hamburger à moitié manger. Je reste bloquée dessus avant d’entre la voix d’Ezekiel reprendre. Il parle justement du sujet critique et je serre les dents, en colère. J’ai bien compris, qu’il n’a pas envie d’être mis dans le même panier que son frère : parce que ce dernier est humain et parce qu’il était violent. Je me lève du lit, prends mon sac et m’éloigne en direction de la porte, sans prêter la moindre attention au fait que je sois toujours en tenue de rideau. J’ai oublié tout cela. J’aperçois le sourire du mutant et je soupire.

- Ben voilà, tu as eu ta réponse… c’est toi qui doit être content, Ezy.

J’insiste bien sur le dernier mot, histoire d’infantiliser un peu l’homme. Je mets la main sur la poignée de la porte, m’apprêtant à sortir. Mes mains tremblent et je constate à quel point je suis encore fragile. Et là, j'ai vraiment envie de pleurer parce que Matthias a vraiment rendu ma vie plus compliquée. J'ai du mal à ouvrir cette fichue porte.

Spoiler:
Mes mots semblèrent blesser, aouch. C'est dans ces moments là que je me dis que je manque cruellement de tact. Je ne sais pas si j'ai bien fait de parler ainsi mais peut etre que je devrais la laisser en paix ? Non, certainement pas. Il ne fallait pas qu'elle parte avec une mauvaise idée de moi, enfin pas trop mauvaise tout de même.

Je l'observais silencieusement lorsqu'elle se dirigea vers la porte de sortit. Je fis une grimace de compasion lorsque je vis qu'elle avait du mal avec la poignée mais je la stoppa avant qu'elle puisse ouvrir cette foutue porte. De mes deux mains je partit de tout son être et fis de grands mouvements vers le lit. Suite a cela son ombre suivi le mouvement circulaire de mes bras et la fis se reposer sur le lit avec un certain rebond produit par les ressorts sur lit sous la surprise du choc de ce petit poid plume.

- Tu ne sortira pas dans cette tenue voyons ! Pense à tes frères et soeurs mutantes !

M'approchant en virevoltant vers elle d'un air euphorique je sortit mon portable et ouvrit l'appel visio vers ma styliste personnel mutante en posant mes petites fesses sexy sur le lit aux côtés d'Amber. Je l'avais engagée car elle avait du goût et surtout elle avait des contacts de partout dans le monde de la mode. Observant l'écran de mon téléphone je commença ma discution en surveillant d'un oeil ma convive.

- Salut à toi, oh grande reine de la mode ! J'ai besoin de tes services car j'ai ici, avec moi, une jeune demoiselle a rhabiller. Ses habits sont plus vraiments en états de vivre, promis j'y suis pour rien.

Ce fut alors dans un éclat de rire que mon amie se moquait de moi, comment osait elle ! Je lui ferais passer un sale quart d'heure avec le Blob tiens ! Il a des besoins... Affectifs le petit. Puis c'est alors que je passa le téléphone à ma nouvelle partenaire de jeu.

- Tiens, elle va te montrer des models a choisir. Prend tout si tu le souhaite, n'ai aucune crainte pour mon porte monnaie.

Ce fut à ce moment-là que je me levais du lit en allant me prendre un des gobelets de ce que les américains appellent "coke" enfin pour moi c'était surtout du coca cola (oups je fais de la pub). Puis en le sirotant sagement j'observais Amber de bas en haut. Je me demandais ce que mon frère avait comme attirance envers elle. Enfin hors le côté facilement manipulable, même si je pense que ce n'est plus le cas à présent. Je me disais qu'elle devait avoir un petit truc en plus dans sa personnalité pour qu'il fut si attaché à elle.

C'est au bout de quelques minutes de patience et de silence de mort que j'attendis les bras croisé addosser à la porte la venue du livreur personnel de mon amie venant apporter les affaires de la demoiselle. Entendant frapper à la porte j'ouvris dans une exclamation de joie immense et montra au livreur ou il fallait poser les affaires. Une fois repartit je tourna le dos vers la porte d'entrer.

- Vas y tu peut te changer. Promi je ne regarderais pas. Ne crois pas que je suis attiré par les hommes hein ! C'est juste que tu a était la copine à mon frère donc ca me ferais bizarre...

Attendant son feu vert pour me retourner je patientais sagement en sifflotant la musique Sweet Dreams de Marylin Manson.

Spoiler:
Il est des choses qu'on ne peut éviter, des rencontres qui sont déjà écrites et des douleurs qu'on ne peut effacer.

Cet immeuble a sérieusement besoin de révisions, j’ai beau tourner la poignée de mon mieux, la porte ne bouge pas d’un poil. À croire que je n’ai pas droit de partir. En fait, je suppose qu’elle est tout simplement coincée et que je n’ai pas la force de la tirer vers moi. Je sens ma gorge se nouer. Ça ne sert strictement à rien mais je ne compte pas abandonner sans succès. Même en m’acharnant, je ne parviens à rien, si ce n’est à m’énerver bêtement dessus. Je ne peux m’en aller et en plus, je me sens manipulée. Ne pouvant pas m’agripper à la poignée qui me glisserait entre les doigts, je me retrouve sur le lit que je venais de quitter. Je serre les poings comprenant ce qu’il vient de se passer et pince les lèvres. Je n’aime pas avoir ce sentiment d’être une marionnette. Imaginez-vous tirer par un lien invisible sans pouvoir parvenir à le couper. C’est frustrant de n’avoir aucunement le dessus, de se laisser avoir, de se laisser traiter comme une assistée aussi. Au moins quand je suis dans la rue, je suis dans mon élément et j’ai bien plus souvent le dessus sur la situation qu’actuellement. C’est peut-être aussi le fait que cela me rappelle combien, plus jeune, je l’ai trop été. De nombreuses fois, Jeff m’a sorti de mes peines. Et c’est dans ces moments là, ces moments de faiblesses, que Matthias savait me faire croire en lui. Opportuniste, il repérait ce qui était avantageux pour lui. C’est à cause de ma naïveté, de ma docilité que j’ai fait la plus grosse erreur de ma vie, jusqu’à aujourd’hui.
J’essaie difficilement de contenir la colère qui me ronge mais je me fiche bien de ma tenue. Cet homme, il n’est rien. Rien que le frère de mon ex. Rien qu’un visage inconnu qui se révèle sournoisement à moi. Alors pourquoi… pourquoi quand je le regarde, je suis si curieuse. Curieuse d’y lire des réactions rassurantes. Curieuse de trouver les différences qui le séparent de Matthias. Pourquoi j’ai l’impression que je ne pouvais repousser éternellement sa rencontre. Je replie mes jambes sous moi, en faisant attention à mes gestes. Je sens mes yeux me faire souffrir, mes poings sont solidement ancrés sur mes genoux.

- Ils ne sont pas de ma famille et ils se fichent très certainement de ce que je porte ! Ne touches plus à mon ombre comme ça. C’est comme… comme…

Brusquer quelqu’un… mais ce n’est pas le premier terme qui me vient à l’esprit sur le mot et je préfère taire mes pensées. Il est tellement intrusif, comme s’il me connaissait depuis bien longtemps. Et oui, il sait parfaitement quelle adolescente j’ai pu être mais que sait-il du reste ? Il ne connait que les rares choses qu’il a pu voir ou entendre de la part d’autres personnes. Il fait le fou, il ne comprend pas. Il vient d’une autre planète et il ne ressent pas les choses comme moi. C’est exaspérant, il ne prend même pas la peine d’arrêter sa comédie un seul instant. Il s’assoit à mes côtés comme si de rien n’était. Je n’ai qu’une envie… lui en coller une. Je me rappelle ce qu’il s’est passé la dernière fois que j’ai cédé à la colère et je ne suis pas prête à renouveler l’expérience pour le moment. Je crispe et décrispe mes poings sans lui jeter le moindre coup d’œil. Il raconte ses idioties au téléphone, je n’y prête pas la moindre attention jusqu’à ce qu’il me passe son téléphone. Je fais de mon mieux pour éviter de jeter l’objet par la fenêtre mais je le regarde perplexe. Je dois encore avoir le visage empourprée par mon ire. Je me saisis du gadget sans savoir trop quoi faire avec. C’est peut-être ridicule, bizarre et insensé mais… je ne me suis jamais servi d’un téléphone. Ma mère n’a jamais permis d’en avoir un et quand j’étais avec mes « amis », je n’en voyais pas l’intérêt : je savais où les trouver, je n’avais personne d’autre à joindre, je n’en comprenais pas le principe. Ensuite, j’ai un peu utilisé les leurs mais très rarement. Je regarde l’écran et je reste terriblement silencieuse. Avant d’entre la voix enjouée d’une femme qui me parle si rapidement et énergiquement que je ne parviens pas à saisir toutes les informations. Elle fait les questions et les réponses.

- euh… bonjour. Je ne sais pas. Non certainement pas ça ! J’en sais rien, bon sang.

Finalement, je la laisse faire parce qu’elle se débrouillera mieux sans mes commentaires inutiles et parce que ce téléphone m’agace. Je me sens ridicule à parler comme ça à une femme qui n’est pas présente et en plus, je la trouve un peu cruche. Ce qui n’est que mon avis personnel. Je regarde bêtement le portable et appuie un peu partout pour comprendre comment ça s’arrête mais j’appuie sur les mauvais numéros et j’ai du appeler quelqu’un d’autre parce que j’entends une voix masculine parler. Ne sachant plus que faire, je pose l’objet écran contre le lit. Je ne regarde pas Ezekiel mais je sais qu’il m’observait et je n’aime pas cette indiscrétion de sa part. Quand arrive le livreur, il ouvre la porte avec un tel enthousiasme qu’on dirait le plus beau jour de sa vie et je m’imagine presque le voir faire un câlin au livreur. L’image est terriblement déroutante mais reste ancrée dans mon esprit avec de la colle forte. D’ailleurs le fait qu’il mentionne ne pas être attiré par les hommes me questionne beaucoup. Je ronchonne en me dirigeant vers le carton. Je n’ose carrément pas l’ouvrir car j’ai peur que ça m’explose en pleine tronche mais je n’ai pas trop le choix : Ezekiel est devant la porte, l’autre seule sortie est la fenêtre. Je n’ai pas trop envie de tenter un corps à corps dans une tenue si légère. Ravalant mon envie de pousser une gueulante, je m’efforce de parler sans mauvaise volonté. J’accorde que c’est très délicat.

- Je n’ai rien contre les homosexuels… Est-ce que tu peux éviter de me rappeler ce que j’ai pu avoir comme relation avec ton frangin, c’est hyper déroutant, merde !

J’ouvre le paquet et en sort le contenu avec angoisse. Je regarde mon rideau et je murmure « ah la sal***!». Le juron est sorti tout seul et je ne m’en suis pas rendu compte. Sinon j’aurais eu un minimum honte. Quand je lui avais dit non toute à l’heure, eh bien elle, elle a compris oui. Je soupire en regardant le tissu. Je ne vais quand même pas porter ça… mais cette fille à des goûts trop bizarres ! C’est vrai qu’en regardant l’autre mutant plus attentivement, ça y ressemble. Oh non, je ne veux pas lui ressembler. Enfin, je n’ai pas trop le choix là. Je grimace et lui fais signe de se retourner mais je n’ai pas, du tout, confiance en sa bonne foi. Terriblement gênée, j’essaie de m’habiller en gardant mon corps caché par le rideau mais je ne peux pas tenir les deux d’un bloc. Je cache en tout cas ma cicatrice. Je râle pendant mes essayages tant j’ai du mal à revêtir ce morceau de tissu. Une fois parvenue à l’enfiler, je soupire de soulagement. Je dois ressembler à une horreur désormais. Je me racle la gorge, m’apprêtant à entendre un rire.

- C’est tellement… le rideau était peut-être plus adapté en fait. J’espère qu’on a fini de s’amuser à mes dépends parce que j’ai quand même des limites. C’est… ridicule !

Je regarde autour de moi et ne sachant pas quoi faire, prends un verre pour me désaltérer, parce que ma gorge s’est soudainement asséché. Je regarde Ezekiel et ses habits avant de boire un peu. Il connaît vraiment des gens étranges. Enfin autant que lui et soudain je me stoppe, je ne bois plus. Si je m’entendais si bien avec mes camarades autrefois, c’est parce que nous partagions ce même grain de folie. Je reste muette : je connais mes erreurs passées mais je n’y avais jamais pensé sous un autre angle… c’était pour cela que j’étais si intriguée

ez:
Commencant a m'ennuyer sévèrement je l'entendis pester dans son coin et batailler avec sa tenue alors que moi je patientais tel un couillon. Certes j'etais curieux
de voir les formes dont mon frère se vanter d'avoir en copine mais je me retenai etfini par observer dans le petit troue a la porte.

Il n'y avait pas grand chose d'interessant, des protitués avec leurs clients et parfois le directeur de l'hôtel qui gueuler parce que la demoiselle qui vendait son corps faisait trop de bruit, elle devait avoir un client sportif ! Puis je me mis a éclater de rire lorsque je vis un vieux Monsieur avec une jeune femme, collègue de boulot de la précédente surement. En voyant ca j'avais meme envie de crier par dela la porte "prend du viagra Papi !" mais je ne voulais pas mettre mal à l'aise ma partenaire de chambre !

Puis tout à coup l'ennui me tua tellement que je me retourna à un moment et je vis la demoiselle presque toute nue qui batailler encore plus que dans mon imagination dans sa tenue, faisant semblant de n'avoir rien vu je me remis en place et attendir son feu vert.

Me retournant alors lorsqu'elle critiqua sa tenue je resta comme figer sur place la bouche grande ouverte. Le style légèrement lolita gothique lui allait parfaitement et ce rouge lui donner un certain charisme. Elle etait faite pour porter ce genre de tenue et cela me plaisait. Elle serait parfaite pour la Confrérie et on ferait le duo le plus terrible pour les misérables humains. Cette guerre serait vite terminée si on avait cette petite parmi nous, elle est certainement une mutant de classe 4.

- Miam !

Dis je sans retenir mon regard légèrement interresser. Puis je fis un bond sur le lit et croisa mes jambes en tailleur tout en sortant mon appareil a maquillage de mon manteau. Retirant mon manteau je me trouva dans ma chemise noir a manche longue et ouvrant le mascara je lui fit signe de se rapprocher avec un clin d'oeil.

- Viens un peu par ici que je t'en mette. Tu pourra manipuler tous les mecs avec ton charme quand j'aurais mis l'accent sur ce beau regard.

Je la pris alors doucement par son menton et commença a appliquer le produit de maquillage sur ses yeux.

- Voiiiiila ! Magnifique, une beauté sans limite !

C'est alors que par surprise je lui fis un leger baiser sur la joue avant de me lever du lit. Quand tout à coup une idée me traversa l'esprit. Levant le doigt au ciel je pris alors un air tres joyeux et en me retournant vers elle je fis baisser mon doigt vers elle.

- Toi ! Je te veux comme serveuse dans mon Bar. Et pourquoi pas Danseuse ?!

Lui repliqua avec un léger clin d'oeil tres coquine et taquin. Il n'y avait aucune arrière penser dans cela, loin de moi cette idée. Enfin tant que j'ai ce que je souhaite.



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Re: Amber Willson _ ME REBORN

Message par Rosanna Tennant le Dim 27 Nov - 0:34

Spoiler:
Quand je ferme les yeux, je vois leurs visages qui m'observent et me font des tas de reproches.

Coincée dans une tenue qui me donne l’impression d’être une poupée assez glauque, je ne peux m’empêcher de tirer sur le haut pour le remonter un peu mais rien à faire, ça ne bouge pas. Les habits que je récupère d’habitude n’ont rien en commun et ma poitrine est généralement mieux cachée que ça. On dirait que je viens d’une autre époque. Si je me sens horrible, ça n’a pas l’air de faire le même effet sur Ezekiel et je me sens totalement dépourvue devant sa réaction. Je fais tout pour passer inaperçue en temps normal et là en rouge, ça va m’être relativement difficile. Un pickpocket qui est trop visible, enfin… autant que je sorte en sous-vêtements, si je veux me faire remarquer. Les affaires ne seront pas très florissantes. Je regarde le bas de ma tenue : des froufrous me font une sorte de cape démarrant dans le bas du dos. Autant dire que ce n’est pas pratique pour marcher dans la rue. Je ne vais pas m’y faire et voir ce mutant me regarder si bizarrement ça ne me rassure pas. Si tout le monde m’observe de la sorte, je ne sors plus jamais de même égout et je tente la viande de rat cru… De quoi choper une maladie et mourir dans les tunnels sans que personne ne s’en rende compte. Je reprends la « dégustation » de ma boisson quand je vois mon camarade se déplacer vers le lit et m’appeler. Je l’observe tandis qu’il sort de son manteau, ce qui me semble être du maquillage. Je me raidis directement à l’idée de jouer encore la poupée. Il compte vraiment me mettre du mascara ? Il a l’air sérieux et j’ouvre un instant la bouche avant de la refermer, ne sachant pas que dire pour ma défense. Je n’ai pas envie, comme il insinue, de « manipuler tous les mecs ». à quoi cela pourrait me servir, si ce n’est m’attirer les pires pervers possibles. Je sais me défendre contre quelqu’un dépourvus de dons, ce n’est pas le problème… Moralement, je ne suis pas sûre d’en supporter le poids. Alors pourquoi je m’approche de lui au juste et le laisse me toucher, ce que je déteste qu’on fasse. Sans doute la peur qu’on me fasse du mal fait que je préfère subir ça. Je doute de ce qui me fait céder. Actuellement c’est surtout moi qui me fais manipuler. Je regrette sans doute plus de choses de mon passé que ce que je croyais. Non Matthias ne s’occupait pas de mon maquillage ! Il aurait été bien trop brusque pour cette tâche mais j’en mettais un peu. Je prenais plus soin de mon apparence qu’aujourd’hui et j’aimais me sentir regardée. Désormais, je me sens agressée par les regards qu’on me porte, c’est tellement différent. En tout cas, je ne peux me plaindre des gestes délicats de mon maquilleur. Moi, je me serais déjà mis la brosse dans l’œil. Ça m’arrivait souvent…

- Tu te promènes partout avec ton maquillage… ? Quoi t’as déjà essayé de manipuler des mecs avec ton mascara… très impressionnant Ezy.

Je souris légèrement tandis qu’il finit son travail. Je m’attends nettement moins au baiser qu’il dépose sur ma joue. Mon étonnement est si grand que je m’écarte d’un bond, me cognant contre le mur derrière moi. Je peste contre lui, je pourrais le traiter de tous les noms si je ne me mordais pas la lèvre si fort. Qu’est-ce qui lui a pris de faire une chose pareille enfin. On ne s’est pas tapé la bise quand on s’est rencontré pourtant et ce n’est pas parce qu’on met la main sur les sous-vêtements de quelqu’un qu’on peut se permettre d’agir de cette façon. Il a même de la chance que je ne lui ai pas mis mon poing dans la figure. Je sais bien que ce n’est pas grave, que ce n’est qu’un léger bisou sur la joue, qu’on peut faire en famille, entre amis. Ma réaction paraît peut-être extrême mais une telle audace me fait peur. Il s’est permis tant de chose que je me rends compte combien je lui ai laissé la porte ouverte à toutes ces fantaisies. Matthias a fait exactement la même chose, il s’est joué de moi : il était gentil mais il m’utilisait en réalité et cachait sa nature brutale.

- … M’enfin… pourquoi… pourquoi tu fais ça !

Je me laisse glisser contre le mur, mon sac contre mon cœur. Le couteau est dedans, je sens la poignée et évite de serrer le sac pour éviter de me blesser. Lui il ne comprend pas ce qu’il y a de violent pour moi dans sa façon d’être. Il ne sait pas, sans doute, tout ce qu’il s’est réellement passé avec son frère et combien il a détruit celle que j’étais. J’ouvre mon sac. Il y a encore un sachet de chips ouvert dedans, un couteau, un bracelet brisé et une photo de ma mère. Je regarde mes maigres possessions et garde un œil sur le manipulateur d’ombres. Il me parle sans se soucier de rien. Moi, serveuse. Il m’a bien regardé ? Au milieu d’un tas d’ivrognes, je ne serais qu’un morceau de chair fraîche et danseuse n’en parlons pas... De toute façon pourquoi me propose-t-il de travailler pour lui alors que je suis terrifiée à l’idée d’un seul rapprochement avec qui que ce soit ? Je lève les yeux vers lui, les sourcils froncés, les yeux humides et l'air peu confiante.

- ... Non, je... ! Je ne peux pas ! Je suis...

Je suis incapable de bouger. Je ne suis pas encore guérie de mes angoisses. Il me faut du temps, de la patience et surtout une énorme dose de courage.

Spoiler:
- HA. HA. HA.

Mais c'est qu'elle avait vraiment de l'humour cette petite. Elle avait de la chance d'avoir une jolie tenue toute neuve, sinon je l'aurais bouffer toute crue celle là. Je grinça des dents lorsqu'elle se moqua de moi mais repris vite mon humeur enjoline et lui balança ma répartie.

- Non, moi je manipule l'ombre des Hommes souviens toi. Lui dis je en insistant sur les deux derniers mots. Alors que les femmes peuvent très bien manipuler l'esprit de l'homme par la séduction. Croit moi tu volera bien plus de personnes par ton charme que par ton agilité féline, petite Kitsune !

Mon baiser l'avait surpris apparement, cela me surprenait un peu. Je me disais que j'allais peut etre trop vite en besogne, mais je ne savais pas faire autrement ! Si on ne pouvais pas me reprocher quelque chose c'est que je n'etais pas direct dans mes actes, ah ca non ! J'allais toujours droit au but et sans détour. Elle s'accrochait a son sac, que pouvait il y avoir a l'interieur a par son couteau ? Je n'osais pas lui poser la question. Son visage montrer un ressentiment de tristesse mélancolique et nostalgique. Je me frotta la nuque d'un air un peu gêner jusqu'à ce qu'elle me posa la question fatidique, "pourquoi ?". Là je resta muet quelques secondes, observant le vide en etant plonger dans mes pensees. Puis je repris mes esprits et lui repondit avec toute ma franchise et mon sérieux.

- Tu a fait de mauvaises rencontrent qui ont détruit ta vie, comme moi. Mais tu es une soeur mutante alors je ne peux te laisser dans cette vie de chien. Et je me dois de te mettre sur le podium avec nous, sur les Hommes de ce monde.

C'est alors que je me levais doucement du lit et alla à la fenêtre afin de me changer un peu les idées. Des morceaux de mon passer m'étaient revenu en plein visage et ca me foutait le moral en l'air ! Alors je pris quelques minutes pour me remettre d'aplomb et reprendre mon humeur si adorable (ironiquement parlant bien sur) que ma chere et douce Amber aime tellement !

Je remarqua alors que le dernier survivant de la bande qui nous avait attaquer était en train de se planquer dans la ruelle en face de l'hotel. C'est alors que je ferma le rideau d'un air faussement serrein, comme si j'etais un gosse qui faisit semblant de ne pas etre coupable dans la perte du vase favoris de sa Maman. Puis je posant aux côtés de la demoiselle je posa mon sur ses epaules et la pris contre moi d'un air fraternel.

- On va regner sur le monde ma soeur !

J'etais fier de dire cette phrase tout haut et surtout je me sentais libre a ce moment la au point de tout oser, meme si ca pouvait la choquer ! Puis ce n'est pas mon attitude qu'il devait la plus choquer mais plutot le bruit qui devenait de plus en plus fort dans la chambre d'à côté, le vieux Monsieur avait enfin pris son viagra et il avait l'air de tres bien gérer le corps de la demoiselle. Je ne savais pas si je devais etre exciter par l'idee de faire l'amour dans ce genre de lieu ou etre degouter d'entendre ce vieux Monsieur prendre son pied. Vision atroce. Puis c'est dans un petit rire coquin que j'observais Amber

- Hé ! Tu les entend ? Et si on faisait plus de bruit qu'eux ?!

Je lui lança alors un clin d'oeil, fier de ma bétise et surtout en étant sur qu'elle allait parfaitement refuser mon offre. Je l'imaginais mal accepter ce genre de chose , meme si de mon coter ce serait potentiellement envisageable sous certains conditions, comme celle de ne pas partir dans le coma bien evidemment.

Spoiler:
"Tu n'es pas un objet, tu es une personne ! Voilà qui fait toute la différence, alors fais en sorte qu'on te considère toujours comme quelqu'un et pas autrement. Promets-le moi !"

Faire de l’humour me rassure un peu, mon ironie est en réalité une sorte de carapace me permettant de me montrer piquante comme une rose. Hélas, j’ai aussi la même fragilité que cette plante. L’histoire de manipulation reste encore dans l’esprit d’Ezekiel qui ne semble pas comprendre que je n’ai pas du tout envie de jouer les séductrices. C’est peut-être efficace chez certaines femmes qi se sentent à l’aise avec ça mais moi, avec le doute d’être convaincante, ça se lirait sur mon visage. Ma crédibilité serait mise à rude épreuve. C’est comme de demander à un lapin de se faire passer pour un loup : j’ai perdu ma taille et mes crocs quand je me suis réveillée ce fameux jour à l’hôpital. Et si je ne les ai pas encore retrouvés aujourd’hui, c’est que je n’ai pas franchi cette frontière invisible qui me bloque le passage. Je ne sais d’ailleurs pas comment faire. Oui mon passé me hante et oui cela envenime toutes mes réactions. Je suis assise sur le sol, recroquevillée comme si quelque chose de terrible venait de se produire alors qu’au fond, ce n’est presque rien. Je sens que ma panique passagère surprend mon camarade mais je ne peux la contrôler. J’attends une réponse, quelque chose de crédible qui explique son geste. Histoire de calmer cette crainte irrationnelle et de reprendre le contrôle de mes émotions, j’écoute avec avidité ce qu’il a à me donner. Je déglutis parce que les mauvaises rencontres comme il dit, c’est le lot quotidien de ma vie. C‘est ce que j’essaie de fuir à tout prix. En tout et pour tout je crois n’avoir rencontré qu’une personne purement gentille depuis bien longtemps et pour tout dire, c’est plus un chat qu’un être humain. Je me suis complètement coupée de la population, je n’affronte pas mes phobies. Moi aussi j’ai envie de trouver ma place, bien entendu mais je ne crois pas encore être prête pour cela alors j’acquiesce brièvement, pas encore très rassurée. Je me tiens toujours accrochée à mon sac, observant l’homme qui se dirige vers la fenêtre. Je plisse le front, constatant que son comportement n’est plus le même durant un instant. Il a l’air de réfléchir un peu, je suis assez inquiète et tandis qu’il abaisse le rideau, j’ouvre grand mes yeux. Pourquoi fermer les rideaux ? Le voir se rapprocher encore ne fais qu’augmenter mon rythme cardiaque et je me mords la lèvre pour ne rien dire. Je fais attention à la lame dans mon sac et ne dit rien pour le moment. Je ne suis pas sa sœur et je n’ai jamais dit que mon rêve était de régner sur le monde. Je n’en suis pas rendu là en tout cas. Je veux me dégager de sa présence étouffante qui me donne l’impression de ne plus respirer correctement.

- NON ! … Laisse-moi juste un peu d’espace ! Être considéré comme une « sœur », c’est un peu trop pour moi pour le moment. Je viens de renouer avec … tout ça, je …

M’arrêtant, je tends l’oreille. J’entends des bruits provenant de la chambre voisine de la notre et constate qu’ils s’éclatent vraiment. Prise d’un violent dégoût, je sens des frissons envahir mon échine et mon visage perdre de sa couleur. On entend tellement bien que je pourrais retranscrire tout le dialogue, si on peut appeler cela ainsi. J’ouvre la bouche m’apprêtant à leur dire de la fermer mais je me ravise devant le rire d’Ezekiel. Décidément, lui tout l’amuse. Il a à peine finit sa phrase que ma main vient s’arrêter sur sa joue avec un claquement. Peu violent mais réflexe. Comprenant ce que je viens de faire, j’ouvre la bouche surprise, le regarde d’un air désolée et ne peut retenir des larmes. Depuis quand n’ai-je plus pleurer. Ce ne sont pas des pleurs bruyants, juste une coulée le long de la joue que j’essuie au plus vite, honteuse. Soudain, je m’inquiète de sa réaction. Je viens quand même de le frapper, … de nouveau. Je me mords les lèvres, des larmes viennent encore.

- Pardon ! C’est que… mon humour à ce sujet est restreint. Je sais bien que c’était une blague, parce que ça t'amuse voilà tout, mais ça me fait revivre… des choses difficiles.

Je ne peux pas m’empêcher de voir Matthias et ses taquineries à la différence que lui me désirait réellement. Ce n'aurait pas été une blague. Ses gestes qu’il se permettait et qui ne m’offusquait pas alors. Il aurait très bien pu me proposer la même chose et alors j’aurais ri et j’aurais sans doute prit le pari. Je n’avais pas les mêmes limites que la « Amber » terrifiée que je suis devenue. Trop tard pour me protéger, je revois mon ex et je ressens la même douleur qui m’a déchiré le dos. Mon regard se perd dans le vague, je m’agrippe sans m’en rendre compte à la chemise d’Ezekiel. J’ai peur de ne plus être capable d’aimer quelqu’un, de ne plus pouvoir me laisser vivre et céder à mes passions. Je ne veux plus entendre les voisins crier ! Comment peut-on aimer des choses pareilles. C’est tellement différent de l’affection : j’aimais bien ce sentiment que ma bande m’offrait à l’époque. Je murmure...

- de l'aide...

ez:
Et bim dans ta gueule Ezekiel ! C'était encore un fois les paroles de trops qui me donnèrent cette giffle largement mériter. Tentant de faire comme de rien n'était je posa quelques doigts a l'interieur de ma bouche afin de vérifier si il n'y avait pas de saignement, non fort heureusement. La vu de mon propre sang me met un peu hors de moi et c'est comme si je ne me controlais plus. Mais la ce n'etait pas le cas, donc don't worry n'est ce pas ? Mais ce qui etait etrange c'est qu'elle regrettait son geste, enfin les larmes coulerent sur son visage et cela ne pouvait pas qu'etre un jeu d'acteur. Non elles etaient sincerent celle ci.

Je ne savais pas quoi faire. Physiquement je restais de marbre mais interieurement je paniquais au plus haut point. Elle semblait perdu et je ne savais pas quoi vriament faire.

Mes doutes se confirmèrent lorsqu'elle s'agripait a ma chemise telle une petite fille ayant perdu tout repaire et qui cherche le reconfort dans les bras d'une tiers personne. Je me contentais de la serrer un peu plus contre moi dans dire un mot, enfin jusqu'à ce que j'entende ses petits murmures a peine perceptible si je n'avais pas bien tendu l'oreille. Caressant doucement son epaule je ne pouvais que chuchoter le plus tendrement possible a son oreille.

- Repose toi un peu.

Elle etait si touchante que je ne pu m'empecher de donner un baiser sur le sommet de son crane et j'observais la petite demoiselle doucement qui semblait si febrile. J'en avais envie de devenir protecteur tout d'un coup. Mais en realité si je faisais tout ca pour elle c'etait pour la simple et bonne raison que c'est un peu a cause de moi que mon frere lui avait fait endurer tout ceci. C'etait un peu de ma faute si notre Pere etait mort. Et je me disais que si il aurait vu la veritable identiter de notre pere il ne serait pas devenu si mauvais. Puis si j'etais egalement rester a la maison je l'aurais mieux surveiller et empecher de faire des conneries. Je me sentais coupable d'avoir mener la vie dure de facon indirect a cette petite.

Je n'osais plus vraiment bouger mais il fallait que je fasse quelque chose. Cest alors que l'idee d'etre son ange gardien direct me vinre a l'esprit.

- Je vais t'offrir un portable. Si jamais tu a besoin tu m'appel et je viens t'aider. Si tu veut un logement plus digne que la rue je peux faire en sorte de t'en trouver un. Mais ceci seulement si tu est d'accord. Apres si tu apprend a avoir un peu plus confiance en moi alors on verra pour la suite, ok ?

J'hévitais le plus possible son regard, je me sentais horriblement gêner par mes propres mots. Ce n'etait pas mon genre et j'avais envie de me traiter d'X-Men a tel point j'en avait honte. Mais mon ressentiment assez ambigue avec cette petite me pousser a agir ainsi, a etre meilleur que mon jeune et imbecile de frere.

Spoiler:
« C’est tellement mystérieux, le pays des larmes. »

Qu’est-ce qui me prend de lui en mettre une, de pleurer et ensuite m’accrocher à lui comme ça ? Je perds la raison, je ne vois pas d’autres possibilités. Inquiète de le voir vérifier qu’il ne saigne pas, je me dis que je n’y suis pas allée si doucement que ça. C’est vrai que je ne gère pas ma force quand je me sens agressée et pour le coup, je ne me suis pas rendue compte de mon geste à temps. Le voir ne pas réagir m’inquiète plus que s’il me criait dessus. Comment ai-je pu en arriver là ? Fragile et perdue, je me laisse consoler par la source même de mon état. Tout cela parce qu’il est le frère de Matthias. Avouons que si ce n’était pas le cas, je ne me sentirais pas un minimum proche de lui. Il ne serait qu’un étrange mutant dont l’extravagance me rendrait naturellement méfiante. Je le fuirais même comme la peste noire. Pourtant, ma main s’attarde sur le tissu et ne le lâche plus. Je ne repousse pas ses gestes. Bizarrement, moi qui déteste ce genre de situation, je trouve cela apaisant. Je n’entends pour le moment que le crissement de mon cœur qui se tord dans tous les sens en craignant qu’il ne se brise à jamais entre mes mains. J’essaie d’amoindrir ma douleur en me concentrant sur quelque chose de plus joyeux, de plus apaisant que l’angoisse qui m’emprisonne. Réalisant soudain que rien n’est réellement rassurant dans tout ce que j’ai vécu jusque là, je panique. Ma cicatrice semble s’être réveillée et même si je sais que ce n’est pas le cas, je sens la brûlure d’une chair à vif. Je resserre ma main sur l’habit d’Ezekiel. Oui, je voudrais bien me reposer mais mes cauchemars seraient pires que les souvenirs. Je préfère éviter de perdre le contrôle parce que si jamais je m’endors de fatigue, ce sera pire au réveil. De toute façon, je ne peux pas sommeiller à côté de ce mutant. Je doute qu’il me fasse du mal lâchement mais je suis déjà suffisamment faible comme ça. Je le laisse même embrasser le dessus de ma tête sans rien dire, je frissonne juste brièvement. Je sais que toute cette histoire est malsaine mais jusqu’à cette rencontre, j’avais oublié : il est possible que Matthias soit mort, ou bien qu’il se soit réveillé de son coma. Si tel est le cas, il aura peut-être des séquelles mais si jamais je le recroise un jour, je ne pourrais pas me permettre de me comporter comme je le fais ici. Je rouvre ma main, lâchant la chemise de mon compagnon mutant. Je l’observe discrètement, il ne fait pas le moindre geste. Si je devine bien, il n’ose pas vraiment se lever et je ne sais pas comment lui dire que c’est bon, que je vais me calmer sans qu’il considère que je rejette sa présence. Heureusement, je n’ai pas à ouvrir ma bouche qu’il se décide à prendre la parole : Il parle de me donner un téléphone pour l’appeler en cas de besoin. Un logement plus digne que la rue ? En fait, je vis en dessous des rues mais il ne peut savoir et l’idée qu’il me laisse le choix d’accepter ou de réfuter me rassure. Si je comprends bien, on serait amené à se revoir mais c’est à mon rythme. Je pense que cela ne m’engage pas forcément et je suis capable d’accepter. Cela ne signifie pas que je vais lui demander de l’aide, juste que je peux le faire. Le souci, c’est que je ne suis vraiment nulle avec un portable en main. Je rougis bêtement : je suis complètement inadaptée en fait. Les portables sont devenus très développés de nos jours.

- Ben… je ne sais pas utiliser ce genre de truc, tu sais ! Je saurais pas t’appeler…

Il a entendu ce que j'ai murmuré et l'a pris comme un appel à l'aide. En fait ce n'était pas le cas... Peu importe.
Pas un seul instant, je ne croise son regard et je me sens terriblement embêtée par cette mini-distance qui me dérangerait, il y a à peine dix minutes. Pourquoi fuit-il ainsi ? Je tapote mon index contre son bras pour l’inciter à se retourner. Même si ce n’est pas très poli comme geste, je n’ose pas en faire d’autres. Au fond, je sens qu’il n’est pas dans son élément. Je le ressens et je ne comprends pas pourquoi ? Je tente de dégager mon sac sans nous blesser mais j’ai du mal et j’entends le tintement sinistre du bracelet cassé dedans. Je plonge ma main dedans et le récupère. Ce bijou est un cadeau de Jeff, que Matthias a cassé sans aucune pitié. Il m’a fait très peur cette fois là mais je lui avais pardonné, comme je le faisais toujours. Chaque fois que je regardais ce bracelet, j’avais l’impression que c’était moi qui étais brisée en deux. Je soupire et en tends les morceaux à Ezekiel car moi, je n’ai pas la force. Parce que j'ai aussi envie de savoir s'il veut bien me rendre ce service.

- Tiens, je n’arrive pas à m’en débarrasser seule !

Je veux replier mes bras au niveau du sac mais il est trop proche et j'ai un peu du mal à faire un geste tout en évitant de lui donner des coups sinon il va être couverts de bleus. Je me mords la lèvre de concentration et essaie de me reculer en me rappelant, que je suis collée dos au mur. Mes joues sont toujours humides à cause des larmes mais je n'arrive pas à m'essuyer le visage. En plus, je commence à avoir terriblement chaud dans cette tenue. Le temps s'est écoulé et je n'y ai pas prêté la moindre attention.

ez:
Elle semblait de plus en plus, devant toute pale au point ou cette fois ci mon maquillage ne pourrait pas cacher ceci. Je n'osais pas lui demandait ce qu'elle avait, peur de recevoir une nouvelle giffle qui me ferait perdre mon sang froid. Je ne voulais certainement pas que ca déraille, je voulais pas tout gacher une nouvelle fois.

La nouvelle technologie n'etait pas sont fort. Cela me fis sourire et je me leva afin de recuperer mon portable sur le lit, il est vrai que je n'avais pas repris depuis le coup de fil de tout à l'heure. Oh surprise ! Quatres appels en absence de mon assistant de ma première discothèque, pourquoi tant d'appel ? J'observais la liste des derniers appel et je remarquais qu'apres le coup de fil de la styliste Amber avait surement due faire une fausse manipulation et donna un coup de fil a ce boulet.

- En effet, je vois ce que tu veut dire. Tu a appeler mon assistant, sans le faire expres j'imagine.

Riant sincèrement et trouvant cela touchant je rangea mon portable dans la poche de mon pantalon.

- Si tu es d'attaque on va t'acheter un portable simple d'utilisation que tu choisira toi meme ! Ok ?

C'est en reprenant ma veste que je sentis ses petits doigts me tapoter le dos. Me retournant doucement je vis qu'elle me tendit un vieux bracelet, enfin ce qui en rester. Je restais quelques secondes gêner et je ne compris pas pourquoi elle me le donna. Elle voulait s'en debarrasser ? M'ouais ! Si elle le voulait réellement elle l'aurait déjà fait. Cet objet avait plus de valeur a ses yeux qu'elle ne le laisser le croire. Mais je pris l'objet, je ne comptais pas le jeter mais lui mentit en lui affirmant le contraire. Je comptais bien évidemment lui rendre, mais réparer cette fois, comme neuf. Si elle me donnait un objet si précieux c'était peut etre le premier signe d'une amitié ?

Je mis ma veste et je tendis une main assurée vers elle avec un sourire plus franc.

- Tu te sent la force de faire les magasins avec moi ? Promi par la suite tu fera ce que tu veut de moi, même tes rêves les plus coquins ! Lui dis je suivis d'un clin d'oeil taquin.

Spoiler:
« Nous nions l’existence de nos anges. Nous nous persuadons qu’ils ne peuvent pas exister. Mais ils se manifestent. Là où on les attend le moins, et quand on s’y attend le moins. Ils peuvent s’exprimer à travers tout être sorti de notre imaginaire. Ils crieront à travers des démons s’il le faut. Pour nous pousser à engager le combat. »
S.P.

À peine ai-je prononcé ma phrase que le voilà debout prêt à récupérer le téléphone qu’il avait totalement oublié sur le lit. Je l’avais abandonné sur le dessus du lit alors que je cherchais un moyen de couper les appels. Je ne sais même pas qui j’ai bien pu appeler à ce moment là mais je n’étais pas très fière de mon coup et je me mords l’intérieur de la joue pendant qu’il examine mes petites bêtises. C’est vraiment pas pratique ces engins, je n’ai jamais apprécié cela et je me tords les mains quand je l’entends dire que j’ai parlé avec son assistant. Je me sens terriblement embêtée à cette idée. Il rit et je me sens comme une idiote totalement inadaptée à ce monde avec lequel j’ai coupé les ponts. Je marmonne un léger « désolée…». Au moins ça ne l’énerve pas que j’ai touché à toutes les options. Je souris de toutes mes dents, je ne peux pas rire de mes bêtises car je me sens trop complexée par mon inadaptation sociale. Acheter un de ces trucs, pourquoi pas mais je n’y connais rien du tout alors question choix, je me fiche un peu de tout cela. Je réponds juste « oui, d’accord». Je sais que même le plus simple appareil me semblera complexe mais je vais faire de mon mieux. J’en profite pour lui laisser mon bracelet. Heureusement, il le prend sans rien dire. Cet objet compte énormément pour moi mais comme il est trop lourd de sens et que je n’arrive pas à le jeter, je préfère le lui remettre. Qu’il en fasse bien ce qu’il veut, je lui laisse le sort de ce bijou entre les mains. Il m’annonce qu’il le jettera et je souris paisiblement : c’est rassurant, je n’aurais pas à le faire. J’ai reçu ce bracelet le jour de mes 18 ans. Évidemment, il s’agissait d’un objet dérobé mais qu’il avait réussi à garder. Je ne le portais pas au bras mais dans une poche de mon jean. Parfois, je l’en sortait discrètement pour l’observer. Il était joli mais je devais le cacher en permanence. Comme je n’étais pas connue de la police à cette époque, ce n’était pas un souci. Ensuite, Matthias l’avait trouvé en glissant ses mains dans mes poches et sachant que j’y tenais beaucoup, l’avait cassé. Il savait comme cela me ferait de la peine mais cela lui importait peu. Ce souvenir est difficile mais je dois le laisser partir.
Ezekiel a remis sa veste et se tient debout avec toute l’assurance qu’il avait perdu un instant. Bien vite, il l’a retrouve. Je me demande si sa façon de se comporter est naturelle où s’il s’agit d’un masque. Il a l’air d’avoir tant de visages que je ne sais à quoi m’en tenir. Il me tend la main et j’hésite un instant avant de décider de m’en saisir. Il a quand même supporté mes pleurs sans broncher et bon, j’ai l’impression de m’habituer à sa présence et à sa personnalité, quoique spéciale. Je sais qu’il ne peut pas s’empêcher de se comporter avec malice et taquinerie, il faut juste que j’apprenne à ne pas lui en coller une à tout va et à maîtriser ma peur des hommes. En prenant sa main, j’ai déjà fait un premier pas vers la guérison. C’est difficile de se contenir surtout avec quelqu’un qui prend autant de liberté et qui marche sur vos platebandes. Je me relève lentement et j’opine doucement de la tête. Je prends mon sac. Je m’attends à une petite pointe d’humour qui ne manque pas.

- Fais attention, je pourrais prendre ça très au sérieux. À tes risques et périls.

Je me dirige alors vers la porte de la chambre que j’ouvre franchement. Je tombe nez à nez avec le voisin qui s’éclatait il y a deux minutes et le regarde avec dégoût ne pouvant retenir un « beurk » avant de rester plantée là comme une idiote devant cette vision d’horreur. Il m’observe avec un grand sourire et … bon sang, mais tous les hommes sont si … Je me secoue intérieurement et essaie de sortir doucement de la chambre.

ez:
Elle repris son humour et j'en fus rassurer. Cela voulait certainement dire qu'elle reprenait du poil de la bête ! C'est alors qu'en tenant sa main nous avancons vers la porte d'entrée qu'elle ouvrit sans plus attendre une seconde. J'observa quelques secondes nos paquets et me dis que je ne comptais tout de même pas jeter nos dechets, ils allaient rester dans cette chambre, ca leurs fera du boulot un peu a ses faignants d'humains.

Retournant mon regard dans la direction de la sortit je vis le vieil homme et sa prostitué faire un large sourire pervers a Amber. Elle ne semblait pas vraiment apprécier la petite Amber. C'est alors que pour me venger du vieux je pris ma charmante compagnie par la taille avec un large sourire arrogant. Je fis cela dans le but de lui montrer que la demoiselle avait deja une compagnie beaucoup plus agreable au regardque ce vieux débris. Le vieux pervers perdit totalement la face devant moi et son visage devint blanc. Puis d'un air amuser je m'adressa à la fille qui lui avait vendu ses services.

- Jolie jeu d'actrice Mademoiselle !

C'est alors que, tout en gardant Amber dans mon bras, je pris la route de la sortit en laissant le couple uni par l'argent en blanc. Ils ne savaient plus quoi faire ni dire quoi que ce soit. J'avais donc réussi mon coup et je me retenais d'exploser de rire sous leurs nez.

En passant devant la reception que je regla la courte note et que je sortis du batiment avec ma nouvelle amie. Sortant mon portable j'appelais un chauffeur, non ce n'etait pas un taxi mais simplement une sorte de chauffeur privé qui travailler au black avec sa magnifique et grosse berling, une voiture européenne je crois, le genre de voiture classique les bureaucrâtes de Paris. Ce fus en attendant la voiture que je fis un petit rire en posant mon derriere contre le mur.

- T'a vu la gueule du vieux quand il a vu ma main ?! Typical, j'ai envi de dire. Hé je n'oublis pas ma promesse d'etre ton humble serviture, ne t'inquiete pas !

Je gardais tout de même un oeil dans les alentours, sait on jamais. Mais ma garde fus rassuré lorsque je vis notre chauffeur arriver. Ouvrant la porte a la demoiselle je la suivi dans la voiture. Sur la banquette arriere je me posa a ses côtés et salua mon ami. Lui indiquant ou nous voulions aller il nous donna son tarif payable d'avance, détail sans importance car il pris de suite la route.

- Donc on cherchera un téléphone intuitif pour toi ? Si jamais y a un vieux model qui te plaisait pas le passer previent et on trouvera certainement.

J'observais les routes sans souci d'etre reconnu vu que les vitres étaient tintées. J'etais tout souriant a l'idee de faire des emplettes avec une nouvelle copine de shopping !

Spoiler:
Ma mère doit se retourner dans sa tombe si elle me voit actuellement...

Rien que cette simple vision me donne des frissons de répugnance et le fait de les avoir parfaitement entendu tout à l’heure me donne envie de vomir. Restant gelée sur place pendant un instant, je sens soudainement des mains se poser sur ma taille. J’essaie de ne pas réagir de façon trop visible et essaie de ne montrer aucune émotion. Restons calme, très calme. Bizarrement, je constate que ce geste rend le voisin extrêmement mal à l’aise. Qui eut cru que ce soit si efficace ? Je passe ma main dans mes cheveux et observe l’autre jeune femme tandis qu’elle affiche un sourire gêné. Je ne crois pas avoir bien saisi toute la situation mais je suis Ezekiel sans traîner le pas, tant je veux quitter cet endroit avec ces étranges clients, dont nous faisons d’ailleurs partie. La réceptionniste m’observe comme avec étrangeté, à croire que me voir propre lui semble étrange. Je lui oppose mon regard et elle semble froissée par celui-ci. J’essaie alors de sourire un peu sans grande conviction car je sais combien mon expression peut paraître froide pour beaucoup. Finalement, j’abandonne l’idée et sors de l’hôtel avec un certain soulagement. Je regarde les rues adjacentes dans le but de repérer les lieux et parce que je ne vais pas garder un excellent souvenir du Bronx, comme une bonne partie des gens je suppose. Je n’aime pas trop attendre ainsi en restant plantée dans la rue, je suis légèrement paranoïaque et ça ne s’arrange pas avec les récents événements. Je commence à taper de la pointe du pied sur le sol par énervement avant que la voix d’Ezekiel stoppe un instant mes angoisses. Comme on pouvait s’y attendre, il est fier de sa démonstration devant l’autre pervers et je ne peux m’empêcher de lever les yeux au ciel avant de sourire doucement. C’est vrai que cela a parfaitement marché en fait. Je ne peux dire le contraire quant à la partie sur « l’humble serviteur », je soupire. Je ne sais pas du tout qu’en penser et dans quoi, je me suis embarquée d’ailleurs.

- Oui oui bien joué Ezy… Mais tu ne rates jamais une occasion. Humble ? Pardon mais j’ai un doute sur ton humilité !

Je rigole doucement quand arrive une voiture. C’est quoi ce machin ? Je l’observe impressionnée. On ne voit absolument rien à l’intérieur et on ne peut pas dire que ce soit hyper discret comme véhicule. La revoilà l’humilité… Je crois que je n’arrive pas à savoir où s’arrête ce gars. Ou bien c’est moi qui suis tellement décalée, sait-on jamais. Le manipulateur d’ombres m’ouvre la porte et je m’assois sur le siège en regardant chaque détail comme si c’était nouveau. En fait, oui c’est un peu nouveau : je n’ai pas remis les pieds dans une voiture depuis que je vis dans les égouts. J’aperçois le chauffeur mais dire bonjour n’est plus trop dans mes habitudes depuis que je ne fréquente plus grand monde. Je ne prête plus grande attention à mon camarade tandis que je pose mon sac sur mes genoux. Je n’ai pas le réflexe de m’attacher, ce genre de sécurité me passe largement au dessus de la tête. Intriguée par ce qui se passe dehors, je me concentre sur les rues qui défilent et que je ne reconnais pas les lieux. Normal. Ezekiel me parle et je dois faire un grand effort pour comprendre ce qu’il vient de me demander, je l’observe comme si je ne l’avais pas vu depuis un moment avant de rester muette cinq minutes.

- Euh … oui, c’est sans doute mieux. J’y connais vraiment rien, j’en ai jamais utilisé… Je suis vraiment décalée avec mon temps.

Je me racle la gorge et regarde mes mains. C’est vrai, ma vie n’est pas normale du tout et n’importe qui de normal peut le constater. Je n’ai plus rien à faire dans la vraie vie. Pas d’études, pas capable de se servir d’un téléphone moderne, pas apte à conduire un véhicule, pas la moindre culture populaire et pas d’amis, ni de famille. Rien de ce qui rend quelqu’un normal dans notre société. J’observe Ezekiel avec insistance : en fait même lui, il est « normal » dans un certain sens. Il vit normalement, enfin façon de parler. J’ai du mal à décrocher mon regard, je fais un peu plus attention au détail. Oui bon, il n’est pas des plus communs non plus. Je rigole de bon coeur.

- Dis Ezy, comment as-tu découvert ton don ?...

ez:
De toute évidence elle n'était pas libre a la discution. Elle semblait totalement perdue dans ses pensées. A croire qu'elle venait de découvrir ce que c'etait une voiture. Enfin remarque celle la etait assez particuliere comparer aux voitures que l'ont pouvait trouver dans ce coin là de la ville. Je ne savais pas si mon ami le chaffeur avait bien compris la destination mais je lui faisait entièrement confiance sur le coup.

Amber me posa alors la question fatidique, comment avais je découvers mes pouvoirs ? Cette question me glaça le sang et je reste bloquer une nouvelle fois sur place. Ne sachant plus quoi dire ou faire je cherchais un échappatoir. Ouvrant le petit bar de la grosse berling je sors une bouteille d'alcool ruse, une marque très connu dont je ne peut vous citez le nom, car nous ne sommes pas la pour la publicité, et lui servit un verre sans demander son avis. Lui donnant son verre je le posa sur ses affaires et m'en prit un.

Je bu mon verre cul sec, voulant bien vite oublier la photo du visage de ma mere totalement défigurer de ma mémoire. Et surtout ce fut en me remémorant la peur dans le visage de mon Pere en decouvrant mon don qui me redonna le sourrir. Me retournant vers Amber je partis dan mon élan pour lui dire un chose mais en fait je marqua une pause avec la bouche grande ouverte et me résigna. Me callant a ses côtés sur la banquette j'observa qu'elle n'avait pas mise la ceinture. Alors je ne pouvais qu'en profiter pour tenter une certaine approche plus ou moins délicate !

C'est avec douceur et sensualité que je passa mon bras par dessus elle en me collant volontairement a la demoiselle, apres tout j'avais pas beaucoup de place pour attraper sa ceinture de sécurité. Frolant mes levres aux siennes je resta la quelques secondes a l'observait avec un sourire pervers.

- Qu'elle charmante position... Mais si tu veut savoir pour mon don il va falloir y mettre le prix.

C'est alors que je repris doucement ma place en attachant sa ceinture, je tentais alors de jauger l'ambiance de la voiture et surtout la reaction de la jeune fille.

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Re: Amber Willson _ ME REBORN

Message par Rosanna Tennant le Dim 27 Nov - 0:38

Spoiler:
Tu mets toujours le doigt là où ça fait mal. Sans même le savoir, tu touches des points sensibles. À croire qu’inconsciemment tu sais quelles questions poser ! Eh bien dis-toi que c’est pareil quand tu te bats, vise les points sensibles.

Aussitôt ma question posée, je regrette déjà : c’est finement curieux alors que je me suis répété plusieurs fois que je ne devais pas me mêler de sa vie. En essayant de faire la conversation, je me suis bêtement basée sur ce qui nous rapproche : mon ex ou notre mutation. Sachant que je refuse totalement de reparler du premier sujet, il est évident que je choisisse le deuxième. En plus, comme je ne côtoie pas mes autres « semblables », c’est vrai que cela attise mon envie d’en savoir plus. Juste pour pouvoir comparer les différents événements que chacun peut avoir vécu. Ayant remarqué que le personnage est rarement sérieux, je m’attends à ce qu’il me réponde quelque chose de saugrenu ne l’engageant en rien et me laissant sur ma faim mais rien de tout cela. Il se détourne même pour aller récupérer une bouteille. Je le regarde faire et je récupère le verre qu’il pose à mon intention. Je ne sais pas quels souvenirs je viens d’éveiller mais je doute qu’il soit bons. Je ne veux pas qu’il me détaille sa vie, je n’ai pas réfléchi suffisamment au fait que cela m’implique. Savoir des choses sur autrui… c’est incruster son histoire dans vos souvenirs à vous car ensuite vous savez un peu plus de l’autre. Après tout ce temps consacré à m’éloigner des autres, ce serait fâcheux de finalement échouer. Je suis plutôt mal partie, à moins de sauter de la voiture en cours de marche.
Mais qu’est-ce que je désire au juste ? Fuir les gens ou me fuir moi ? Ça fait une grande différence. Je ne sais pas concrètement ce que je désire alors je me contente de porter mon verre à mes lèvres et laisser l’alcool me distraire de mes pensées. Cela me brûle la gorge, ça réchauffe en un sens. Je n’attends plus de réponses de sa part et je ne veux pas me préoccuper de ce qui se passe dans sa tête à lui, c’est déjà suffisamment compliqué dans la mienne. Je cru un instant pourtant qu’il allait me dire quelque chose mais finalement non. Je hausse les sourcils et pose ma main, tenant le verre, sur mes genoux avant de voir un bras passé devant mes yeux. Qu’est-ce qu’il se passe au juste ? Mon voisin est un peu proche même carrément trop collé. Notre distance se réduit à des millimètres et je dois être assez rouge mais à savoir s’il s’agit de timidité ou de colère. J’ai tout juste compris qu’il vient d’attraper la ceinture de sécurité mais il ne faut pas une heure pour l’attacher, il aurait pu simplement me le faire remarquer mais monsieur préfère profiter de la situation pendant un instant. Charmante positon, ça dépend pour qui. Disons qu’après un verre d’alcool de ce genre, on a tendance à avoir l’haleine qui va avec et sa phrase ne me fait pas vraiment rire. Il se rassoit tandis que je serre ma main si fortement sur le verre que je m’en fais mal aux jointures. À quoi il joue bon sang ? Il a pourtant bien compris que la proximité me dérange, que je ne suis pas à l’aise dans ce genre de jeu. Je ne peux pas me comporter comme lui avec légèreté. Vexée, je lui donne une petite claque sur l’épaule. Cela n’a rien de méchant mais c’est mon petit moyen de défense.

- Je ne suis pas sûre d’être d’accord sur les tarifs alors je ne te force pas à me répondre. Chacun ses expériences !

En fait, s’il ne venait pas de boucler ma ceinture, je n’aurais peut-être pas contrôlé mes gestes. Un instant, je cru comprendre que la situation amusait beaucoup le chauffeur avant de me dire que ce mec devait se concentrer sur la route et non sur ses passagers. Un accident de voiture, je m’en passerais volontiers ou alors faites que je ne survive pas ! Si je dois rester alitée dans un lit d’hôpital, je ne m’en remettrais pas et encore moins si je ne suis pas seule dans la chambrée. Je détends finalement mes muscles tandis que le véhicule freine de plus en plus, puis s’arrête définitivement. En fin de compte, cette ceinture de sécurité, il n’aurait pas du me l’attacher. D’ailleurs, j’ai beau appuyer sur le bouton pour la défaire mais rien n’y fait. Je reste figée dans mon effort, continue de m’acharner, mais je me fais mal aux doigts. Le morceau de métal, dans la hâte à du être clipser à l’envers. Je soupire : aujourd’hui, je suis vraiment maudite. Je marmonne, grognon en tirant de toutes mes forces sur la sangle pour faire venir la boucle, sans faire attention à ce que je raconte.

- c’est pas que je n’aime pas être attachée mais j’aimerais bien me débarrasser de ce machin. Pff, c’est impossible ce genre de truc là. Détaaache-toi !!!


ez:
Son visage devint tout à coup légèrement coup. Ca c'etait un coup de chaleur comme on dirait chez moi, a supposer que j'ai un "chez moi". Cela me fis doucement rire, etait elle en colere ? Ou alors elle etait timide voir plus ! Elle avait du désir !! La petite coquine elle cachait bien son jeu celle là. Après le petit maintenant le grand de la fratrie Warxston. Beau palmarès la donzelle.

Je savais que ses mots sonnaient faux, enfin du moins j'en étais persuader. Je laissa un léger sourire de satisfaction apparaitre sur mon visage et ce meme si elle refusa ma demande.

- Voyons, ce serait juste une soirée en tête à tête...

Je riais légèrement de ma connerie. Mais comme on dit dans tout bon humour il y a forcément une part de vérité. Hé oui c'était le cas chez moi.

Suivant du regard la direction des yeux d'Amber je remarqua le petit sourire du chauffeur qui me mit un peu hors de moi. On lui avait jamais dis de ne pas écouter aux portes ? Me levant d'un bond vers lui je glissa alors quelques mots a son oreille afin qu'il perde se sourire et surtout l'envie d'espionner. Enfin du moins jusqu'à ce que nous soyons arriver a bon bord. Observa par la fenêtre je vis un magasin de téléphone un peu miteux, apres tout je m'attendais a quoi ici a part ca ? Il etait logique de trouver ce genre de magasin dans ce genre de coin.

Ne cherchant pas a comprendre je sortit de la voiture sans remarquer que ma compagnie se battait avec sa ceinture. Entendant son appel a l'aide je me retourna vers elle et me mis au niveau de la voiture. Ce fut d'abord une explosion de rire pour ma part puis un petit soupir.

- Que ferait tu sans moi hein ?

Allant a son secour je m'amusa une nouvelle fois cette approche si osé et tentant meme de lui donner un baiser en la détachant. Certe je m'attendais à une giffle mais tant pis ! Le baiser en valait la chandelle. Savourant somptueusement ses levres je la libera de sa ceinture et me retira de la voiture en observant le magasin.

- Are You Ready ?!

Spoiler:
Il y a tant de choses que l'on aimerait oublier... Pourquoi le cerveau retient-il plus facilement les mauvais souvenirs plutôt que les bons ? Je voudrais tellement effacer de ma mémoire toutes ces cicatrices morales.

- Un tarif un peu trop élevé à mon goût, Ezy.

Mon teint retrouve peu à peu sa couleur initiale et je respire de nouveau plus calmement mais j’observe du coin de l’œil les moindres faits et gestes de cet homme. Une soirée en tête ? Il en a de terriblement drôles lui, on passe déjà limite la journée ensemble, ce qui n’avait rien de prévu et encore moins voulu. Je passe la plupart de mes journées soit solo dans mon antre nauséabond soit dans l’anonymat de la rue à traquer la nourriture. Autant dire que les rencontres se résument souvent à dire des banalités, à boire un verre sans faire connaissance avec les autres ou bien à fuir ceux qui deviendrait vite collants. L’enfer c’est les autres, c’est le cas de le dire. Je peux bien considérer que mon cauchemar actuel est de me demander en permanence si ce mutant que j’ai suivi va enfin se comporter correctement. Je m’apprête à regarder de nouveau par la fenêtre pour éviter de devenir paranoïaque à propos de ce type quand je le vois se lever pour s’approcher du chauffeur. Il semble avoir remarqué ce qu’il s’est passé et je le vois progressivement perdre le sourire. Qu’a bien pu lui dire Ezekiel pour qu’il change d’attitude si vite ? Je ne sais pas mais c’est vrai que je dois toujours me méfier de mon camarade. Il n’a rien d’un gentil bisounours alors je dois garder cela à l’esprit. Comiquement parlant, je crois qu’en fait, je suis plus rassurée par une personne dont je sais pertinemment qu’elle n’a pas réellement bon fond plutôt que par quelqu’un qui paraît trop gentil au point d’en être carrément louche. Je dois être tarée mais cela pourrait me faire sourire si je n’étais pas encore perturbée par les événements précédents. Il ne me reste qu’à descendre de la voiture mais je suis coincée. Moi ça ne me fait pas trop rire en fait, ça a même plutôt tendance à m’énerver. Voilà que mon compagnon du jour rapplique en commentant et je ronchonne légèrement. Eh bien sans lui, je ne serais jamais monté dans cette voiture ! Bien évidemment, je me retiens de lui balancer à la figure ce genre de réflexion totalement spontanée mais puérile. Je m’apprête à le fusiller du regard quand je le vois s’approcher. Je n’ai pas le temps de protester que je n’ai pas besoin de son aide et vais me débrouiller que déjà il est près de moi. Bon de toute façon, je n’arrive pas à me détacher donc je ne le repousse pas jusqu’à ce que je sente ses lèvres se poser sur les miennes et je n’ai pas le temps de réagir. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé dans ma tête et j’ai l’impression d’avoir perdu 3 secondes de ma mémoire. C’est le cliquetis de la libération qui me ramène à moi. Je regarde autour de moi : la ceinture n’est plus attachée, li est dehors à regarder en direction du magasin et moi, je suis complètement perdue sur la banquette comme si je venais de recevoir un choc. Tout simplement parce que ce baiser rapide et soudain n’a pas de réelles valeurs sentimentales. C’est d’Ezekiel qu’on parle tout de même. Et aussi, tout bonnement, parce qu’un bisou de la sorte, … le dernier était celui de son frère. Je me lève lentement et récupère mon vieux sac à dos. Je m’avance vers le mutant, le doigt pointé sur lui comme un reproche et le chope par le col de mon autre main. Je me sens vulnérable pourtant ma voix n’est pas tremblante. Il faut qu’il comprenne, qu’il ne se comporte pas comme ça. Pas avec moi du moins.

- Stop, on arrête les conneries ! On embrasse pas les gens comme ça, tu peux te le permettre avec les autres si ça te plaît de t’amuser ainsi mais si tu veux VRAIMENT m’aider comme tu le dis… alors ne me fais pas ce genre de blague, je suis déjà assez folle comme cela.

Je desserre ma main et lâche le vêtement avant de me détourner et observer la rue. C’est vrai que je n’ai pas vérifié si la rue était déserte ou non. Je regarde aussi le chauffeur qui détourne aussitôt le sien avec une vigueur impressionnante. En dehors de lui, les lieux sont déserts. Je pousse mon camarade dans le dos vers le magasin qui ne m’inspire pas trop confiance.

- Passe devant, c’est toi l’expert et en plus, ça t’évitera de faire des bêtises.

ez:
Quelques secondes de répis et ... Pas de giffle ? Aucunes reactions de sa part ?! Miracle ! Aurait elle pris goût a ce somptueux baiser ? Hmmm bien possible. Celame plaisait alors. Elle fit la jeune fille totalement outrée par ce que j'avais oser faire. Haussant les épaules je ne l'ecoutais meme plus apres ses quelques premiers mots.

- Fait pas comme ci ca ne t'avait pas plu va.

Me retournant par la suite vers elle je vis son doigt pointant vers moi, quelle impolitesse, mais bon passons. Prenant sa main j'entrais dans le magasin. Il avait une odeur étrange... On aurait dit l'odeur d'un bâtiment en ruine. Et je savais de quoi je parle car durant ma "fugue" j'avais pris pour logement un bâtiment désaffecter. Je regarda étrangement la vendeuse, elle ruminait son chewing gum telle une vache dans son pres. Cette blonde petasse n'avait pas l'air de connaitre la crise avec son corp refait par la chirurgie de base ages. C'etait sans doute un charcutier son chirurgien. Trop c'est trop, trop blonde, trop refaite, trop envie de vomir. Je n'avais pas vraiment envie de lui parlait, je cherchais du regard une autre bouée de sauvetage, le gérant meme si il fallait, tout sauf elle !

Un grand frisson parcourut tout mon corps lorsque j'entendis sa voix criarde me demander si j'avais besoin de quelque chose... La dévisageant du regard je fis un semblant de sourire.

- Il n'y a pas quelqu'un d'autre ? Parce que bon vous ne me plaisez pas.

La jeune fille, enfin a supposer qu'elle soit jeune reellement, fut totalement outré par mes mots et je m'en foutais éperdument. Puis de toute façon il n'y avait pas que ce magasin dans les parages. Me tournant vers ma partenaire de jeux je lui demanda une petite chose.

- On change de magasin ?

À peine j'avais terminer mes mots que je vis un homme gras s'approcher de nous d'un air très décider a en decoudre, la femme etait sans doute sa maitresse. C'est alors qu'en tendant le bras je paralysa le couple et repris mon regard vers Amber.

- Finalement vas y, choisi ton portable et on se casse, okay ? Sinon je ne resisterais pas a mon envie...

Je sous entendais par la que j'avais énormément envie de tuer ce couple, je pensais qu'elle comprendrait parfaitement mon sous entendu.

Spoiler:

"Qui défend un malfaiteur devient criminel."

C’est moi ou ce crétin n’écoute pas un traître mot de ce que je lui raconte. Il est complètement à côté de la plaque ce gars : j’ai jamais dit que ça ne m’avait pas plus, ni d’ailleurs que ça m’avait plus mais simplement que cela ébranle encore les faibles repères que je me fixe pas à pas. J’essaie tellement de prendre sur moi pour ne pas céder à la peur que chaque rapprochement me perturbe un peu plus et me donne envie de me méfier plus encore. Il devrait pourtant voir que mon regard est chargé de reproches mais non, il n’y prête même pas attention et m’entraîne dans le magasin. Je peste à voix basse, me disant qu’il est vraiment incorrigible. Sa main tient la mienne et je me sens comme une petite fille. C’est étrange, parce que quand j’ai rencontré John et qu’il a pris ma main, je me suis sentie libérée d’un poids et là, je me sens tout bonnement bloquée par le lien qui nous unit. Même si je le suis, je me sens un peu ailleurs. J’observe le lieu avec étonnement : quel est cet étrange magasin ? L’ambiance y est pesante et le personnel doit y être pour beaucoup. Pas de bonjour, la vendeuse nous dévisage sans la moindre gêne en mâchant son chewing-gum avec une insistance vulgaire. En dehors de son attitude, elle ressemblait à une poupée mais pas de porcelaine, plutôt dans le genre grossier. Décidément, je ne vois pas ce qui me pousserait à remettre les pieds dans ce quartier. Faites qu’on ne passe pas trop de temps dans ce magasin, en plus l’odeur agresse mes narines. J’ai l’impression que la poussière a pris possession de l’endroit. Je regarde donc les produits qu’ils vendent en m’éloignant d’elle avec Ezekiel quand la travailleuse se fait un devoir de nous offrir son aide généreuse. Je serre les dents de crispation, elle m’agace déjà ! Je détache rapidement ma main de mon camarade avant de me reculer et aller regarder les objets, je laisse méchamment le soin à l’autre mutant de se charger de cet énergumène féminin. Oui, en réalité, je lui laisse la pire tâche mais bon il aime bien s’amuser en général, non ? Je me raidis complètement quand je l’entends répondre avec une franchise déroutante. « Vous ne me plaisez pas. » ? Il a vraiment dit ça ou bien c’est mon imagination qui me fait cette faveur ? C’est vrai que c’est très plaisant à entendre mais je ne pense pas que cela soit politiquement correct et encore moins que cela ravisse son interlocutrice. Je l’entends déjà crier comme si on l’égorgeait qu’un tel comportement est inadmissible et tout un tas d’autres mots que j’ai du mal à saisir. Ses intonations et son accent n’aident pas. Quand mon compagnon me demande si je veux changer de magasin, j’acquiesce. C’est peut-être une très bonne idée en effet de ne pas s’attarder ici. Pas le temps de s’éclipser, déjà un homme surgit furieux dans notre direction et je déglutis. Il se peut qu’il n’ait pas du tout apprécié le langage de mon « ami ». Je ne peux m’empêcher de penser d’en vouloir un tantinet à ce dernier et de l’agripper par l’épaule dans le but de l’éloigner de la potentielle baston à venir. Je n’ai pas besoin de le tirer vers la sortie qu’il immobilise les deux individus rapidement et je retirement aussitôt ma main. Je croise son regard et ce que j’y lis me soucie. Je n’ai pas tellement besoin qu’il termine sa phrase car j’ai très bien compris ce qu’il risque de se passer si je ne bouge pas mon cul vite fait. Il est mignon de me dire de choisir rapidos, parce que même dans un commerce aussi miteux, tout est sous vitrine. Je ne sais pas où la vendeuse garde les clés. Je tire une épingle de mes cheveux, j’en cale souvent plusieurs dans des mèches, au cas où. Il me faut très peu de temps pour réussir à crocheter l’une des portes et j’attrape le premier téléphone qui me tombe sous la main avant de retourner auprès de mon criminel de compagnon et de lui attraper violemment le bras.

- Ezy… abaisse ton bras !

J’observe les marchands, ils n’osent pas dire un mot. Ils ont peur et ils ont bien raison parce qu’ils n’ont pas énormément de chance de s’en sortir vivants s’ils déplaisent au manipulateur. J’ai peur que ça tourne mal : on ne peut pas tuer des gens impunément. Les deux hommes de tout à l’heure sont déjà amplement suffisants. Ici, dans une échoppe, c’est différent. Cela ne ressemble pas à un banal cambriolage et même si je doute qu’il y a des caméras ici, je ne désire pas avoir affaire à la police. Exceptionnellement, je n’ai même pas pris la sécurité de mettre une perruque, je suis très reconnaissable et depuis l’incident du coma, je me fais totalement discrète alors merci mon petit Ezy mais quand j’avais dit pas de bêtises, ça incluait aussi ce genres de choses. Je glisse rapidement le portable dans mon sac et en sort ma lame. Sait-on jamais, ce qu’il pourrait se passer quand ils seront libres de leurs mouvements. Je leur adresse la parole en leur disant qu’ils sont chanceux et qu’ils feraient mieux de vite nous oublier s’ils ne veulent aucun ennuis. Je sens une lueur de défi dans les yeux de l’homme et je lui montre discrètement mon arme. Barbie, elle, a très bien saisie le danger. J’attrape la main du mutant avec fermeté, en serrant un peu fort, histoire de lui faire comprendre que je veux quitter l’endroit, qu’il doit lâcher ses proies. Je l’entraîne avec résolution vers la sortie, vers son chauffeur. Il faut s’en aller et vite ! Nous sommes à la porte et désormais je le pousse carrément à l’extérieur. Je m’accroche fermement à lui comme à une bouée de secours.

- Putain mais t’es pas capable de fermer ta bouche ?

Je suis inquiète, pourvu que ces gens ne contactent pas les autorités. Je suis tellement inquiète que je ne me rends pas compte que ma lame est pointée sur mon camarade auquel je me tiens fermement. Je l’observe avec de grands yeux, il faut s’en aller mais je ne connais rien d’ici et je risque de perdre mes moyens. Je m’apprête à parler mais je me sens confuse. Le stress me fait bafouille.

- Je veux… nan ! Si, il faut … partons donc !

ez:
Elle s'agrippa alors a mon bras alors que j'etais en train de resserrer l'emprise de leurs ombres en les forcants a s'étrangler. Tournant mon regard vers le siens je vis de la peine, elle semblait ne pas vouloir la mort de ces gens. Cela me choqua tout d'abord. Mais par la suite je compris ses pensées, enfin du moins je le pense. Je me disais qu'elle se foutait de leurs biens. Elle voulait juste ne pas avoir encore des problemes, encore de ma faute. Je serra doucement les dents et lacha mon emprise de facon tres soudaine.

Observant le prix du telephone je jeta quelques billets devant les gerants qui etaient a genoux au sol en tentant de reprendre leurs souffles. Je pris la direction de la sortit en me faisant pousser par ma charmante compagnie. Observant le chauffeur je garda mon silence a sa question et hevita son regard. Je l'invita a rentrer dans la voiture et la suivi. J'observais la route puis l'heure. Reprenant peu a peu mon sourire je me tourna vers ma demoiselle.

- Aors... Tu veut aller ou ? Je te ramene chez toi ? Ou je te prete un appartement si besoin. Demande moi ce que tu veut, je te dois bien ca.

Reprenant peu a peu mes esprits l'idee du portable me revint. On avait un portable c'est bien. Pas de chargeur pour autant... Et le forfait la... C'est alors que je sortit mon propre portable et appela un de mes employés de ma premiere discotheque. Je lui demanda un chargeur pour la baterie du model qu'Amber avait prit. En lui prenant des mains sans lui demander j'observais plus en detail afin de savoir le model et la marque exact. Puis je demanda a mon homme à tout faire de prendre un forfait basique, je ne pense pas que ma charmante compagnie ai vraiment besoin d'un super forfait avec la naviguation internet. C'est alors que je decala le telephone de ma bouche et cacha le microphone de l'appareil avec ma main.

- Il me faudrait ton adresse pour tout envoyer.

C'est alors que je me dis qu'elle allait certainement pas me la donner, par peur de venir la harceler. C'est a cette pensee que j'eu l'idee suivante.

- Quoi que non ne me dit rien, ca sera un motif pour se revoir !

Fier de mon idee je fis un large sourire, sans savoir a cette epoque que la demoiselle vivait dans un egout... Si je l'aurais su je l'aurais empecher d'y retourner, elle meritait mieux que ca !

Spoiler:
Parfois, pour ne pas mentir, nous sommes obligés d'omettre des détails importants. Comme par exemple une mutation, qui fait de vous un monstre aux yeux de ceux qui en sont dépourvus. Pourtant ça fait de votre vie, de ma vie. Et il n'y a pas que cela que je me retiens d'évoquer...

Au fond de moi, je sais pertinemment que c’est de ma faute si tout tourne toujours aussi mal. J’attire les ennuis comme un aimant depuis mon adolescence. Autrefois, je ne peux pas dire que je ne le cherchais pas mais désormais, alors que je fuis les dangers, ce sont eux qui me rattrapent. Je ne sais pas comment je me débrouille mais je ne crois pas être faite pour les situations normales, sans accrocs. Je soupire mélancoliquement et monte sans m’attarder dans la voiture. Rapidement, j’enclenche la ceinture de sécurité pour pallier toutes tentatives de la part de mon camarade. Je pense avoir parfaitement retenu la leçon et j’ai encore du mal à effacer le souvenir de ma mémoire donc ne tentons pas le diable. Assise, je regarde par la fenêtre le paysage qui défile sous mes yeux. En réalité, je ne le fixe pas concrètement car je suis perdue dans mes pensées. Je me souviens de toutes les fois où ça a failli déraper pour moi et toutes ces journées à entendre ma mère me répéter combien tout cela finirait mal. Je sais bien, c’est vrai, mais je n’y peux rien. Je ne peux pas être quelqu’un de normale, je ne le serais jamais. Quant à être quelqu’un de bien : une voleuse, bagarreuse, ne devient pas soudainement une sainte. Ce serait une belle chimère et j’aurais vraiment du mal à ne plus chaparder, c’est devenu un instinct de survie et c’est ma petite dose de « fun » dans la vie. Je n’ai que cela pour pimenter sans prendre de risques, il faut me comprendre un peu. Je sais qu’Ezekiel est en train de me parler mais je ne lui prête pas attention. Il prend le téléphone dérobé précédemment et je le laisse gérer cela. Je suis bien perdue avec cette technologie alors bon, qu’il fasse ce qu’il peut. Je me prends à chantonner un vieil air, une berceuse que ma mère fredonnait très souvent. C’est impressionnant que je m’en souvienne alors que je ne prêtais pas grande attention à ce que pouvait bien faire ma mère. Cette fois, m’interrompant, j’entends clairement la voix de mon compagnon qui me demande une adresse. Je me retourne vivement et reste bouche grande ouverte. Une adresse… Je blêmis parce qu’évidemment je ne peux pas du tout lui en donner une et je ne compte pas lui avouer que je dors dans les bas-fonds de la ville, quelle honte ! Je déglutis, inquiète : personne ne doit savoir où je loge. Heureusement pour moi, il enchaîne sur une autre solution qui me convient un peu mieux, bien que l’idée de le revoir m’ennuie un peu. Non, en fait je comptais bien lui dire ok pour le téléphone et ne pas m’en servir par la suite. Ne sachant pas comment tout cela fonctionnait, je n’avais pas réfléchi à l’idée que de toute façon, il me serait impossible de charger la pauvre bête électronique. Eh oui, vous avez déjà vu une prise électrique dans les égouts vous ? Je risquerais l’électrocution dans ce cas. Je me sentis un peu prise au dépourvue devant le grand sourire du mutant. Je ne savais pas quoi lui répondre. Lui dire où je vis, non ! Le retrouver plus tard, ok mais où et quand. Je n’ai pas réellement de notion du temps, seulement des lieux et encore parmi ceux que j’emprunte souvent. C'est-à-dire le centre ville de New York en réalité et les ruelles plus fines. Je me gratte la tête et me décide à lui répondre pas très convaincue par tout cela. Je m’efforce de sourire, je me sens bête.

- D’accord… mais comment ? Pour se retrouver… ?

Je prends mon sac sur mes genoux et m’y cramponne. Je ne sais pas comment me débarrasser de tout cela et je suis un peu lasse, j’en viens même à bailler et me cache discrètement. La journée m’a semblé tellement longue et éprouvante en émotions.

- Tu pourrais me déposer en ville ?

ez:
Je rêve ou cette petite ne m'écoutait pas ?! Pfff aucune politesse celle la ! Mériterait une fessée tiens. Mais oublions, pendant quelques secondes j'ecoutais ce qu'elle marmonait. Une berceuse... Cette melodie etait douce et j'aimais bien le son de sa voix qui semblait si angelique.

Moi, je n'avais pas eu cette chance d'avoir une berceuse etant petit. Tout ce que j'entendais c'etait les disputes de mes parents, les cris, les bagarres puis leurs "reconsciliation" repugnantes. Super pour passer une bonne nuit ! Cela me degoutait. Seccouant legerement la tete je repris mes esprits, je devais reflechir a une solution afin de se revoir. Je n'allais pas la mettre sous surveillance... Cela elle l'accepterait jamais.

Dans sa demande elle me donna une bouée de secour ! Trop fort la gamine. Elle m'envoi la perche en me demandant de la deposée en ville. Chose simple. Je la lacha deposa la ou elle voulait, ne voulant pas la brusquée avant de la faire sortir j'observais les alentours.

- Tu voit le bar la ? Il y aura un gars en veste cuir rouge que je demanderais de passer ses journees la bas. Si besoin va le voir. Ne me dis pa si tu le fera, pas la peine.

Lui faisant un clin d'oeil je detacha sa ceinture et sortit par mon coter afin de ne pas la faire sortir par la route et la laissa partir dans la foule.
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Re: Amber Willson _ ME REBORN

Message par Rosanna Tennant le Dim 27 Nov - 0:43

QUETE 13 / AMBY-EZY

'est Noël : Noël, la joie, l'amour, la neige, la paix dans les foyers et les cadeaux sous le sapin.
Noël, les centres commerciaux bondés, les familles pressées et stresses, les ruées vers les cadeaux, les queues interminables et les vendeurs débordés.
Dans cette atmosphère surchauffée et rendue un brin hystérique par la magie de Noël, on trouve trois marmots, deux jouets et dix parents agacés au kilomètre carré. Le paradis pour les pique-pockets, même en cette période de Purge et de couvre-feu. Amber se promène ainsi au milieu des familles bien pensantes, faisant ses propres emplettes de Noël, lorsque ….

«-Eh vous, là, arrêtez-vous ! »

Ooops, repérée : l'un des miliciens de la Purge, actuellement chargé d'assurer la sécurité du grand magasin a repéré la jeune femme au milieu des badauds et des rayonnages. Pour l'instant l'accusation n'est que de vol, mais cela pourrait empirer, tout particulièrement si, en reculant puis en prenant la fuite, la jeune femme se mettait à bousculer quelques pauvres humains. Et accessoirement, par tomber sur Ezekiel, puis tous les deux au milieu d'une pyramide de cadeaux mis en place pour l'occasion des fêtes de fin d'années.

Bilan : des piles de boites colorées jetées au sol, des humains outrés, deux mutants au sol sous une toile de papier cadeau et un sapin soudain en déséquilibre au-dessus d'eux. Joyeux Noël.

NOËL N'EST HEUREUX QUE POUR LES ENFANTS ET LES AMOUREUX...
« ooh, jingle bombs, jingle bombs
u.s. soldiers shot me dead. the only thing that i have left is this towel up on my head. »

a:
Pour beaucoup, Noël est sans doute l’occasion de se réunir en famille autour d’un repas convivial. Ma mère préparait toujours un chapon et une bûche. Elle était très bonne cuisinière mais la soirée se finissait toujours très mal, à cause de moi. Je gâchais toujours la fête … aujourd’hui, je donnerais cher pour être en sa compagnie rien qu’un soir, pour célébrer cette fête à ses côtés. Malheureusement, ressasser le passé est inutile car il ne peut plus être changé. Je ne suis pas sortie de mes profondeurs pour me laisser transporter parce que l’on nomme « magie de noël ». Non, comme à mon habitude, je profite des moments importants dans notre culture pour me faire un petit pactole sur le dos des honnêtes gens. Cependant, voir de la neige m’a toujours émerveillée. La blancheur des flocons qui se dépose sur l’asphalte, qui recouvre peu à peu le sol et qui se meurt ensuite en une mélasse noire soudain triste et ayant perdu sa beauté pure. Je marche doucement dans la rue en direction du centre commercial tandis que des enfants me dépassent en piaillant des chants terriblement aigus et agaçants. Le genre qui vous reste dans la tête pendant des heures, voire des journées entières. Maudit soit leur gaieté contagieuse, je me retiens de chantonner. J’arrive là où mes pas me menaient et entre dans le magasin. Il y a du monde et la foule devrait couvrir mes délits, je marche normalement et me faufile entre les différentes familles. Oh que je devrais avoir honte de faire les poches à ceux qui sont là dans le valeureux but d’offrir aux autres un cadeau digne de le faire plaisir. Moi pendant ce temps je leur subtilise cette possibilité de rendre leur prochain heureux, surtout leurs enfants pour la plupart. Je devrais me sentir méprisable mais si tel était le cas, je serais en train de geler dans mes égouts, dans le froid et morte de faim. Qu’ils se rassurent, c’est comme s’ils effectuaient un don pour une association caritative à profit d’une unique personne : moi. J’ai déjà récupérer un ou deux portefeuille, récupéré des biscuits et une peluche qui était posée sur la boîte comme abandonnée par quelqu’un, quand mon petit manège est repéré. Bon, ces derniers temps, je ne sais pas ce qu’il se passe mais je perds légèrement la main. Tournant rapidement le regard, je repère un homme qui m’observe. La sécurité, ma meilleure amie. Je fais marche arrière lentement puis tournant les talons, je déguerpis illico sans attendre les ennuis. Je ne risque peut-être pas grand-chose mais je ne préfère pas tenter les ennuis : si je suis accusée de vol, si j’ai affaire à la police et qu’ils consultent mes antécédents, cela remontra à l’incident du coma de mon ex et ça se serait très mauvais pour moi. Même minime, je préfère ne pas me faire attraper. Seulement voilà, il y a du monde un peu partout et je n’arrive pas à éviter les acheteurs. Ils me ralentissent et en plus, j’aurais de magnifiques bleus le lendemain. Je bouscule les gens sans me soucier de leurs grognements outrés et de la colère de certains. Je continue de me diriger à vive allure vers ce qui me semble être la sortie, du moins, je crois. Un instant, je regarde derrière moi pour voir où en est mon détracteur. Juste le temps qu’il me faut pour percuter de pleins fouets un de ces arrivants. Peu adroite, le choc me fait perdre l’équilibre et par réflexe, j’essaie de me rattraper au bras de la personne. Je glisse quand même, sur une piles de cadeaux de décorations et à déchirer une sorte de toile de déco, entraînant ma rencontre dans la chute ainsi qu’un magnifique papier cadeau rouge brillant et doré, avant de murmurer un petit aïe de douleur. Je viens de heurter le sol et je ne peux pas dire que j’ai suffisamment de graisse pour amortir le choc. Tout le monde regarde par ici et les gens fulminent. Je les entends dire que tout cela est scandaleux, gâcher ainsi l'ambiance de noël, se comporter ainsi, commettre de telles ignominies ! Dans quel monde vivons-nous ? Eh bien, bienvenue dans mon univers ! J'entends un grincement, je viens de constater que je suis avachie sous un sapin en équilibre au dessus de ma tête. Je n'ai pas trop envie de finir par bouffer des épines. Il faut que je me dégage mais le choc m'a un peu sonnée. Je regarde la personne que j'ai emportée dans ma chute, c'est un homme et ... en fait, je crois que je le connais et finalement au lieu d'avoir juste des ennuis, j'ai vraiment la poisse. Je repousse violemment le mutant qui se trouve dans les cadeaux en cartons, tout en cherchant du regard le gars de la sécurité. Je le vois se rapprocher mais la foule le freine un peu et les gens même s'ils sont scandalisés ne semblent pas se manifester autrement qu'oralement.

- Comment puis-je être maudite à ce point ?

e:
Aaaah Noel ! Quelle merveilleuse fête que je vois venir. Cela me donnait envie de sautiller et chantonner tous les chants du grand répertoire de cette magnifique fête, je pouvais même embrasser ces humains, quoi que non. Jamais je ferais ça. Enfin je pourrais ! Mais je tuerais les témoins et l'humain en question par la suite.

Ce fut dans ma petite sortit aux magasins que je cherchais de quoi faire mon propre bonheur pour Noel, de toute façon je n'avais pas vraiment de personnes assez proche a mes yeux pour leurs offrirent quoi que ce soit, donc autant ne pas se priver ! Vagabondant dans les rayons je ne faisais guère attention aux crient s'approchant de plus en plus de moi. J'observais mon téléphone, je venais de recevoir un mail.

C'est en rangeant mon apparail dans ma poche que je releva ma tete parmi les vivants. Tournant le regard vers les grognements de la foules je me demandais ce que c'etait ce merdier encore, mais pas le temps de reagir. Ecartant un jeune couple par un coup d'epaule je vis ma nouvelle camarade, Amber ! Ce fus avec satisfaction que je la retrouvait, mais ce fus de courte durée lorsqu'elle me heurta. Me faisant entrainer dans sa chute je me retrouvais sur elle un peu a quatre pattes. Cela me fis doucement rire et je ne pus m'empécher de retorquer d'un air amusé.

- Dis donc Amber... Tu sauterait pas des étapes là ?!

Je suivis par la suite son regard et vis le sapin branlant au dessus de nous. Sans plus attendre c'est dans un jurons désignant une femme vendant son corps aux pervers que je pris ma charmante compagnie dans les bras et roula tel une buche de noel sur le coté avec elle en laissant l'arbre s'écrasser au sol sans faire de victime, dommage pour les humains. Cette fois ci elle se retrouva sur moi, et bien sur j'avais "malencontreusement" poser mes mains sur ses petites fesses bien rondes.

- Voila qui est mieux non ?

Plus le temps de rire ! Observant par dessus l'epaule de la demoiselle je vis que la foule tout autour de nous se fit bousculer par une milice de cette foutue purge. Ressortant mon jurons désignants ces certaines femmes je poussais Amber sur le coté et me releva d'un bond. Forcant ma petite Amber a se relever en la prenant par le bras je partit dans la direction opposer de notre poursuivant, il ne devait pas me reconnaitre, j'avais certainement mon visage dans les dossiers de la Purge classer parmi les terroristes de la Confrérie.

Dans un mouvement de main j'ordonna aux humains de se pousser, ils le firent tous bien entendu, ils n'avaient pas vraiment le choix en vérité car c'est moi qui les obligeaient. Puis je nous firent sortir de ce magasin et pris la direction de la sortie de secour du centre commerciale. Nous nous retrouvions alors dans un long couloir pouvant nous mener hors du magasin. La porte de sécurité se claqua derriere nous et je me posa contre le mur en reprenant mon souffle.

- oh ! Au fait, Bonjour ! Mais la tu m'excusera je reprend mon souffle hein, à mon âge...!
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